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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 15:45

samuel-kassow.pngArchivistes de combat

Même s'il y a cinq étages de ruines, nous devons trouver les archives. Je n'invente rien. Je sais de quoi je parle ! Ce ne sont pas des paroles en l'air ! Cela me vient du coeur ! Je ne lâcherai pas, je ne vous lâcherai pas. Vous devez sauver les archives Ringelblum !"

La femme qui crie sa colère, ce jour d'avril 1946 à Varsovie, est Rachel Auerbach, l'un des trois survivants du groupe Oyneg Shabes (en yiddish, "joie du shabat"), constitué dès l'automne 1939, à l'intérieur du ghetto, par le jeune historien Emanuel Ringelblum (1900-1944). La soixantaine de collecteurs bénévoles qui en font partie s'est donnée une mission : préserver la mémoire, constituer des archives touchant à tous les aspects de la vie quotidienne au sein du ghetto, des plus ténus (des tickets de tramway) aux plus personnels (des journaux intimes sauvés du désastre). Faire en sorte que l'histoire de ce désastre soit écrite par ceux qui le vivent au présent et non pas seulement par ceux qui y auront survécu demain.

En novembre 1940, dans le ghetto clôturé, 350 000 personnes (30 % de la population de Varsovie) s'entassent sur 2,4 % de la superficie de la ville. Entre septembre 1939 et juillet 1942, sans qu'il y ait encore ni fusillades systématiques ni déportations, 100 000 personnes meurent de faim, de froid, de ma-ladie. Une faim programmée et d'emblée exterminatrice : "Ce n'est qu'une question de temps et de frugalité. Mais la fin est la même, et -toute la question est -simplement de savoir qui mourra plus tôt ou plus tard", note en 1942 un des collaborateurs d'Oyneg Shabes.

 

Chronique de la violence, des tortures et des humiliations sans frein, immondes, des enterrés vivants et des pendus. Chronique de la corruption, des camps de travail (1939-1941), ces mouroirs, et de la peur. De la colère contre le Conseil juif (organe administratif nommé par les Allemands) et la police juive : "Quels sont les pères juifs qui ont pu engendrer cette semence d'assassins ? Quelles mamans juives ont donc al-laité ces meurtriers ?", interroge en septembre 1942 Yehoshua Perle, membre du groupe. Avec en arrière-fond le thème récurrent de la honte, de la "passivité des victimes" et d'une certaine "lâcheté". Fait notable, ce sentiment douloureux et central des chroniques disparaîtra des récits d'après-guerre.

 

En août 1942, au plus fort de la "grande déportation" vers Treblinka, puis en février 1943, les archives sont enfouies dans des boîtes en métal ou dans des bidons de lait, à charge pour le YIVO (l'Institut scientifique juif exilé à New York depuis 1940) de les récupérer après-guerre. Les recherches commencent à l'été 1946. Elles aboutissent à une première découverte en septembre 1946, et à une seconde sur le même emplacement en décembre 1950. Le troi-sième lot d'archives est resté introuvable.

Avec Qui écrira notre histoire ?, l'historien américain Samuel Kassow n'entreprend pas une énième histoire du ghetto, même si on l'y sent parfois tenté. Il donne à voir un homme et une équipe, une quasi "contre-société" du ghetto. C'est la première étude centrée non sur la seule figure de Ringelblum, mais sur l'ensemble du groupe Oyneg Shabes. Avec, en arrière-fond, ce continent englouti : le judaïsme polonais, et en particulier ses courants modernistes qui avaient donné naissance à la Haskala ("les Lumières juives"), aux mouvements révolutionnaires et au sionisme.

Si d'octobre 1939 à février 1943, près de 30 000 documents sont collectés, ce ne sont pas les seules archives de ce genre. D'autres, ailleurs, ont été constituées, souvent différemment, à Vilna, à Lodz ou à Bialystok. Mais, avec Oyneg Shabes, Ringelblum, très engagé avant-guerre au YIVO et dans les institutions caritatives et sionistes de gauche, entend faire l'histoire "vue d'en bas" : celle des classes populaires et du monde yiddishiste contre celui des élites juives polonaises, incarnées à ses yeux, non sans parti pris, par le Conseil juif. Ici le yiddish et là le polonais, ici le "peuple" et là les élites, ici le travail social et là la corruption. Vision polémique où se rejouent, dans le ghetto clôturé, les divisions d'avant-guerre. A travers le récit érudit de l'équipe d'Oyneg Shabes, Kassow décrit les cours clandestins, les cantines populaires, les dispensaires, les biblio-thèques, les activités théâ-trales, il met en lumière un réseau caritatif organisé de longue date, comme dans toutes les com-munautés juives. Ainsi, à Varsovie, la structure de l'Aleynhilf ("secours mutuel"), prend en charge les 1 600 comités d'immeuble et son vivier de 8 000 militants béné-voles qui organisent la survie.

Le but d'Oyneg Shabes est de consigner l'horreur grandissante, tout ce qu'une horreur encore plus grande encore aura tendance à faire oublier. D'écrire pour obtenir justice, signe que l'on croit encore à la survie. C'est pourquoi il faut entendre cette oeuvre collective du point de vue de 1940-1941. Et oublier 1945.

 

Au-delà de Varsovie, l'objectif est de consigner le calvaire des juifs de Pologne quand l'extermination radicale se précise, en dressant en juin 1942 un tableau d'ensemble du désastre : "Si les événements suivent le cours actuel, la population juive de Pologne cessera d'exister", note le groupe dans un rapport destiné à Londres.

Comme beaucoup d'autres, bien avant lui, au sein du judaïsme d'Europe orien-tale, Ringelblum est très tôt convaincu de l'existence d'une nation juive. De là, le rôle qu'il impute à l'histoire dans la formation de l'identité, reprenant après d'autres les voies ouvertes par l'historiographie occidentale.

 

Il faut consigner parce que nul ne sait si l'engloutissement ne sera pas général. Témoigner de l'incrédulité devant les nouvelles du grand massacre (Ponar et Chelmno, décembre 1941). De l'aveuglement des juifs de Varsovie qui se pensent au-dessus du lot. Et même étudier scientifiquement le désastre pour hâter la prise de conscience. De là, ces rapports en nombre sur les effets de la faim ou sur la disparition des enfants entre juin et octobre 1942. Comme il faut entendre aussi l'appel à la vengeance, "pour que notre sang crie jusqu'à la fin des temps et exige que soit vengé le crime qui n'a son pareil ni dans notre histoire ni dans -toute l'his-toire humaine" (Abraham Lewin, 11 novembre 1942).

Avant même Treblinka, donc, la conscience du désastre est totale. Comme est total le sentiment d'une césure dans l'histoire humaine. Comme est prégnant, au-delà de la réflexion qui sourd de ces milliers de pages, le poids du chagrin. En novembre 1943, réfugiée anonyme dans la Varsovie "aryenne", Rachel Auerbach se dit que ce n'est pas quatre fois par an (comme le veut la tradition) qu'elle devrait dire le Yizkor (la prière du souvenir), mais "quatre fois par jour".


Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie (Who Will Write Our History ? Rediscovering a Hidden Archive from the Warsaw Ghetto), de Samuel D. Kassow, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre-Emmanuel Dauzat, Grasset, 608 p., 25 €.

Georges Bensoussan, historien

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 12:59

 JUIFS-TUNISIE.jpgEntre 1857 et 1958, de l'affaire Batou Sfez à l'expropriation du cimetière israélite, de nombreuses et profondes transformations affectèrent la société juive de Tunisie. Le Protectorat français introduisit un mode administratif et économique de type occidental : la minorité juive s y intégra plus spontanément que la société musulmane, en particulier dans le domaine éducatif. Rattrapée par ailleurs par l évolution politique du judaïsme mondial, la communauté israélite se trouva divisée entre assimilationnistes et sionistes, ce qui devait entraîner sa sortie progressive de l histoire tunisienne. L'ouvrage  d'Albert  Maarek  constitue  une  contribution  sérieuse  à  l'histoire  du   judaïsme  tunisien  et, à  ce  titre, mérite  de  figurer  en  bonne  place  dans  toutes  les  bibliographies  consacrées  à  l'Afrique  du  Nord  et  à  ses  Juifs.   Michel  Abitbol

Biographie de l'auteur

Albert - Armand Maarek, professeur d histoire durant près de quarante années, a soutenu un master d histoire à Paris I, Les revendications des Israélites de Tunisie , et a publié de nombreux articles sur ce thème.

 

Editions Glyphe -2010 -290 pages  - 21 euros

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 09:18

PRECEPTES.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (SEUIL)

 

Justice, amour, joie, prière, parole, bonheur, altruisme... Les préceptes réunis dans ce livre constituent l'héritage spirituel légué au monde par trois mille ans de judaïsme.

Malgré la dispersion de ses communautés à travers le monde, le peuple juif a réussi à demeurer un. Sa sagesse y a gagné l'universalité. Mêlant le sacré et le profane, le droit et la morale, la politique et le folklore, elle s'enracine tant dans la Bible que dans la littérature talmudique et dans la pensée hassidique ou kabbalistique. Aujourd'hui plus que jamais elle est un ferment de méditation pour tous les peuples et toutes les cultures.

 

Points Sagesses

160 pages - 6.95 € TTC

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 08:58

FINKLER.jpgJe reproduis l'article de Meir Weintrater publié lors de la parution du livre de Howard Jacobson en anglais. P.I.L.

 

Le prix Booker est l’équivalent britannique du prix Goncourt français – avec cette différence que, anglophonie oblige, son audience est bien plus importante. Le prix de cette année, qui a été annoncé le 12 octobre, couronne Howard Jacobson pour son livre «The Finkler Question». Traduction provisoire, en attendant la version française du livre : «La question Finkler», comme on dit «La question juive». Car non seulement son personnage, Samuel Finkler, est juif, mais le livre tourne autour d’un phénomène qui existe en Grande-Bretagne plus encore qu’en France, et qu’on peut résumer sous le nom d’antisionisme juif.

 

Finkler, le personnage du roman, est à l’origine d’un groupe de Juifs qui se réunissent une fois par semaine pour dénoncer le sionisme et appeler au boycott d’Israël «en tant que Juifs». On comprend que la dimension juive ne joue pas un si grand rôle dans la vie de Finkler, sauf lorsqu’elle est associée à la critique d’Israël, lui permettant de prouver par là sa grandeur d’âme.

 

Le phénomène, nous le savons, n’est pas propre à la Grande-Bretagne. Ce qui est remarquable, c’est qu’un écrivain – Howard Jacobson, le principal écrivain juif britannique – en ait fait le sujet d’un livre, un livre comique et parfois féroce, désormais promu à une large diffusion.

 

L’auteur tient à préciser que les Juifs dont il se moque ne sont pas «des parodies de Juifs qui désapprouvent Israël», mais «des parodies de Juifs qui font étalage de leur désapprobation d’Israël». Lui-même s’associe aux critiques formulées par ceux que l’on appelle couramment les «sionistes de gauche». Rien à voir, souligne-t-il, avec l’hostilité systématique et haineuse dont les années récentes ont offert de nombreux exemples, et qu’il n’a cessé de dénoncer dans les diverses tribunes qui lui sont offertes.


Le lauréat du prix Booker continuera donc à ferrailler contre la délégitimation d’Israël, contre les appels au boycott, et contre un antisionisme sous lequel il discerne le retour de la bête immonde antisémite. Le prestigieux prix littéraire qui vient de couronner son dernier livre prouve que de tels propos peuvent être entendus et compris.


Billet diffusé sur RCJ le 20 octobre 2010


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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 10:37

JULES-ISAAC.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (SOCIETE DES ECRIVAINS)

 

Tunis, années 1920. Jules mène alors une enfance paisible. Mais bientôt, la Seconde Guerre mondiale lui donnera un nouveau regard à poser sur le monde. Après la Tunisie, puis la France, après soixante-deux ans d’errance, il décide de s’installer sur la terre de ses ancêtres. Sa famille vient enfin se ressourcer en Israël, pays de ses rêves et de ses espérances…

 

Mêlant grande et petite histoire, Jules Isaac relate le destin parallèle d’une famille et d’un peuple. Des origines du mouvement sioniste au combat d’Israël pour son droit d’exister, l’auteur rappelle les heures sombres du XXe siècle. Une chronique sociohistorique qu’il double d’un témoignage sous forme de méditation sur la réussite personnelle.


 
  Prix : 10 €  -  128 pages  -  ISBN : 9782748366617  -  Récit
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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 18:58
MYRIAM SAR« Opération Ruth » : évacuer six millions sept cent mille personnes. L’ordre a été donné. Tel est le défi que Myriam Sâr se donne à elle-même dans son dernier livre. Anticipation ? Le malaise est profond qui lance de jeunes écrivains israéliens sur un chemin romanesque si escarpé.

Non que l’opération soit impossible. En 1962, deux millions de Français ont été rapatriés d’Algérie vers un unique pays d’accueil. Dans le cas d’Israël, l’opération concernerait les Etats-Unis, l’Europe, et quelques autres. Mais qu’elle soit aujourd’hui pensable, soixante-quatre ans après la création, une centaine d’années après le Congrès sioniste de Bâle, voilà qui fera date.

Pensable surtout sans drame, sans tragédie, chacun retrouve ici ou là des parents, chacun se réinstalle paisiblement dans une diaspora cette fois choisie et acceptée. Il n’y a presque aucun traumatisme dans le récit de Myriam Sâr. Quelques chefs militaires, fidèles au drapeau qu’il faut enterrer (à la forteresse de Massada) pensent au suicide. D’autres prônent la politique de la terre brûlée. Mais que détruire et ne pas détruire ?

« Jérusalem brûle-t-elle ? Non. La masse apparaît indifférente comme un jour d’embouteillages au retour de la plage ou du désert. Les jeunes respirent à l’idée de sortir en boîte librement en toute sécurité, brefs de vivre enfin comme tous les autres jeunes à travers le monde. Vivre « le rêve américain », « voir ses fils jouer au base-ball »… Bref, un soulagement de ne plus avoir à jouer en permanence au héros ou au saint. Pour un enjeu qui n’en valait finalement plus la peine. Le peuple juif ne mourra pas. Au contraire l’évacuation est une manière de mieux assurer sa survie plus menacée dans le réduit israélien qu’aux Etats-Unis.

L’anticipation de Myriam Sâr part d’une critique du post-sionisme mais elle reconnaît aussi les fautes du sionisme. Ce qu’elle a de désespérant est son côté résigné, raisonnable, c’est qu’elle dédramatise quelque chose qui normalement doit passer pour la fin du monde, l’Apocalypse. Tout en douceur, le génie de l’auteur est de montrer qu’il est possible de faire échec aux pires éventualités dont on menace Israël, qu’il y a à la base une vie quotidienne, des relations entre des êtres de chair, qui transcendent toutes les catastrophes et même réussissent à les transformer en simples péripéties de la vie.

C’est aussi un récit sans ennemi, sans mauvais, sans diabolisation. Tout en nuances. Israël, veut-elle dire, fut un beau rêve. La narratrice a rêvé l’évacuation, un mauvais rêve, mais n’a-t-elle pas plutôt rêvé Israël ? Ce serait magnifique si l’on pouvait retrouver le fil de ce rêve. Remonter aux bifurcations où l’on a pris le mauvais chemin : par exemple, Jabotinski, le révisionniste, mort en 1940, Wingate, le Lawrence de Judée, lui aussi écarté de la scène en 1940, et tant d’autres occasions perdues. L’avenir aurait pu être autre. Comme souvent, cette œuvre de science-fiction est une uchronie.

Suivre le récit de Myriam Sâr (sorti le 20 septembre, éditions les Provinciales) au moment où se déroulent à New York les discussions à l’ONU sur la possible reconnaissance d’un Etat palestinien et les critiques concomitantes d’Israël, donne le frisson. C’est aussi en large part un ouvrage d’actualité.

Note de lecture par Dominique Decherf

http://www.lesprovinciales.fr/L-An-...

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 10:56

Les convocations d’automne, Rosh Hashana et Kippour

par Equipe J & R

Les éditions PUF lancent une nouvelle collection dirigée par Hervé Landau, ancien Secrétaire général du Consistoire Israèlite de Paris, expert en économie et banque internationales, en éthique et déontologie, directeur de projets philanthropiques internationaux et surtout talmudiste et enseignant. Dans un petit format maniable et dans un style concis qui n’est pas sans rappeler la célèbre collection "Que sais-je ?" de la maison PUF, cette collection a pour ambition de promouvoir la créativité en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs, tantôt de formations universitaires, tantôt de formation rabbinique ou talmudique qui sont à même de renouveler les contenus en les confrontant aux problématiques d’un monde en plein bouleversement. Cinq titres sont déjà sortis. Le petit dernier, de saison à l’approche du Nouvel An Juif , s’intitule « Les convocations d’automne, Rosh Hashana et Kippour ».

- Auteur : Jacky Milewski.

- Editeur : PUF, collection Lectures du judaïsme

- Pages : 168 pages

- Prix : 12 €

Présentation de l’éditeur : Roch Hashana et Kippour sont les solennités qui ouvrent l’année juive. Temps d’examen de la conscience et d’introspection profonde, ces convocations d’automne ont de tout temps, plus que toute autre date du calendrier hébraïque, fait vibrer l’âme juive. Ils appellent au questionnement existentiel, à la remise en cause intérieure, au processus de retour menant l’homme sur le chemin de Dieu et de Sa loi. Roch Hashana et Kippour sont des jours dits « redoutables » car déterminants puisque Dieu y juge les hommes, pèse leurs actes, paroles et pensées, et siège sur le trône de la Justice pour dessiner les horizons de vie. Les sonneries de la corne de bélier qui tonnent à Roch Hashana et le difficile jeûne de la journée de Kippour permettent de se confronter à soi-même, de se libérer provisoirement du carcan matériel qui étouffe l’âme aspirant au renouveau et à sa manifestation éclatante dans la vie de la conscience. Ces deux fêtes permettent à l’homme de se transfigurer, d’opérer des changements structurels dans la vie, en un mot, de renaître.

L’auteur : Jacky Milewski est diplômé du Séminaire israélite de France. Docteur en droit, il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la dimension éthique des normes hébraïques dont un second ouvrage paru dans cette nouvelle collection, "Les fêtes de pèlerinage dans la tradition juive".

http://www.jerusalem-religions.net/spip.php?article3620

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 08:49

SIMON-SEBAG-MONTEFIORE.jpgPrésentation de l'éditeur (Calmann Levy)

Comment une bourgade isolée est-elle devenue la Ville sainte, le « centre du monde » et la clé de la paix au Moyen-Orient ?   Jérusalem est la ville universelle, la capitale de deux peuples, le lieu saint de trois religions. Convoitée par plusieurs empires, site du Jugement dernier, elle est toujours le champ de bataille entre civilisations rivales. Du roi David à Ben Gourion, de la naissance du judaïsme, du christianisme et de l’islam au conflit israélo-palestinien, voici l’histoire de Jérusalem, la cité universelle : trois mille ans de foi et de fanatisme, de conquête et d’occupation, de guerre et de coexistence entre diverses croyances. Simon Sebag Montefiore révèle toutes les facettes de cette cité en perpétuel mouvement. Il raconte les guerres, mais aussi les histoires d’amour et de haine des hommes et des femmes qui ont fait Jérusalem - soldats et prophètes, poètes et rois, paysans et musiciens. Cette biographie unique en son genre fait revivre tous ceux qui ont édifié et détruit la ville, qui ont cru en son destin et qui en ont fait le récit : aussi bien les citoyens ordinaires que les grandes figures historiques, de Salomon, Saladin et Soliman le Magnifique à Cléopâtre, Caligula et Churchill ; d’Abraham à Jésus et Mahomet ; du monde ancien de Jézabel, Nabuchodonosor, Hérode et Néron aux temps modernes du Kaiser, Disraeli, Mark Twain, Raspoutine et Lawrence d’Arabie. Ce livre ambitieux et captivant, qui se fonde sur des archives inédites, regorge d’anecdotes et de détails passionnants. Il montre comment Jérusalem est devenue Jérusalem, la seule cité à la fois céleste et terrestre.

Biographie de l'auteur

Simon Sebag Montefiore est né en 1965 à Londres où il vit actuellement, et a étudié l’histoire à Cambridge. Romancier et historien, il est spécialiste de l’histoire de la Russie. Il a notamment écrit Le Jeune Staline, publié chez Calmann-Lévy en 2008, qui a reçu de nombreux prix. Simon Sebag Montefiore est aussi l’auteur de deux romans, My affair with Stalin (2004) et Sashenka (2010). Ses livres sont traduits dans plus de 35 langues à travers le monde.

 

EN LIBRAIRIE EN OCTOBRE

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 14:14

 

 

 

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, auteur d’une vingtaine d’ouvrages portant sur le judaïsme, sur Israël ou encore sur le racisme, Jean-Pierre Allali vient de publier un nouveau livre dont le sujet est pour le moins original. Il s’agit d’un roman qui nous permet, à travers une intrigue où se mêlent amour, jalousie, crimes et châtiments, de nous faire découvrir une communauté juive méconnue, celle des Juifs de Normandie au Moyen Âge.
 
L’action se déroule à Rodom, qui, plus tard, s’appellera Rodom. Nous sommes en l’an 4909 du calendrier hébraïque, soit en 1149 de l’ère chrétienne. Plusieurs milliers de Juifs vivent à Rodom, représentant près d’un quart de la population de la ville. La communauté dispose d’une belle synagogue dont la tour domine le Clos-aux-Juifs, d’un mikvé et d’une école talmudique réputée, une yeshiva où étudient une cinquantaine de jeunes gens. Parmi eux, Haïm Bar Chelomo, fils d’un modeste cordonnier et son binôme inséparable, Hakelin Bonfils d’Anjou, héritier d’une famille prestigieuse. Au sein de la yeshiva que dirige avec autorité et bienveillance Maître Qalonymos, comme au sein de toute la communauté, à la veille de la célébration de Pessah, c’est l’effervescence. Deux événements sont annoncés, coup sur coup, l’un d’ordre personnel et familial, le prochain mariage de Haïm avec la belle Rachel Lévita, fille d’un riche négociant et l’autre, plus académique, la visite prochaine, à Rodom, d’un grand maître de la Torah, le célèbre Rav Abraham Ibn Ezra, originaire d’Espagne et grand voyageur devant l’Éternel.
 
Cette atmosphère de joie va brusquement être ternie par un drame terrible dont le responsable est un proche parent du duc de Normandie, Adalbert Courteheuse. Dès lors, la tristesse s’empare de la communauté. La tristesse et un désir profond de vengeance. Mais comment concilier la vengeance avec le respect de la Loi de Moïse ? Un groupe de jeunes étudiants talmudistes se constitue en « Vengeurs ». Par delà les péripéties du roman dont l’écriture, alerte, est fort agréable, Jean-Pierre Allali nous donne à voir, au quotidien, la vie juive à Rouen au Moyen Âge. Les ruelles animées, les échoppes, les habitants et leurs préoccupations.
 
C’est dans le sillage des Romains après la chute de Jérusalem, que des esclaves juifs venus de la terre d’Israël ont mis en valeur, au début de l’ère chrétienne le territoire qui allait devenir la Normandie. Ce sont leurs descendants et ceux qui, à travers les siècles, les ont rejoints, qui forment la communauté juive normande à l’époque où se situe l’action de ce roman. On ne le sait pas souvent, mais un « roi » dirigeait cette communauté avec de larges attributions. Le « roi » des Juifs de Normandie, Joseph Bonnevie, s’impliquera fortement dans la recherche de la vérité concernant le drame que va vivre le judaïsme de Rodom. Dans leur enquête, les « Vengeurs » seront amenés à se rendre dans une autre ville, Narbonne et, là aussi, on apprend que la communauté juive est sous l’autorité d’un « roi ». On verra également comment des Juifs normands vont donner naissance à la communauté juive d’Angleterre.
 
Jean-Pierre Allali qui prend la précaution, en préambule, de rappeler que son ouvrage est un roman, mêle des personnages réels à des héros de fiction. Le bâtiment dans lequel est installée la yeshiva que dirige Maître Qalonymos, n’est rien d’autre que la fameuse « Maison Sublime » découverte en 1976 sous la cour du Palais de Justice de Rouen. L’auteur a puisé aux meilleures sources, notamment dans les travaux savants du chercheur américain Norman Golb, les éléments qui composent la trame historique de son récit.
 
Près de cent cinquante ans après, en 1306, il ne restera plus aucun Juif en Normandie ni en France. Tous seront expulsés par Philippe Le Bel. Il faut être reconnaissant à Jean-Pierre Allali, de nous permettre, à travers son beau roman, de découvrir une communauté qui fut nombreuse et dynamique au Moyen-âge, celle des Juifs de Normandie.
 
Jean-Richard Fellus
 
(*) Éditions Glyphe. Septembre 2011. 196 pages. 16 euros.
www.crif.org
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:03

 

Les textes qui nous sont proposés ici sont tirés de discours ou de conférences faits par le rabbin Adin Even-Israël Steinsaltz. Ils ont été collectés et classés par deux des disciples du maître, David Sem’hon et Daniel Beygell. Un parcours original de l’année juive, mois après mois, fête après fête. Il ne faut pas oublier que le mot « chana », s’il désigne, en hébreu, l’année, se rattache au concept essentiel de « répétition ».
 
Parallèlement, il évoque aussi le « changement », la renaissance. C’est en n’oubliant pas cette signification plurielle de « chana » qu’il convient de lire ce livre, depuis « Roch Hachana » jusque « Ticha Bé Av ».
 
« Les fêtes représentent donc autant d’occasions de dresser un bilan spirituel, de procéder à un nouvel examen, réveillant en nous un sentiment de joie, quelquefois de peine, mais nous apportant in fine un supplément de vitalité ».
 
Un guide vivant et érudit.
 
Jean-Pierre Allali
 
Éditions Albin Michel. Traduit de l’hébreu par Michel Allouche. Août 2011. 352 pages. 11, 50 euros
 
Photo : D.R.
www.crif.org
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