Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 10:34

En hommage au poète Nathan Zach, décédé la semaine dernière, je publie ici le texte d'un de ses poèmes les plus connus, mis en musique et interprété par de nombreux chanteurs israéliens.

De_canta_sión: Nathan Zach / Instante

Nathan Zach (1930-2020)

Car l’homme est comme l’arbre des champs :
Comme l’homme, l’arbre pousse également
Comme l’arbre, l’homme est émondé
Et moi je ne sais pas
Où j’ai été et où je serai
Comme l’arbre des champs.

Car l’homme est comme l’arbre des champs :
Comme l’arbre, il aspire aux cîmes
Comme l’homme, il flambe dans l’incendie
Et moi je ne sais pas
Où j’ai été et où je serai
Comme l’arbre des champs.

Car l’homme est comme l’arbre des champs :
Comme l’arbre, il est altéré
Comme l’homme il reste assoiffé
Et moi je ne sais pas
Où j’ai été et où je serai
Comme l’arbre des champs.

J’ai aimé et j’ai détesté
J’ai goûté à tout, un peu,
On m’a enterré dans un lopin de terre
Et j’ai dans la bouche un goût amer
Comme l’arbre des champs,
Comme l’arbre des champs.

Poème de Nathan Zach traduit par Francine Kaufmann

הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה

כי האדם עץ השדה
כמו האדם גם העץ צומח
כמו העץ האדם נגדע
ואני לא יודע
איפה הייתי ואיפה אהיה
כמו עץ השדהכי האדם עץ השדה
כמו העץ הוא שואף למעלה
כמו האדם הוא נשרף באש
ואני לא יודע
איפה הייתי ואיפה אהיה
כמו עץ השדה

אהבתי וגם שנאתי
טעמתי מזה ומזה
קברו אותי בחלקה של עפר
ומר לי, מר לי בפה
כמו עץ השדה

כי האדם עץ השדה
כמו העץ הוא צמא למים
כמו האדם הוא נשאר צמא
ואני לא יודע
איפה הייתי ואיפה אהיה
כמו עץ השדה

אהבתי וגם שנאתי
טעמתי מזה ומזה
קברו אותי בחלקה של עפר
ומר לי, מר לי בפה
כמו עץ השדה.
כמו עץ השדה.

כי האדם עץ השדה.
כי האדם עץ השדה.
עץ השדה.

_____________________________________________________________

Longtemps épuisé, mon livre Jour de Sharav à Jérusalem est de nouveau disponible, en format Kindle et d'ici peu en format papier.

 

Le « sharav », c'est le vent du désert qui souffle parfois sur Jérusalem, ce qui donne son titre à l'une des nouvelles de cet agréable recueil. Né à Princeton aux États-Unis, l'auteur, qui a grandi en France, vit désormais à Jérusalem. Les textes, très courts mais finement ciselés, qu'il nous offre, se présentent comme autant d'hommages à la cité du roi David. (Jean-Pierre Allali, Crif.org)
 

Avec son livre si poétique, Pierre Itshak Lurçat nous offre toute une palette de couleurs d’émotions. Parfois, c’est la musique que l’on entend presque, tant sa présence revient comme une nostalgie lancinante de ses années de jeunesse, mais aussi comme la résonance de son intégration en Israël. (Julia Ser)
 

Lurçat n’est pas un portraitiste phraseur. C’est l’amour du peuple juif qui le porte et il est contagieux. La Ville Sainte qui le fascine abrite ses émotions et offre un écrin à ces histoires. « A Jérusalem, qu’on le veuille ou non, on est porté vers le haut » confie Lurçat. La photo en couverture du livre prend alors tout son sens. Ces destins qui traversent ces pages sont comme les cordes de cette harpe, tendus vers le ciel, qui vibrent en harmonie, traversés par un impératif d’élévation. (Katie Kriegel, Jerusalem Post)

 

Lisez ce livre, et relisez-le. Il mérite de prendre place à côté des meilleurs écrits de la littérature franco-isréalienne ou israélo-française… Le vibrato de ce livre tient aussi à cette structure particulière où chaque abacule vit sa vie pour mieux participer à la composition. Il est beau ce petit livre, entre Paris et Jérusalem, entre passé et présent, entre ici et là-bas. Comment ne pas y être sensible ? (Olivier Ypsilantis)

 

Partager cet article

Repost0

commentaires