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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:22

 

origines-juives-fetes-chretiennes.jpgL’ouvrage révèle la multitude de traces juives subsistant dans les fêtes et rites chrétiens et la volonté des pères de l’Eglise de rattacher tant que possible leurs rites à la Bible, pour montrer qu’ils en accomplissent les prophéties.

Les recherches de l’auteur ont montré une carence de travaux de fond qui dépasseraient les simples parallèles entre religions, pour aborder les détails et l’intimité de leurs liens, les chronologies ou leurs substrats scripturaires, dont l’analyse ne peut être ignorée. Le lecteur percevra sans trop de surprise les liens entre sacrements et judaïsme, l’Eucharistie, basée sur les bénédictions juives sur le pain et le vin, prononcées par Jésus lors de son dernier repas.

Il sera plus étonné des liens juifs que présentent Noël, le Carême, Pâques, Pentecôte, les fêtes de Marie, d’autres sacrements comme le baptême, les Ordres, les messes chrétiennes…

Les lecteurs chrétiens y découvriront ainsi l’archéologie juive de leurs rites (issus du Second Testament écrit dans un contexte juif) qui sous-tend la parole papale prononcée dans les pires moments « Nous sommes tous des sémites ». Les lecteurs juifs découvriront l’important recours de la culture chrétienne au contexte du Midrach et de la Loi orale et entreront en contact avec des témoignages uniques relatifs aux mœurs juives à l’époque du Temple.

L’auteur, qui a travaillé au contact des meilleurs spécialistes en France, Israël ou USA, souhaite que chrétiens ou laïcs retrouvent un supplément de sens à leurs rites, que les lecteurs juifs mesurent la portée de leurs Traditions dont ils ne soupçonnaient pas toujours les emprunts chrétiens et que son livre incite les uns et les autres à retrouver le goût à l’étude de leur propre tradition, indispensable à un vrai dialogue.

Ce livre veut éviter toute tentation de syncrétisme ou de trouver des liens systématiques entre les traditions, au prix de contresens, souscrivant à l’analyse du Cardinal Vingt-Trois : « ce n’est pas aux marges de la foi et de la pratique que nous pouvons nous rencontrer, mais avec précaution et patience, à partir du cœur de notre foi et de notre pratique respectives ».

L’auteur, Félix Perez, est un dirigeant communautaire juif bien connu des milieux religieux, culturels ou étudiants. Il anime notamment l’Ajeclap (intégration des étudiants Juifs de France) et l’important site juif francophone Yerouchalmi.com

Ses ouvrages « Talmudiques, Thora et Sciences » (Biblieurope), « L’histoire des Juifs à Polytechnique 1794-1927 » (Ajeclap) ont été des best-sellers comme ses ouvrages de gestion chez Dunod ou aux Editions de l’Organisation. Proche des trois Grands Rabbins de France depuis trois décennies, il a complété son intime connaissance de l’univers religieux juif par une recherche de 15 années dans les textes chrétiens, au contact de leurs plus grands spécialistes.

Origines juives des fêtes chrétiennes par Félix Perez, Editions Convergences, 2010, 14 €

 

http://www.france-israel.org/articles.ahd?idart=4844

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 11:26

 

couv9677g_200.jpgEn juin 1941, Lena Jedwab, seize ans, quitte Bialystok pour un camp d’été en Russie, au moment même où l’Allemagne envahit l’Union soviétique. Retenue par la guerre dans un orphelinat au fin fond de l’Oural, elle est tourmentée par le destin de sa famille et par son avenir incertain.

Consciente de sa chance d’être en vie, logée et nourrie dans une école, mais toujours révoltée par la guerre, Lena, dans la confusion de l’adolescence, tient un journal intime. Celui-ci témoigne de sa solitude, de sa douleur, de sa peur, mais surtout de son désir d’amour et de reconnaissance dans le monde qui est le sien. Elle y dépeint les conditions de vie des enfants de l’orphelinat ainsi que celles des paysans parmi lesquels elle vit et suit les progrès de la guerre, du point de voie du front russe.

Écrit en yiddish, non seulement parce que c’est sa langue maternelle, mais aussi afin de réaffirmer son identité juive, son journal porte la marque d’un talent littéraire rare, plein de subtilité et de sensibilité, et nous offre un touchant témoignage d’un des moments les plus sombres de l’histoire.

 

Traduction du yiddish par Evelyne Grumberg — Préface de Yitskhok Niborski — Postface de Rachel Ertel

Paru en : Décembre 2012

 

 

Collaborations :  Rachel Ertel -  Evelyne Grumberg -  Yitskhok Niborski

 

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichetm.asp?n_liv_cerf=9677

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 17:41

C'est un véritable bijou que nous offre Jean-Pierre Allali avec ce beau livre qu'on peut qualifier de livre d'art : grand format, maquette originale, couleurs fidèlement reproduites des illustrations. Textes et images à l'appui, l'histoire millénaire des Juifs de Tunisie nous est contée. 

« Jean-Pierre Allali dédie l'ouvrage à ses petits-enfants, ses petits-neveux et ses petites-nièces afin, dit-il, « qu'ils n'oublient pas la part « tune » qui est en eux » »

 

 

Forte de 120 000 âmes à l'aube de l'Indépendance, la communauté juive de Tunisie ne compte plus aujourd'hui que quelques centaines de membres répartis pour l'essentiel entre Djerba et Tunis. Le vent inexorable de l'Histoire, a conduit vers l'exil, en France ou en Israël, la quasi-totalité de cette kéhila. C'est tout un monde, pourtant fortement ancré depuis des millénaires dans cette terre d'Afrique, qui disparaît, inéluctablement.

 

Seule, bientôt, ne restera que la mémoire. Et plus particulièrement la mémoire en images. Collectionneur averti et attentif, Jean-Pierre Allali réunit depuis de longues années les éléments épars d'un puzzle du souvenir, à la recherche des racines perdues : livres, disques, objets du culte, vêtements...Et, surtout, ces documents iconographiques irremplaçables qui témoignent à jamais des lieux, des visages, des costumes et de l'action au quotidien des hommes et des femmes qui, à travers les siècles, ont fait le judaïsme tunisien.

 

Plus de deux cents images de mémoire harmonieusement légendées, sélectionnées parmi les nombreuses pièces de la collection de l'auteur, sont proposées dans cet ouvrage où l'on trouvera également une orientation historique et chronologique.

 

De la plus haute antiquité à la « Révolution du jasmin », le judaïsme tunisien revit sous nos yeux. L'ouvrage propose également une étude sur les costumes des Juifs de Tunisie, une autre sur les jeux de l'enfance, des noyaux d'abricots aux tire-boulettes et plusieurs portraits étonnants de personnalités hors du commun, de la chanteuse Habiba Msika au peintre Albert Braïtou Sala en passant par la Kahéna, le caïd Nessim Samama, le rabbin miraculeux Haï Taïeb Lo Met, le boxeur Young Perez, l'aviateur Max Guedj ou encore le cinéaste et inventeur, Albert Samama, prince de Chikly.

 

Jean-Pierre Allali dédie l'ouvrage à ses petits-enfants, ses petits-neveux et ses petites-nièces afin, dit-il, « qu'ils n'oublient pas la part « tune » qui est en eux ». Une forme de legs, d'héritage spirituel, en somme. Toutes les familles tunes et associées de France et de Navarre devraient se faire un plaisir de posséder cet ouvrage dans leurs bibliothèques.

 

Guy Fellous

Rédacteur en chef du magazine « Tribu 12 »

 

(*) Éditions Glyphe. Janvier 2013. 270 pages. 35 euros.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 08:52

41rB9UlO-lL._SL500_.jpgLe Talmud forme un corpus inachevé et en constante quête de sens. Ainsi ses développements sont-ils des réécritures de la Bible qui ne craignent pas de revisiter, voire de subvertir, certains passages bibliques jugés hermétiques et peu viables pour le modèle de société que voulaient ériger les Sages du Talmud. L'interprétation talmudique s'élabore donc par un processus de construction et de déconstruction à plusieurs voix, ordonné au projet éthique de ses auteurs. Cet essai montre les modalités du raisonnement du Talmud, avec ses cheminements propres, ses particularités, mais aussi ses incohérences.

Les passages bibliques étudiés ici concernent tout particulièrement la femme et la famille, car c'est là qu'apparaît le plus clairement la tension entre éthique et révélation biblique. Selon la Bible, un enfant désobéissant doit être lapidé, un mari jaloux peut soumettre sa femme à une cérémonie avilissante pour prouver son adultère. Peut-on vivre dans une société qui accomplirait effectivement de telles prescriptions ? Quelle est la place du fantasme et du refoulement au sein de cette société ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'efforce de répondre cette étude.

 


Dan Jaffé, docteur en histoire des religions, a publié plusieurs ouvrages remarqués aux Éditions du Cerf, dont « Le Judaïsme et l’avènement du christianisme » ; « Le Talmud et les origines juives du christianisme » et « Jésus sous la plume des historiens juifs du XXe siècle ». Il est actuellement maître de conférences en histoire des religions à l'université Bar-Ilan (Israël). Il est également chercheur associé au Centre Paul-Albert Février (Textes et documents de la Méditerranée), CNRS, Université de Provence.

 

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=9703

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 08:05

31Q9EglKlFL._SL500_AA300_.jpgCette autobiographie est celle d'un philosophe du bonheur. Mais elle n'est pas un traité ni une démonstration, elle est le récit concret d'une vie singulière. Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion. L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu : au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie. C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.

 


Editeur : ENCRE MARINE (23 août 2012)

 

Son existence est ici présentée comme édification constante et volontaire d'un bonheur libre, défini par une joie capable de surmonter toutes les contigences, tous les obstacles. --Le Monde

Faut-il être un philosophe, un vrai, pour consacrer sa vie entière (et une trentaine de livres) au bonheur ! --Nice Matin

Robert Misrahi, grand spécialiste de Spinoza, est le philosophe de l'amour et du désir. --Psychologies Magazine

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:09

product_9782070139019_195x320.jpg«Vivre est devenu pour moi ce sentiment : n'être déjà plus d'ici sans avoir encore quitté les lieux. Quand une jeune fille meurt, elle fait mourir les autres, autour. Voilà ce que m'a appris Julie.»
En racontant l'histoire de son amie de lycée et le mystère insupportable de sa disparition, Clémence Boulouque nous offre une réflexion grave et tendue sur l'adolescence, la résilience et le pouvoir de l'écriture. On retrouve dans ce texte poignant l'intensité exceptionnelle de son premier récit, Mort d'un silence, paru il y a tout juste dix ans.

 

Découvrez un extrait de "Je n'emporte rien du monde" :

 

Elle n’est pas mon héroïne. Elle est mon double. La tristesse qui se plante dans un sourire, l’inconsolable d’une vie. Elle est ce qu’il ne faudrait pas. Elle est « elle l’a fait » — un regret, une question, un irréel du passé et du présent. De tous ses talents ne reste que leur énumération, et cet à-pic auquel elle nous a, avec elle, tous condamnés. Elle n’a rien prouvé par sa mort, seulement par ses jours: douée pour la vie comme elle ne s’en doutait pas. Douée de vie, à en exister encore, si fortement, malgré les années.

 

            À chaque adolescent qui voudrait s’arracher à la vie, j’aimerais murmurer que tout ira bien, que rien n’est si grave, au fond. Que la réussite n’est rien qu’une façon plus ou moins habile de déguiser les incessants échecs d’une vie. Sur des cahiers, les ratures sont jolies, elles donnent au texte une force, un rythme, une ondulation. Une pause.

 

            Je suis devenue l’enseignante qu’elle voulait être, et je la cherche parfois parmi mes étudiants. Je scrute les regards qui se perdent, fais des cours sur les littératures sacrées, explique des adages ou des paraboles dont j’espère qu’ils seront des compresses si une blessure se met à suppurer. Mais que peuvent les mots contre un spasme ? Que peuvent toutes les présences contre trop de souffrance ou d’emportement ? Peut-on apprendre à supporter les ratages, le temps qui refuse de passer, les yeux brûlés ?

 

            Pourtant je veux croire que l’étude est un écran entre les douleurs et la vie, qu’apprendre sera toujours un placebo, un substitut de sagesse puisque le sens ultime de notre sort nous échappe, mais que c’est là un tissage, une manière de lier ce qui semble ne pas pouvoir l’être, un réconfort, une façon de rendre tolérables des questions sans réponse en en résolvant d’autres. Et je parie sur les mots comme sur des ricochets, sur des échos. Pour empêcher, peut-être, que nous soyons encore plus nombreux à porter ces deuils d’adolescence.

 

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Je-n-emporte-rien-du-monde

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 10:26

images.jpgLa nuit est enfoncée dans mes yeux, une nuit épaisse qui pénètre mes orbites, elle s'étale de tout son long sur moi. La nuit et son étouffe-silence, pourtant si bien adaptée au peu de capacité que m'a laissé mon corps. La nuit s'engouffre, s'infiltre dans les mailles serrées de la moustiquaire, elle entre ici avec l'araignée de mes cauchemars. Mon ventre s'alourdit, le vent ne quitte plus mes organes et, malgré tout cet air qui me ballonne à me faire éclater, j'ai peur de rendre mon dernier souffle.

Mon corps est las, il ne répond plus. Les yeux, la langue, la bouche, les mains, les seins, tout est répandu sur mon ventre; un bout de moi est si flasque qu'il est déjà mort. Je vis une mort en mitoyenneté, un crépuscule jour-nuit. Comme un gros cafard qui se serait brûlé une aile à la chaleur de la lampe et qui se débattrait maladroitement. Un soubresaut de vie, une métamorphose, voilà ce que je suis.
Dans la pièce voisine, où vivait mon époux Rodolphe, sont exposées les photos de tous nos morts. Celle de Rodolphe, bien sûr, mais aussi celle de Bie, ma mère. C'est fou comme elle me ressemble : ce regard fixe et sévère, c'est tout moi. Pourtant, maman Bie était tendre et douce comme le sirop-batterie qui dégoulinait sur nos joues d'enfants. Paulette, ma fille, repose en son image ! Paupau que je m'apprête à rejoindre, et Tonton Jean le libraire, hémiplégique pour l'éternité dans sa berceuse penchée. Ils sont vivants, mes morts, ils me parlent en couleur sépia. Dans le silence de mon corps tremblé, distendu, ils ont fait de mes nerfs leur maison. Ils me regardent en souriant ou me considèrent d'un air grondeur. Ils grimacent, peut-être me voient-ils me décomposer avec plaisir.
Je suis morte, mais les vivants ne le savent pas encore. Et moi, j'ai des doutes.
Je suis morte et pourtant, vivante, j'ai toujours pensé que les instants qui fécondaient l'éternité ne s'arrêteraient jamais. Je croyais aussi que la mort était ce point qui touche l'innommable, un passage insupportable qui réside dans la peur. Eh bien ! figurez-vous qu'au moment fatidique, c'est l'araignée-pays qui me fit le plus d'effroi, celle qui guettait ma vie de l'autre côté de la moustiquaire distendue où je savais, pour l'avoir vu, qu'il existait un trou, celle qui me considérait, moi, ravet enfoncé dans mon lit en creux, comme une proie alléchante. J'avais tellement peur d'elle que je suis morte sans le savoir.
Les photos de mes chers disparus se sont rapprochées. Oncle Guichard m'a dit : «Viens.» Papa Roro a rajeuni d'un coup dans son cadre et tapoté ma main : «Je suis venu te chercher.» Il souriait. Un brouhaha épouvantable dans ma maison, des cris, des voix, des rires, le coq chantait. Je ne sais pourquoi il était attaché à mon lit.
C'est le tour de Paupau. Elle est femme maintenant. Je reconnais à peine son visage. Elle m'appelle «maman». C'est bien elle. Elle me dit des choses. J'ai peur. J'écoute à peine. L'araignée s'approche du trou dont elle détient encore le secret.

Présentation de l'éditeur

Ouvrier en usine, vendeur en librairie... Daniel Radford, natif de Guadeloupe, a multiplié les petits boulots avant d'apprendre auprès de Robert Laffont le métier d'éditeur. Au fil de ses lectures, il se plonge dans l'Ancien Testament. D'abord choqué par la découverte de ce Dieu vengeur et jaloux, il entreprend une quête spirituelle qui le mène tout d'abord chez un libraire de la rue des Rosiers - et se rappelle que « Papa Roro », son grand-père, était d'origine juive... Au bout de ce chemin de quinze ans, qui passe par l'étude des textes, la traduction du Talmud, intervient sa conversion au judaïsme, au côté de deux « guides » : Sylvain Kaufmann, rescapé des camps d'extermination, et le rabbin Daniel Gottlieb (1940-2010), secrétaire particulier du grand rabbin Sirat...
L'Homme au Livre est l'histoire de ce cheminement, qui conduira Daniel Radford jusqu'au rabbinat. Cet homme aux passions multiples raconte la rue Nozière du Pointe-à-Pitre de son enfance, bruyante et joyeuse, à laquelle ressemble tant la rue des Rosiers. Une vie tout entière dédiée aux livres... et au Livre, dans le compagnonnage des grands convertis de l'Histoire.


L'homme aux Livres par Daniel Radford, Presse du Châtelet, 2012, 281 pages, 19,95 €

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 18:20

1320883-gf.jpgÀ quoi sert de s'interroger sur la nature de la citoyenneté aux États-Unis et en France à partir de l'exemple des Juifs ? À penser à nouveaux frais la question du rapport entre la religion et l'espace politique en Occident.
La Révolution française, on le sait, prolongeant l'action de l'État fort, construit un espace public qui s'efforce de laminer toutes les formes d'appartenance identitaire en cantonnant celles-ci au seul espace privé. L'intégration des Juifs français leur permet l'accès aux sommets de l'État, selon une mobilité vers l'élite politico-administrative sans égale dans l'Histoire, mais suscite à leur encontre un antisémitisme politique neuf, de l'Affaire Dreyfus à Vichy.

 

Les Juifs américains, on le découvrira dans cet ouvrage d'une richesse d'information peu commune, ne connaissent en rien ce brillant destin public : dans une société à État faible, leur émancipation formelle et la reconnaissance de la pérennité de leur culture, conquises dès la Révolution, ne valent qu'à l'échelle de l'État fédéral. À partir des années trente, le New Deal et sa logique de nationalisation de la société font que désormais les lois fédérales s'appliquent au niveau des États : des Juifs rejoignent le pouvoir politique dénoncé dès lors comme un «Jew Deal». Plus tard, dans les années soixante, quelques juges juifs de la Cour suprême contribuent grandement à la sécularisation de la nation chrétienne, provoquant, comme en France, de vives réactions antisémites.
L'exemple des Juifs permet donc de camper deux grands modèles de rapports du politique au religieux : l'émancipation à la française ouvre la porte de la citoyenneté dans l'espace public sécularisé en ignorant toute identité autre que nationale ; l'émancipation à l'américaine se révèle davantage propice à l'épanouissement des identités religieuses qu'à leur entière reconnaissance comme citoyenneté. Les promesses des «deux maisons» sont distinctes et les désillusions dissemblables.

Pierre Birnbaum nous a déjà donné quelques livres majeurs sur le destin des Juifs dans l'ère moderne. Il s'est notamment intéressé au modèle français d'assimilation et à son principe de citoyenneté...
Avec son dernier ouvrage, Pierre Birnbaum élargit le champ. Il nous conduit aux Etats-Unis où le processus d'émancipation des Juifs s'engage dès la déclaration d'indépendance...
Aujourd'hui, toutefois, ce modèle est mis à mal sous les pressions conjuguées des religieux de toutes confessions, y compris juive. Le mur de séparation entre la religion et la sphère publique, si laborieusement édifié, est à nouveau ébranlé. Un beau livre d'histoire, tout actuel. (Marc Riglet - Lire, septembre 2012 )

 

Historien et sociologue, Pierre Birnbaum est né en 1940. Professeur de sociologie politique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l'Institut d'études politiques de Paris, il fait autorité dans les recherches sur l'histoire politique des Juifs en France. Il a publié aux Éditions Gallimard L'affaire Dreyfus. La République en péril (Découvertes Gallimard n° 213), La France imaginée. Déclin des rêves unitaires ? (Folio histoire n° 123), Géographie de l'espoir. L'exil, les Lumières, la désassimilation (NRF Essais, 2004). 

 

Editeur : Gallimard (6 septembre 2012) 

Collection : NRF Essais

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 07:31

 

Depuis quelques années, face à la montée des fondamentalismes, l’idée que la religion serait par excellence source de tyrannie et incitation à la violence semble prévaloir.

Et la Bible, juive comme chrétienne, n’échappe pas aux attaques.

Qu’enseigne-t-elle en profondeur sur les questions politiques fondamentales ? Pour Armand Laferrère, « les textes bibliques apportent des réponses au moins aussi riches, aussi subtiles et aussi réalistes que celles de toute la philosophie politique européenne ».

Surtout, extraordinairement cohérente, la Bible a légué à l’humanité le principe selon lequel, du fait de la tendance de la nature humaine à faire le mal, tout pouvoir politique doit être limité. Loin d’être une source d’oppression, elle est, au contraire, un rempart contre toutes les tyrannies.

Revenant aux sources historiques de ce qui a permis l’apparition d’une culture exaltant la liberté des individus et la protection des faibles, Armand Laferrère propose une véritable redécouverte de la Bible : ce n’est pas seulement un trésor spirituel, c’est aussi un bréviaire pour notre temps.

Normalien, énarque, Armand Laferrère est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire.

Témoignage de l'auteur :

Les auteurs de la Bible appartenaient à un petit peuple faible, qui essayait de survivre au milieu de grands empires. Par conséquent, la philosophie politique dessinée par la Bible est marquée par la méfiance envers le pouvoir, par une ambition d'en comprendre lucidement la réalité au lieu de se laisser enthousiasmer par des slogans, et par une réflexion complexe sur les moyens de préserver, contre les abus des puissants, une communauté menacée.

Je montre comment ce rapport très particulier avec le pouvoir qui caractérisait les Hébreux a permis de faire apparaître la notion de liberté - par la séparation et la limitation des pouvoirs, la défense de l'individu et la promotion d'une lucidité absolue face aux slogans. Cette approche a, par la suite, fait souche dans l'ensemble des sociétés occidentales et contribué à y protéger la liberté face aux abus des tyrans.

Sept chapitres portent sur l'Ancien Testament, mais il y a aussi trois chapitres sur le Nouveau Testament. J'analyse les idées politiques de Jésus : l'intuition géniale selon laquelle ceux qui n'ont pas de pouvoir peuvent renverser un système politique sans soulèvement, en changeant leur propre comportement pour créer une société parallèle de confiance et d'attention réciproque. Je fais aussi le récit de la façon dont Paul a établi son pouvoir et donné au christianisme l'organisation qui a permis d'en faire une force politique.

Au total, je montre que la Bible est un manuel anti-tyrannie, ce qui devrait irriter les Onfray et autres de manière satisfaisante.

Pour vous procurer le livre, éditions Odile Jacob
304 pages ; ISBN : 9782738128836


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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 18:08

5156Wew2i4L._SL500_AA300_.jpgCe livre est la première publication en français sur les Doms, Tsiganes du Moyen-Orient.
Il propose, à tout curieux du monde contemporain, d’ouvrir une fenêtre sur une population largement ignorée. Les Doms sont présents sur ces terres depuis des siècles. L’accent est mis ici sur les Doms de Jérusalem.
Cet ouvrage à plusieurs mains embrasse aussi bien l’histoire du siècle passé, que les conditions sociales sinon politiques qui leur sont faites aujourd’hui. Il pointe l’urgence d’une attention accrue à ces populations.


Loin de toute ambition spécialisée, il ouvre un nouveau champ d’interrogations et de connaissances.

Avec Tsiganes en Terre d’Israël, les éditions Indigène et Égrégores inaugurent une nouvelle collaboration. Le livre a été réalisé sous la direction de Claire Auzias docteure en histoire et auteure de plusieurs ouvrages sur les Roms, dont Les poètes de grand chemin, voyage avec les Roms des Balkans, Michalon (1998) ; Samudaripen, le Génocide des tsiganes, L’Esprit frappeur (2e éd., 2002) ; Chœur de femmes tsiganes, Égrégores (2009) et Roms, Tsiganes, Voyageurs : L’éternité et après ?, Indigène (2010).

 

Avec les contributions des spécialistes israéliens Yacoov Yaniv et Noga Buber Ben-David. Yacoov Yaniv actuel directeur du Centre Ben-Zvi de Jérusalem, est le pionnier des études sur les Tsiganes en terre d’Israël. Son Mémoire soutenu en 1980, ici publié pour la première fois en France, a inspiré plusieurs travaux après lui. Noga Buber Ben-David est une jeune anthropologue de l’Université hébraïque de Jérusalem où elle a terminé sa recherche sur les Doms récemment.

Élisabeth Partouche (Paris), traductrice de l’hébreu et guide pour cette mission, a été la cheville ouvrière de cette exploration.

 

Deux cahiers photos mettent en images cette histoire grâce d’une part au fonds de l’Ecole biblique de Jérusalem et d’autre part, aux très belles photos contemporaines du photographe des Roms, Éric Roset.

Tsiganes en Terre d’Israël sous la direction de Claire Auzias, janvier 2013, n° ISBN 979-10-90354-36-4, 14€

En vente en librairies et en ligne à partir du 4 janvier 2013.

 

http://www.indigene-editions.fr/esprit/tsiganes-en-terre-disrael.html

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