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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 12:57

glenn-beck-israel-2011-8-22

Une vision caricaturale du sionisme chrétien s'est largement imposée en France et ailleurs, au point qu'on peut lire des analyses présentant les "fondamentalistes chrétiens" comme le principal danger qui menace aujourd'hui le Moyen-Orient et la planète tout entière... Cette description fantasmatique est bien entendu très éloignée de la réalité. 

Le meilleur allié d’Israël (et peut-être le seul) ce sont les Juifs américains… Cette affirmation souvent entendue, qui s’accompagne parfois d’évaluations fantasmatiques sur le pouvoir du “lobby juif” aux Etats-Unis, est doublement fausse. Tout d’abord, parce que les Juifs américains – qui votent traditionnellement pour le parti démocrate dans leur grande majorité – se sentent de moins en moins concernés par l’avenir d’Israël, comme le montrent plusieurs études récentes. Ensuite et surtout, parce que les véritables alliés d’Israël aux Etats-Unis ne sont pas les Juifs, mais bien les chrétiens, ou plutôt certains chrétiens, ceux que l’on qualifie de “sionistes chrétiens”, qui constituent un pouvoir considérable aux Etats-Unis et qui défendent efficacement l’alliance entre l’Amérique et Israël, mise à mal depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama.

Curieusement, ce phénomène essentiel de la politique américaine et internationale n’avait fait l’objet d’aucune étude sérieuse en français, jusqu’à la parution du livre de Célia Belin, au titre quelque peu énigmatique de “Jésus est juif en Amérique”. L’auteur est chercheur en relations internationales, spécialiste des Etats-Unis. Le sionisme chrétien est plus ancien que le sionisme politique juif, qu’il a en effet devancé et accompagné à tous les moments cruciaux de son histoire. Herzl, on le sait, se heurta à l’incompréhension et à l’hostilité d’une grande partie des notables et dirigeants juifs de son époque. Un de ses partisans les plus enthousiastes – dont le nom a été injustement oublié – fut le révérend William Hechler, sioniste chrétien convaincu qui collectionnait les maquettes du Temple de Jérusalem et était aussi le précepteur des enfants du Grand Duc de Baden, ce qui lui permit d’introduire Herzl auprès de l’empereur Guillaume II. Vingt ans plus tard, un autre chrétien sioniste, Lord Balfour, accomplit un pas décisif en direction de la création de l’Etat juif, en reconnaissant la légitimité du “foyer national juif” en Eretz-Israël, au nom du gouvernement de Sa Majesté.

Mais c’est bien plus tard, après 1967 et surtout dans les années 1980, que le sionisme chrétien se transforma d’une doctrine théologique relativement ésotérique en un mouvement politique structuré, très actif au Congrès, et devint un acteur incontournable de la vie politique américaine, comme le montre bien le livre de Célia Belin. Contrairement au fameux “lobby juif américain”, dont elle souligne justement le caractère fantasmatique, le lobby chrétien sioniste existe réellement et remplit son rôle avec une grande efficacité. Que ce soit pour contrer les pressions exercées par l’administration américaine sur les gouvernements israéliens, pour tenter d’empêcher la création d’un Etat terroriste ‘palestinien’ ou pour soutenir le renforcement de la présence juive en Judée-Samarie, les sionistes chrétiens affichent et défendent leurs choix politiques avec ardeur et conviction.

 

JESUS EST JUIF EN AMERIQUE

Des Américains plus sionistes que les Juifs…

Dans ces circonstances, il est étonnant de voir la froideur que manifestent de nombreux Juifs à l’égard de ces alliés de poids. Celle-ci tient à deux raisons essentielles. La première est théologique : aux yeux de nombreux Juifs, les sionistes chrétiens les plus amicaux demeurent suspects d’intentions missionnaires, et leur sympathie pour Israël n’est qu’un masque dissimulant leur volonté de convertir les Juifs… La seconde est politique : sur la scène intérieure américaine, les sionistes chrétiens sont en majorité conservateurs et républicains, tandis que les Juifs sont plutôt démocrates et “libéraux”.

Le livre de Célia Belin n’est pas exempt de défauts. Fondé sur une thèse de doctorat, il ne parvient pas toujours à échapper au carcan du style universitaire. D’autre part l’auteur, lorsqu’elle évoque l’attachement des sionistes chrétiens au “Grand Israël”, tombe parfois dans la caricature, au lieu de tenter de comprendre leurs motivations. Il est dommage qu’elle consacre de longs développements parfois fastidieux à la politique intérieure américaine, au lieu de dresser des portraits plus vivants des militants chrétiens, pour lesquels elle manque d’empathie. Mais ces défauts ne diminuent pas l’intérêt de son travail, qui constitue un ouvrage pionnier sur un sujet essentiel.

Pierre Lurçat

Célia Belin, Jésus est juif en Amérique, Droite évangélique et lobbies chrétiens pro-Israël, Fayard 2011, 358 pages.

 

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commentaires

666 18/11/2012 07:16

Ils ont trop forts ces americains, lisez!: "Je vais vous expliquer ce qui se passe de nos jours, ou comment j’utilise la foi évangélique à des fins d'impérialisme, de domination des esprits, de
pouvoir absolu !Tout d’abord : Le savez-vous ? Il y a des missionnaires (Américains le plus souvent) partout ! Imaginez-vous que dans chaque résidence à Marseille, il y en a deux en moyenne. Ils
quadrillent chaque pays, chaque zone, chaque résidence. Consciencieusement. Il en part un, il en arrive deux. On en trouve même dans les pays Musulmans ! Et surtout, comme pas hasard, là où on peut
faire jouer des projets sécessionnistes et anti-arabes, comme avec les Kabyles et les Berbères au Maghreb, ou avec les minorités kurdes d'Irak. Diviser pour régner, encore et toujours ! (je ne m’en
lasse pas). Mes missionnaires sont très organisés, bien équipés, et fort bien dotés financièrement. Avec les Américains, d'ailleurs, tout s'achète, même l'ordre, même les consciences. A coups de
dollars, de promesse d'emploi ou de visa, on détourne de la religion traditionnelle, de la famille et même de la communauté. Et si on ne peut pas agir ouvertement, on opère discrètement, et même
secrètement, en se présentant comme médecin, militant d'association humanitaire, etc. Tout est bon pour arriver à ses fins. Le salut, c'est bien, mais c'est encore mieux si l'on se soumet, ou,
surtout, si l'on se sépare de sa communauté, ce qui permet de l'affaiblir, voire de la déstabiliser. Il ne faut pas croire que le prosélytisme soit toujours sincère ! Il est d'abord animé par des
considérations pratiques, intéressées, car il s'agit d'abord d'attiser le choc des civilisations. Chez mes soldats zélés, on est chrétien jusqu'à un certain point !Et ce n'est pas fini ! L'action
des missionnaires, financée par les Etats-Unis, est relayée par de nombreuses radios et télévisions, bénéficiant notamment du soutien du Congrès, de la CIA, du Pentagone - du beau monde ! C'est une
véritable multinationale religieuse qui, en tant que telle, développe des stratégies de marketing, de conquête ! Et pour mieux appâter les moins cultivés, les plus pauvres, les Eglises se doublent
d'activités économiques et sociales. Les missions, c'est un moyen d'asservir les consciences, de se les soumettre ! Les églises évangéliques, c'est une des multiples formes que revêt l'impérialisme
américain, un instrument, sournois, discret, mais très efficace, de sa domination, de ma domination, et je ne vous parle pas des ONG, faussement charitables, qu'on trouve un peu
partout.Actuellement, mon "dada" et celui des églises évangéliques nord-américaines, c'est le soutien au peuple d'Israël. Vous allez comprendre pourquoi plus loin dans ce livre.Là aussi, l'intérêt
prime d'abord ! Pour la sincérité, on repassera... Mes soldats Américains ne s'engagent que pour le dollar ou pour Dieu ! Un Dieu bien personnel, et surtout éloigné... du vrai !Connexion de
l’évangélisation avec mes autres alliés .Je vais vous présenter pour illustrer ce genre de connexion, Le CUFI. Aux USA où les citoyens ont déserté les partis politiques pour rejoindre des Églises
évangéliques, la formation de l'opinion publique commence par l'encadrement des fidèles. Alors qu'ils préparaient l'offensive contre le Liban, le Pentagone et Tsahal mettaient en place une
fédération des chrétiens sionistes, le CUFI (Christians United For Israel ou Chrétiens Unis pour Israël), avec pour mission de transformer 50 millions d'évangéliques en militants de la guerre.Pour
s'assurer du soutien de l'opinion publique états-unienne dans la guerre contre le Liban - puis la Syrie et l'Iran -, le Pentagone et Tsahal ont mis en place une structure d'encadrement, dès la fin
2005, pour mobiliser 50 millions d'évangéliques. L'axe central de cette opération a consisté à fédérer leurs leaders au sein d'une structure idéologique unique : le CUFI. La fonction de ce nouveau
groupe n'est pas de se substituer à l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) en termes de lobbying dans la classe dirigeante, mais de propager la théologie sioniste dans les Églises
évangélique et au-delà de sorte que le soutien aux offensives israéliennes soit perçu par une majorité d'États-uniens comme un devoir religieux. En janvier 2006 paraît un ouvrage à sensations :
Jerusalem Countdown : A Warning to the World... the Last Opportunity for Peace (Le compte à rebours de Jérusalem : une alerte pour le monde… la dernière occasion pour la paix). Il devient
immédiatement et pour trois mois, le principal best-seller vendu en supermarché aux Etats-Unis (pour plus de détails, lire le paragraphe concernant les médias qui sont à mes ordres). Résumons son
propos en essayant de rester sérieux : l'Iran est dirigé par des fanatiques qui veulent rayer Israël de la carte en lançant une bombe atomique sur Jérusalem. Après l'invasion d'Israël par les
musulmans et les Russes, une seconde guerre pour le contrôle d'Israël opposera les États-Unis d'un côté à la Chine et l'Union européenne de l'autre. C'est là que surgira l'Antechrist sous la forme
du président de l'Union européenne. Enfin une terrible guerre atomique concluera ce cycle. La bataille décisive se tiendra à Meggido (Armaggedon). Alors le Christ radieux pourra revenir sur terre
récompenser ceux qui ont cru en lui. Heureusement Tsahal et le Pentagone peuvent faire pencher la balance du « bon côté » en intervenant préventivement, y compris en utilisant de nouvelles bombes
nucléaires tactiques. Il faut donc livrer la guerre sans attendre !L'auteur de ce best-seller militaro-religieux est le pasteur texan John Hagee, la nouvelle star du christianisme sioniste, un de
mes élèves surdoués." http://biographiedesatan.over-blog.com/article-23569473.html

anne-marie lambert 30/08/2011 19:23


il y a aussi des chrétiens "sionistes" en europe! rien "d'ésotérique" dans le fait de croire que Dieu accomplit ce qu'il a promis.

am lambert


aval31 30/08/2011 16:25


Le sionisme est surtout une idée évangélique moderne tandis que le judaïsme est surtout devenu une idée chrétienne ou musulmane au fil du temps à tendance résolument antisémite (visant à la
destruction complète du peuple juif au profit de dogmes inspirés par la galout, depuis Babylone!).

Vive les hébreux et mort aux antisémites où qu'ils soient.