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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 14:55
 

juin 07- Zeruya Shalev 3.JPG"Le premier blog littéraire franco-israélien" : c'est ainsi que j'avais intitulé mon blog littéraire "Lettres d'Israël", créé en janvier 2008. J'y rendais compte de l'actualité littéraire et y publiais mes recensions et interviews. En deux ans et demi d'existence, je peux me flatter d'avoir publié de nombreux portraits d'écrivains (Haim Gouri, Etgar Keret, Yehoshua Kenaz…) et interviewé en exclusivité plusieurs auteurs, comme par exemple Zeruya Shalev. [photo ci-contre] J'ai aussi été un des premiers à rendre compte du beau livre de Tatiana de Rosnay, Elle s'appelait Sarah (devenu depuis lors un best-seller international !) ou de celui de Gerald Tenenbaum, L'Ordre des jours (tous deux parus aux editions Héloïse d'Ormesson). Mon blog était un des plus fréquentés parmi ceux hébergés par le site Courrier international… jusqu'au mois de juin 2010.

 

Le 26 juin dernier, j'ai reçu un message anonyme (une lettre anonyme !) m'annonçant que le "service d'hébergement de blogs" était interrompu… Naïvement, j'ai pensé que cette mesure concernait l'ensemble des blogs et j'ai cherché un autre hébergeur (sans pouvoir transférer la totalité de mes posts, ce qui aurait représenté un travail de Sisyphe…). Mais, rentrant de vacances quelques semaines plus tard, j'ai constaté que cette mesure de "fermeture" visait uniquement mon blog ! Courrier International (que j'avais choisi pour héberger mon blog car son nom était pour moi synonyme d'ouverture d'esprit et de tolérance… cruelle erreur !) continue d'héberger des blogs algériens, tunisiens, africains ou polonais…. Mais le blog Lettres d'Israël est fermé, en application de la politique inique et raciste du boycott d'Israël !

 

Les responsables du site n'ont même pas eu la décence de me signifier les motifs de leur décision discriminatoire et scandaleuse (ce qu'ils auraient bien entendu été en mal de faire, sans avouer leur turpitude…). Mais il ne fait aucun doute à mes yeux qu'il s'agit d'un nouvel épisode du boycott culturel d'Israël. Un ami me faisait remarquer qu'il n'était pas étonnant que cette mesure de boycott émane de Courrier International, qui publie uniquement les articles de la presse israélienne d'extrême-gauche (Ha'aretz) et en particulier les articles de Gideon Levy (que P.A. Taguieff qualifie de "l'un des plus exaltés des accusateurs professionnels d'Israël"). Un peu comme si un journal israélien prétendait rendre compte de l'actualité française en se fondant uniquement sur les éditoriaux de Minute ou de L'Humanité

 

A CINQ HEURES.jpgJ'ai souvent dénoncé dans les colonnes de mon blog la stupidité et l'inanité du "boycott culturel", notamment à l'occasion de la récente déprogrammation du beau film "À cinq heures de Paris" par le réseau indépendant Utopia. Je qualifiais à l'époque le boycott culturel de "Nouveau Statut des Juifs", sans me douter que j'en serais bientôt la nouvelle victime… Mais je continuerai d'écrire sur la littérature, israélienne notamment, dans les colonnes de mon nouveau blog, et partout où il restera possible d'écrire librement. Ceux qui empêchent des Israéliens de s'exprimer, dans des colloques universitaires (comme dans l'affaire de ma collègue Esther Orner), ou sur des blogs doivent savoir qu'ils trouveront face à eux tous les amis de la liberté, liberté d'écrire et de penser, liberté des écrivains et de la plume. Je continuerai quant à moi d'écrire et de me battre avec ma plume contre les ennemis de la liberté !

 

Pierre Itshak Lurçat, Jérusalem

NB Retrouvez mon nouveau blog LETTRES D'ISRAEL sur Overblog!

 

ZERUYA SHALEV, PHOTO P.I.LURCAT

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commentaires

Dror 27/08/2010 08:15


Courrier International situe le problème posé dans un commentaire. Il est dommage que portiez des accusations sans en avoir réellement vérifié le fond . L'hypersensibilité est un risque qu'il vaut
mieux ne pas courrir. A la lecture de votre lettre de protestation, je suis un peu surpris que vous participiez à un dérapage inutile: Haaretz est tout sauf un quotidien d'extrème gauche. Ni son
histoire, ni l'équilibre recherché entre les sensibilités de ses chroniqueurs et journalistes ne le situent à un extrême quelconque. Vous citez un chroniqueur radical sans en citer d'autres,
champions de la cause des colons par exemple. Mais là n'est pas le problème: l'antisémitisme réel ou supposé est assez présent pour ne pas avoir à le dénicher dans un mouvement d'humeur. Votre blog
est intéressant, subjectif (ce qui, selon moi, est une qualité remarquable), informatif. Bonne continuation.


lettresdisrael.over-blog.com 27/08/2010 11:03



Merci Dror pour votre reaction. Concernant Ha'aretz, le qualificatif d'extreme-gauche peut vous sembler reducteur, mais il vise surtout l'antisionisme et le pro-palestinisme forcene du journal
(et pas seulement de Gideon levy ou Amira Hass... qui porte bien son nom!)


J'ai retrace l'histoire de ce journal dans un article paru il y a quelques mois.


http://www.france-israel.org/modules/print_articles.php?art_id=893


Kol touv .PIL



Gilles-Michel DEHARBE 26/08/2010 23:32


Cher Pierre,

La visibilité médiatique constitue l'une des principales ressources dans la politique telle qu'elle se pratique aujourd'hui. À ce titre, les médias dans leur ensemble ont un rôle particulièrement
important à jouer dans le processus démocratique.

Quand on évoque aujourd'hui la notion d'opinion publique, on pense aux sondages. Pour de multiples raisons pourtant, elle ne saurait se réduire à " ce que mesurent les sondages ", pour reprendre la
définition provocante attribuée à George Gallup (1901-1984), pionnier de la technique sondagière. On peut distinguer quatre étapes historiques des visions de l'opinion publique.L'expression
apparaît au milieu du 18°siècle. La paternité en est attribuée à Jean-Jacques Rousseau : elle désigne alors les idées et sentiments partagés par un peuple ou une communauté. Elle a une connotation
péjorative de conservatisme et de contrôle social : elle se rattache à la rumeur et à la morale.

A la fin du 18°siècle, l'opinion publique devient une sorte de tribunal présidé par la Raison triomphante. Elle émane d'une catégorie sociale, les intellectuels et la bourgeoisie éclairée. Jacques
Necker sera le premier homme politique à intégrer, à la veille de la Révolution française, cette dimension dans l'action politique. A la racine de cette émergence, la constitution d'un espace de
discussion : les bourgeois se rencontrent dans les cafés et les salons, ils lisent les premiers organes de presse. Bref, une sphère publique se constitue, effet des besoins d'émancipation
individuelle, d'échange et de délibération.
L'idée d'opinion publique est donc consubstantielle à la consécration de la Démocratie et de la Raison.

La troisième strate procède d'un autre aspect du même processus historique : l'irruption des nations et des peuples. Conviés à participer à leur destin, ces derniers vont s'exprimer sous des formes
actives et moins pacifiques : manifestations de rue, émeutes, pétitions, courrier des lecteurs ... Des partis politiques, des syndicats sont créés. Nous sommes au 19°siècle, et nous voici au
troisième âge de l'opinion publique : celui de l'expression populaire et du mouvement social.

Inquiets des impulsions des masses, soucieux de les prévoir et de les canaliser, les gouvernants vont essayer de mieux connaître leur opinion. Ainsi, pendant la Guerre de 1914-1918, les autorités
enquêtent sur le moral des troupes (par exemple, en lisant les lettres des soldats) et cherchent le soutien de la population par la propagande. La connaissance de l'opinion publique, la recherche
de son soutien et la faculté de parler en son nom, deviennent un enjeu permanent de la vie politique. Les sondages vont donner un visage et une présence à l'opinion publique.

Le 20°siècle est en effet celui de l'opinion sondagière. La technique des sondages, mise au point et utilisée par des statisticiens et des psychosociologues américains dans les années 30 (G.
Gallup, Paul Lazarsfeld notamment), va se développer de façon spectaculaire. Cet essor naît de la convergence de facteurs divers : médiatisation, projet scientifique et demande industrielle d'une
mesure des attitudes, sollicitations des politiques ... Les sondages font irruption à
l'occasion d'un coup d'éclat : la prévision, par l'American Institute of Public Opinion de G. Gallup, de la victoire de Roosevelt aux élections américaines de 1936, contre tous les pronostics. Un
scénario analogue marquera les débuts de la sondomanie en France, avec la mise en ballottage du général de Gaulle lors de l'élection présidentielle de 1965, annoncée par l'Ifop, premier institut de
sondage français, créé en 1938 par le sociologue Jean Stoetzel (1910-1987).

Ce détour historique montre la diversité des manifestations de l'opinion publique : elle apparaît comme un phénomène de nature collective et dynamique. Elle est une " représentation socialement
construite (par la presse, les sondages, les notables) de ce qu'est censé penser l'ensemble de la population ".

La " fabrique " de l’opinion par les propagandes médiatiques est une bien vieille histoire. Nombreux sont ceux qui peuvent avancer des arguments, voire des chiffres, pour montrer comment on façonne
certaines opinions des Français, notamment par la mal-information ou la désinformation. On s’est par contre peu arrêté sur les processus d’influence inconsciente que mettent en œuvre les médias
pour fabriquer un noyau d’opinions de base, le plus souvent non-argumentées. Seul le pluralisme des opinions dans les médias peut éviter les biais générés par ces processus.
L’idée selon laquelle l’opinion des citoyens peut se fabriquer n’est pas nouvelle. Dès le début du 20° siècle, le Président Wilson, Président des Etats-Unis, faisait appel à un panel de
publicistes, le comité Creel, pour fabriquer une opinion dans la population étasunienne : l’opinion en faveur de l’entrée des États-Unis dans la seconde guerre mondiale (les étasuniens étant
défavorables à l’intervention américaine). George Creel racontera l’action de ce comité dans un livre célèbre publié dès 1920 (How we advertised america : Comment nous avons changé l’opinion de
l’Amérique avec de la publicité). Et c’est un membre de ce comité Creel, le politologue Walter Lippman, qui fournira l’une des idées essentielles d’une théorie de la propagande moderne qui va se
dégager des anciens modèles de la prédication et de l’endoctrinement. Pour Lippman, le citoyen américain ne se forge plus ses opinions dans son environnement interpersonnel, dans les groupes de
proximité (comme la famille, le quartier, les relations de travail). Il s’est isolé dans un cocon urbain qui le conduit à emprunter des opinions, des savoirs, des informations ... à ces sources
distantes et non-interactives que sont les médias. Et ceux-ci remplissent parfaitement cette fonction en fournissant au citoyen ce que Lippman appelle, toujours dans son livre de 1922, un "
pseudo-environnement ". C’est par la production de ce pseudo-environnement cognitif que les médias vont désormais peser sur l’opinion publique et qu’ils pèseront en conduisant les citoyens à
accepter les grandes directions et les politiques qu’on leur propose. C’est le même Lippman qui définira d’ailleurs plus tard la propagande par une expression qui restera puisque Chomsky et Herman
en feront le titre de leur grand livre sur la propagande de 1988 : " Manufacturing consent " : fabriquer du consentement. L’édition française préfèrera la fabrique de l’opinion publique, expression
quasiment identique à celle de Halimi et Vidal : L’opinion, ça se travaille (2002).

Parmi les façons démocratiques de travailler l’opinion, il y a la persuasion par l’argumentation et la contre-argumentation ! Tous les théoriciens de la démocratie font du débat public, le moteur
par excellence des changements d’opinion conduisant au renouvellement des politiques. Le débat était déjà tenu pour la méthode démocratique par excellence par les Grecs qui formaient les citoyens à
l’argumentation par l’étude de cet art du discours qu’est la rhétorique.

Pourtant l’argumentation peut s’inscrire dans un travail de persuasion réellement antidémocratique sur l’opinion lorsque certains courants (quelquefois même un seul courant) en ont le monopole dans
les médias. Cette pratique, antidémocratique, s'exerce actuellement partout dans le monde, où la coupure politique recouvre une coupure sociologique, un terrain particulièrement propice,
l’argumentation étant tenue pour la rationalité de l' Internationale d’en Haut qui doit bien faire, et devra compter plus que jamais, avec les humeurs des Juifs d'en Bas.

CENSURE PARTIELLE ET PARTIALE !

Amitié.


Courrier international 26/08/2010 17:38


Le 21 juin 2010, Courrier international a envoyé une notification sur tous les blogs de la plateforme. ce message disait: "En raison de nombreux manquements aux conditions générales d’utilisation,
Courrier international a choisi de restreindre l’accès à la plateforme de blogs mise à disposition des internautes. Ce service sera interrompu à compter du 01/07/2010, nous vous invitons donc à
sauvegarder d’ici là tous les contenus que vous mis en ligne sur votre ou vos blogs. Courrier continuera dans l’avenir à héberger des blogs mais leur création passera par une autorisation préalable
de notre part."
Certains auteurs de blogs ont fait cette démarche, d'autres non. Il ne s'agit absolument pas de censure, juste d'un manque de réactivité de votre part. Bien à vous.


Eric 25/08/2010 22:21


Courage et contninuez votre blog, comme disait Nietzsche "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort".
Je suis Israelien aussi et patriote et habite pres de Jerusalem, la France est redevenue collabo sauf qu elle collabore avec les nouveaux nazis.