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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 17:10
Sur les traces de Hannah Senesh, poétesse et parachutiste tombée au combat

Au mois de décembre 1942, Hannah Senesh, qui avait alors 21 ans, avait écrit un poème qui débutait ainsi : « Une voix a appelé. Et j’y suis allée. J’y suis allée parce que la voix m’appelait. » Quelques semaines plus tard, il lui a été demandé de prendre part à une opération clandestine visant à aider les Juifs européens pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ses paroles visionnaires s’étalent dorénavant en noir sur un monument du mémorial israélien consacré aux parachutistes tombés au combat. À la mi-mars 1944, Senesh a sauté en parachute dans ce qui était à l’époque la Yougoslavie, entrant dans la Hongrie alors occupée par les nazis deux mois plus tard avec l’espoir de pouvoir sauver d’autres Juifs d’une mort certaine. Arrêtée à la frontière, elle a été interrogée, refusant obstinément de divulguer des informations susceptibles de compromettre la sécurité des autres parachutistes. Le 7 novembre 1944, après des mois de torture, elle a été exécutée à Budapest par un peloton allemand.

Senesh a été enterrée au cimetière juif de Budapest mais, dans les années 1950, son corps a été exhumé et ramené en Israël par un navire de guerre qui avait jeté l’ancre à Haïfa pour une cérémonie de commémoration. Sa dépouille a ensuite été ramenée chez elle, au kibboutz Sdot Yam, près de Césarée, pour une autre cérémonie, puis à Tel Aviv, où a eu lieu encore un autre office à sa mémoire. Elle a ensuite été inhumée au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem.

La même année, les membres du kibboutz ont construit un centre culturel qui portait son nom – une structure qui servait alors de bibliothèque et à stocker les archives. Une salle spéciale a été dédiée à la jeune parachutiste, où étaient exposés ses effets personnels ainsi qu’un diaporama racontant sa vie et sa mort.

Parce que le bâtiment était proche de la mer, il a lentement commencé à chanceler, année après année. Pour préserver ce site, il a fallu des travaux de restauration majeurs qui ont duré cinq ans. Et le kibboutz a décidé, dans l’intervalle, de consacrer l’endroit tout entier à la vie et à l’époque de l’une des héroïnes de l’Israël pré-État les plus aimées.

Si le musée a été officiellement inauguré au mois de novembre dernier, la pandémie de coronavirus faisait alors rage et il a été impossible d’organiser une cérémonie à la hauteur de l’événement. Et ce n’est pas avant la fin du mois de juillet 2021, à la date précise de ce qui aurait été son centième anniversaire, que le musée Hannah Senesh a enfin ouvert ses portes au public. À la Maison Anna Szenes (c’est l’orthographe de son nom en hongrois), ou au Beit Hannah Senesh en hébreu, les visiteurs ont enfin l’occasion de se familiariser réellement avec l’histoire d’une jeune femme franchement remarquable).

Une exposition à la Maison Anna Szenes au kibboutz Sdot Yam, au mois d’août 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Dans les salles, on retrouve des photographies, des poèmes, un journal intime, les clichés qu’elle avait capturés avec son propre appareil projetés sur la toile d’un parachute, au milieu de la salle, et un film qui réserve une surprise qui nous aide tous à comprendre pourquoi cette jeune fille particulière, née dans une famille favorisée de la bourgeoisie hongroise, a décidé de partir pour l’Israël pré-État, avec toutes les difficultés qui devaient suivre. Et grâce au portrait qui est dressé ici, nous commençons à comprendre la raison pour laquelle cette jeune dame extraordinaire allait décider de se porter volontaire pour une mission incroyablement dangereuse.

En suivant la progression chronologique de l’exposition, nous apprenons que Senesh était une auteure de talent qui a écrit des dizaines de poèmes et une pièce de théâtre sur la vie dans un kibboutz. Nous découvrons également que la mère de Senesh était elle-même une pianiste accomplie et que Hannah, elle aussi, aimait jouer de cet instrument. Elle était une photographe enthousiaste et une joueuse de tennis hors-pair.

Sa vie a été agréable. Mais à l’adolescence, néanmoins, elle a pu constater combien l’antisémitisme était croissant dans son pays natal. Devenue une ardente sioniste, elle a appris l’hébreu pour se préparer à l’immigration dans ce territoire qui était alors la Palestine sous mandat britannique. Ses premiers mots écrits en hébreu ont été : « Je veux lire la bible en hébreu. Je sais que cela sera très difficile, mais c’est une langue belle qui habite l’esprit de notre peuple. »

Elle a continué avec une citation que son frère Giora avait écrite dans une lettre, estimant que le sentiment qui s’y exprimait était alors opportun : ces mots avaient été, disait-on, les derniers qui avaient été prononcés par Joseph Trumpeldor, un soldat juif russe qui a perdu un bras en combattant dans l’armée russe et qui a été tué alors qu’il défendait la minuscule implantation de Tel Hai, en Galilée, dans les années 1920. Alors qu’il succombait à ses blessures sur son lit de mort, il aurait ainsi dit : « C’est bon de mourir pour notre pays. »

Un mémorial aux abords de la Maison Anna Szenes au kibboutz Sdot Yam, en août 2021. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Excellente élève, Senesh a quitté le lycée avec les honneurs en 1939. Et peu après, elle a immigré en Terre sainte où elle a fait des études d’agriculture pendant deux ans. Dotée de ses nouvelles connaissances, elle a rejoint les pionniers du kibboutz Sdot Yam, qui s’étaient installés, l’année précédente, sur le sable de Césarée, au sud de ce qui allait devenir le merveilleux parc national de Césarée d’aujourd’hui.

Au kibboutz, elle a écrit un poème inhabituel pour une jeune femme de son âge. Elle l’avait intitulé : « Mourir. »

« Mourir jeune », disait le poème. « Non, je ne le voulais pas. J’ai aimé la chaleur du soleil, la lumière, le chant, l’étincelle dans un regard. »

L’information d’un génocide en cours en Europe était arrivée en Palestine. L’Agence juive avait mis en place des plans visant à sauver le plus grand nombre de Juifs que possible et, en 1943, Senesh a rejoint un groupe d’hommes et de femmes qui s’étaient portés volontaires pour sauter au-dessus de l’Europe en parachute, avec pour objectif d’aider à organiser la résistance juive.

Les Britanniques avaient été appelés à l’aide. Réticents à l’idée de prendre la totalité des 205 personnes qui, en Palestine, s’étaient portées volontaires, ils avaient envoyé 110 hommes et femmes au Caire en formation. Ces volontaires seraient considérés comme des agents britanniques – et des émissaires juifs.

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