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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 09:18

PRECEPTES.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (SEUIL)

 

Justice, amour, joie, prière, parole, bonheur, altruisme... Les préceptes réunis dans ce livre constituent l'héritage spirituel légué au monde par trois mille ans de judaïsme.

Malgré la dispersion de ses communautés à travers le monde, le peuple juif a réussi à demeurer un. Sa sagesse y a gagné l'universalité. Mêlant le sacré et le profane, le droit et la morale, la politique et le folklore, elle s'enracine tant dans la Bible que dans la littérature talmudique et dans la pensée hassidique ou kabbalistique. Aujourd'hui plus que jamais elle est un ferment de méditation pour tous les peuples et toutes les cultures.

 

Points Sagesses

160 pages - 6.95 € TTC

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 08:58

FINKLER.jpgJe reproduis l'article de Meir Weintrater publié lors de la parution du livre de Howard Jacobson en anglais. P.I.L.

 

Le prix Booker est l’équivalent britannique du prix Goncourt français – avec cette différence que, anglophonie oblige, son audience est bien plus importante. Le prix de cette année, qui a été annoncé le 12 octobre, couronne Howard Jacobson pour son livre «The Finkler Question». Traduction provisoire, en attendant la version française du livre : «La question Finkler», comme on dit «La question juive». Car non seulement son personnage, Samuel Finkler, est juif, mais le livre tourne autour d’un phénomène qui existe en Grande-Bretagne plus encore qu’en France, et qu’on peut résumer sous le nom d’antisionisme juif.

 

Finkler, le personnage du roman, est à l’origine d’un groupe de Juifs qui se réunissent une fois par semaine pour dénoncer le sionisme et appeler au boycott d’Israël «en tant que Juifs». On comprend que la dimension juive ne joue pas un si grand rôle dans la vie de Finkler, sauf lorsqu’elle est associée à la critique d’Israël, lui permettant de prouver par là sa grandeur d’âme.

 

Le phénomène, nous le savons, n’est pas propre à la Grande-Bretagne. Ce qui est remarquable, c’est qu’un écrivain – Howard Jacobson, le principal écrivain juif britannique – en ait fait le sujet d’un livre, un livre comique et parfois féroce, désormais promu à une large diffusion.

 

L’auteur tient à préciser que les Juifs dont il se moque ne sont pas «des parodies de Juifs qui désapprouvent Israël», mais «des parodies de Juifs qui font étalage de leur désapprobation d’Israël». Lui-même s’associe aux critiques formulées par ceux que l’on appelle couramment les «sionistes de gauche». Rien à voir, souligne-t-il, avec l’hostilité systématique et haineuse dont les années récentes ont offert de nombreux exemples, et qu’il n’a cessé de dénoncer dans les diverses tribunes qui lui sont offertes.


Le lauréat du prix Booker continuera donc à ferrailler contre la délégitimation d’Israël, contre les appels au boycott, et contre un antisionisme sous lequel il discerne le retour de la bête immonde antisémite. Le prestigieux prix littéraire qui vient de couronner son dernier livre prouve que de tels propos peuvent être entendus et compris.


Billet diffusé sur RCJ le 20 octobre 2010


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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 10:37

JULES-ISAAC.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (SOCIETE DES ECRIVAINS)

 

Tunis, années 1920. Jules mène alors une enfance paisible. Mais bientôt, la Seconde Guerre mondiale lui donnera un nouveau regard à poser sur le monde. Après la Tunisie, puis la France, après soixante-deux ans d’errance, il décide de s’installer sur la terre de ses ancêtres. Sa famille vient enfin se ressourcer en Israël, pays de ses rêves et de ses espérances…

 

Mêlant grande et petite histoire, Jules Isaac relate le destin parallèle d’une famille et d’un peuple. Des origines du mouvement sioniste au combat d’Israël pour son droit d’exister, l’auteur rappelle les heures sombres du XXe siècle. Une chronique sociohistorique qu’il double d’un témoignage sous forme de méditation sur la réussite personnelle.


 
  Prix : 10 €  -  128 pages  -  ISBN : 9782748366617  -  Récit
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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 18:58
MYRIAM SAR« Opération Ruth » : évacuer six millions sept cent mille personnes. L’ordre a été donné. Tel est le défi que Myriam Sâr se donne à elle-même dans son dernier livre. Anticipation ? Le malaise est profond qui lance de jeunes écrivains israéliens sur un chemin romanesque si escarpé.

Non que l’opération soit impossible. En 1962, deux millions de Français ont été rapatriés d’Algérie vers un unique pays d’accueil. Dans le cas d’Israël, l’opération concernerait les Etats-Unis, l’Europe, et quelques autres. Mais qu’elle soit aujourd’hui pensable, soixante-quatre ans après la création, une centaine d’années après le Congrès sioniste de Bâle, voilà qui fera date.

Pensable surtout sans drame, sans tragédie, chacun retrouve ici ou là des parents, chacun se réinstalle paisiblement dans une diaspora cette fois choisie et acceptée. Il n’y a presque aucun traumatisme dans le récit de Myriam Sâr. Quelques chefs militaires, fidèles au drapeau qu’il faut enterrer (à la forteresse de Massada) pensent au suicide. D’autres prônent la politique de la terre brûlée. Mais que détruire et ne pas détruire ?

« Jérusalem brûle-t-elle ? Non. La masse apparaît indifférente comme un jour d’embouteillages au retour de la plage ou du désert. Les jeunes respirent à l’idée de sortir en boîte librement en toute sécurité, brefs de vivre enfin comme tous les autres jeunes à travers le monde. Vivre « le rêve américain », « voir ses fils jouer au base-ball »… Bref, un soulagement de ne plus avoir à jouer en permanence au héros ou au saint. Pour un enjeu qui n’en valait finalement plus la peine. Le peuple juif ne mourra pas. Au contraire l’évacuation est une manière de mieux assurer sa survie plus menacée dans le réduit israélien qu’aux Etats-Unis.

L’anticipation de Myriam Sâr part d’une critique du post-sionisme mais elle reconnaît aussi les fautes du sionisme. Ce qu’elle a de désespérant est son côté résigné, raisonnable, c’est qu’elle dédramatise quelque chose qui normalement doit passer pour la fin du monde, l’Apocalypse. Tout en douceur, le génie de l’auteur est de montrer qu’il est possible de faire échec aux pires éventualités dont on menace Israël, qu’il y a à la base une vie quotidienne, des relations entre des êtres de chair, qui transcendent toutes les catastrophes et même réussissent à les transformer en simples péripéties de la vie.

C’est aussi un récit sans ennemi, sans mauvais, sans diabolisation. Tout en nuances. Israël, veut-elle dire, fut un beau rêve. La narratrice a rêvé l’évacuation, un mauvais rêve, mais n’a-t-elle pas plutôt rêvé Israël ? Ce serait magnifique si l’on pouvait retrouver le fil de ce rêve. Remonter aux bifurcations où l’on a pris le mauvais chemin : par exemple, Jabotinski, le révisionniste, mort en 1940, Wingate, le Lawrence de Judée, lui aussi écarté de la scène en 1940, et tant d’autres occasions perdues. L’avenir aurait pu être autre. Comme souvent, cette œuvre de science-fiction est une uchronie.

Suivre le récit de Myriam Sâr (sorti le 20 septembre, éditions les Provinciales) au moment où se déroulent à New York les discussions à l’ONU sur la possible reconnaissance d’un Etat palestinien et les critiques concomitantes d’Israël, donne le frisson. C’est aussi en large part un ouvrage d’actualité.

Note de lecture par Dominique Decherf

http://www.lesprovinciales.fr/L-An-...

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 10:56

Les convocations d’automne, Rosh Hashana et Kippour

par Equipe J & R

Les éditions PUF lancent une nouvelle collection dirigée par Hervé Landau, ancien Secrétaire général du Consistoire Israèlite de Paris, expert en économie et banque internationales, en éthique et déontologie, directeur de projets philanthropiques internationaux et surtout talmudiste et enseignant. Dans un petit format maniable et dans un style concis qui n’est pas sans rappeler la célèbre collection "Que sais-je ?" de la maison PUF, cette collection a pour ambition de promouvoir la créativité en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs, tantôt de formations universitaires, tantôt de formation rabbinique ou talmudique qui sont à même de renouveler les contenus en les confrontant aux problématiques d’un monde en plein bouleversement. Cinq titres sont déjà sortis. Le petit dernier, de saison à l’approche du Nouvel An Juif , s’intitule « Les convocations d’automne, Rosh Hashana et Kippour ».

- Auteur : Jacky Milewski.

- Editeur : PUF, collection Lectures du judaïsme

- Pages : 168 pages

- Prix : 12 €

Présentation de l’éditeur : Roch Hashana et Kippour sont les solennités qui ouvrent l’année juive. Temps d’examen de la conscience et d’introspection profonde, ces convocations d’automne ont de tout temps, plus que toute autre date du calendrier hébraïque, fait vibrer l’âme juive. Ils appellent au questionnement existentiel, à la remise en cause intérieure, au processus de retour menant l’homme sur le chemin de Dieu et de Sa loi. Roch Hashana et Kippour sont des jours dits « redoutables » car déterminants puisque Dieu y juge les hommes, pèse leurs actes, paroles et pensées, et siège sur le trône de la Justice pour dessiner les horizons de vie. Les sonneries de la corne de bélier qui tonnent à Roch Hashana et le difficile jeûne de la journée de Kippour permettent de se confronter à soi-même, de se libérer provisoirement du carcan matériel qui étouffe l’âme aspirant au renouveau et à sa manifestation éclatante dans la vie de la conscience. Ces deux fêtes permettent à l’homme de se transfigurer, d’opérer des changements structurels dans la vie, en un mot, de renaître.

L’auteur : Jacky Milewski est diplômé du Séminaire israélite de France. Docteur en droit, il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la dimension éthique des normes hébraïques dont un second ouvrage paru dans cette nouvelle collection, "Les fêtes de pèlerinage dans la tradition juive".

http://www.jerusalem-religions.net/spip.php?article3620

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 08:49

SIMON-SEBAG-MONTEFIORE.jpgPrésentation de l'éditeur (Calmann Levy)

Comment une bourgade isolée est-elle devenue la Ville sainte, le « centre du monde » et la clé de la paix au Moyen-Orient ?   Jérusalem est la ville universelle, la capitale de deux peuples, le lieu saint de trois religions. Convoitée par plusieurs empires, site du Jugement dernier, elle est toujours le champ de bataille entre civilisations rivales. Du roi David à Ben Gourion, de la naissance du judaïsme, du christianisme et de l’islam au conflit israélo-palestinien, voici l’histoire de Jérusalem, la cité universelle : trois mille ans de foi et de fanatisme, de conquête et d’occupation, de guerre et de coexistence entre diverses croyances. Simon Sebag Montefiore révèle toutes les facettes de cette cité en perpétuel mouvement. Il raconte les guerres, mais aussi les histoires d’amour et de haine des hommes et des femmes qui ont fait Jérusalem - soldats et prophètes, poètes et rois, paysans et musiciens. Cette biographie unique en son genre fait revivre tous ceux qui ont édifié et détruit la ville, qui ont cru en son destin et qui en ont fait le récit : aussi bien les citoyens ordinaires que les grandes figures historiques, de Salomon, Saladin et Soliman le Magnifique à Cléopâtre, Caligula et Churchill ; d’Abraham à Jésus et Mahomet ; du monde ancien de Jézabel, Nabuchodonosor, Hérode et Néron aux temps modernes du Kaiser, Disraeli, Mark Twain, Raspoutine et Lawrence d’Arabie. Ce livre ambitieux et captivant, qui se fonde sur des archives inédites, regorge d’anecdotes et de détails passionnants. Il montre comment Jérusalem est devenue Jérusalem, la seule cité à la fois céleste et terrestre.

Biographie de l'auteur

Simon Sebag Montefiore est né en 1965 à Londres où il vit actuellement, et a étudié l’histoire à Cambridge. Romancier et historien, il est spécialiste de l’histoire de la Russie. Il a notamment écrit Le Jeune Staline, publié chez Calmann-Lévy en 2008, qui a reçu de nombreux prix. Simon Sebag Montefiore est aussi l’auteur de deux romans, My affair with Stalin (2004) et Sashenka (2010). Ses livres sont traduits dans plus de 35 langues à travers le monde.

 

EN LIBRAIRIE EN OCTOBRE

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 14:14

 

 

 

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, auteur d’une vingtaine d’ouvrages portant sur le judaïsme, sur Israël ou encore sur le racisme, Jean-Pierre Allali vient de publier un nouveau livre dont le sujet est pour le moins original. Il s’agit d’un roman qui nous permet, à travers une intrigue où se mêlent amour, jalousie, crimes et châtiments, de nous faire découvrir une communauté juive méconnue, celle des Juifs de Normandie au Moyen Âge.
 
L’action se déroule à Rodom, qui, plus tard, s’appellera Rodom. Nous sommes en l’an 4909 du calendrier hébraïque, soit en 1149 de l’ère chrétienne. Plusieurs milliers de Juifs vivent à Rodom, représentant près d’un quart de la population de la ville. La communauté dispose d’une belle synagogue dont la tour domine le Clos-aux-Juifs, d’un mikvé et d’une école talmudique réputée, une yeshiva où étudient une cinquantaine de jeunes gens. Parmi eux, Haïm Bar Chelomo, fils d’un modeste cordonnier et son binôme inséparable, Hakelin Bonfils d’Anjou, héritier d’une famille prestigieuse. Au sein de la yeshiva que dirige avec autorité et bienveillance Maître Qalonymos, comme au sein de toute la communauté, à la veille de la célébration de Pessah, c’est l’effervescence. Deux événements sont annoncés, coup sur coup, l’un d’ordre personnel et familial, le prochain mariage de Haïm avec la belle Rachel Lévita, fille d’un riche négociant et l’autre, plus académique, la visite prochaine, à Rodom, d’un grand maître de la Torah, le célèbre Rav Abraham Ibn Ezra, originaire d’Espagne et grand voyageur devant l’Éternel.
 
Cette atmosphère de joie va brusquement être ternie par un drame terrible dont le responsable est un proche parent du duc de Normandie, Adalbert Courteheuse. Dès lors, la tristesse s’empare de la communauté. La tristesse et un désir profond de vengeance. Mais comment concilier la vengeance avec le respect de la Loi de Moïse ? Un groupe de jeunes étudiants talmudistes se constitue en « Vengeurs ». Par delà les péripéties du roman dont l’écriture, alerte, est fort agréable, Jean-Pierre Allali nous donne à voir, au quotidien, la vie juive à Rouen au Moyen Âge. Les ruelles animées, les échoppes, les habitants et leurs préoccupations.
 
C’est dans le sillage des Romains après la chute de Jérusalem, que des esclaves juifs venus de la terre d’Israël ont mis en valeur, au début de l’ère chrétienne le territoire qui allait devenir la Normandie. Ce sont leurs descendants et ceux qui, à travers les siècles, les ont rejoints, qui forment la communauté juive normande à l’époque où se situe l’action de ce roman. On ne le sait pas souvent, mais un « roi » dirigeait cette communauté avec de larges attributions. Le « roi » des Juifs de Normandie, Joseph Bonnevie, s’impliquera fortement dans la recherche de la vérité concernant le drame que va vivre le judaïsme de Rodom. Dans leur enquête, les « Vengeurs » seront amenés à se rendre dans une autre ville, Narbonne et, là aussi, on apprend que la communauté juive est sous l’autorité d’un « roi ». On verra également comment des Juifs normands vont donner naissance à la communauté juive d’Angleterre.
 
Jean-Pierre Allali qui prend la précaution, en préambule, de rappeler que son ouvrage est un roman, mêle des personnages réels à des héros de fiction. Le bâtiment dans lequel est installée la yeshiva que dirige Maître Qalonymos, n’est rien d’autre que la fameuse « Maison Sublime » découverte en 1976 sous la cour du Palais de Justice de Rouen. L’auteur a puisé aux meilleures sources, notamment dans les travaux savants du chercheur américain Norman Golb, les éléments qui composent la trame historique de son récit.
 
Près de cent cinquante ans après, en 1306, il ne restera plus aucun Juif en Normandie ni en France. Tous seront expulsés par Philippe Le Bel. Il faut être reconnaissant à Jean-Pierre Allali, de nous permettre, à travers son beau roman, de découvrir une communauté qui fut nombreuse et dynamique au Moyen-âge, celle des Juifs de Normandie.
 
Jean-Richard Fellus
 
(*) Éditions Glyphe. Septembre 2011. 196 pages. 16 euros.
www.crif.org
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:03

 

Les textes qui nous sont proposés ici sont tirés de discours ou de conférences faits par le rabbin Adin Even-Israël Steinsaltz. Ils ont été collectés et classés par deux des disciples du maître, David Sem’hon et Daniel Beygell. Un parcours original de l’année juive, mois après mois, fête après fête. Il ne faut pas oublier que le mot « chana », s’il désigne, en hébreu, l’année, se rattache au concept essentiel de « répétition ».
 
Parallèlement, il évoque aussi le « changement », la renaissance. C’est en n’oubliant pas cette signification plurielle de « chana » qu’il convient de lire ce livre, depuis « Roch Hachana » jusque « Ticha Bé Av ».
 
« Les fêtes représentent donc autant d’occasions de dresser un bilan spirituel, de procéder à un nouvel examen, réveillant en nous un sentiment de joie, quelquefois de peine, mais nous apportant in fine un supplément de vitalité ».
 
Un guide vivant et érudit.
 
Jean-Pierre Allali
 
Éditions Albin Michel. Traduit de l’hébreu par Michel Allouche. Août 2011. 352 pages. 11, 50 euros
 
Photo : D.R.
www.crif.org
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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 20:01
PICHON.jpgS’appuyant sur un travail de thèse élaboré à partir de récits de vie de diverses formes, publiés ou non, comme de mémoires, d’interviews, de correspondances, etc., Muriel Pichon nous livre un récit et une analyse toute en finesse des comportements du groupe que l’on désigne habituellement comme celui des « israélites français ». Ce retournement du vocabulaire est déjà lourd de sens et l’auteur s’en explique longuement. On comprendra ainsi que loin des a priori, des réactions passionnelles propres à une époque troublée et des polémiques qui ont eu cours ces dernières décennies, Muriel Pichon fait ici œuvre équilibrée d’historien autant que de sociologue. Voici donc enfin l’étude dépassionnée, mais non dépourvue d’empathie et de complexité, qui manquait à l’historiographie des Juifs de la France du XXe siècle. Muriel Pichon emploie elle-même le terme de « mise en forme et en musique », pour caractériser l’adhésion et l’adéquation des Français juifs, de quelque origine géographique qu’ils aient été, eux et leur famille, au modèle original né en France dans la première moitié du XIXe siècle.

* Le livre se clôt sur les interrogations de l’avenir : le franco-israélitisme propose-t-il encore un modèle « à vivre » à ceux qui s’interrogent, dans une conjoncture mondiale totalement rénovée, sur leur identité de Français et de Juifs ?
Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2009, 296 pages, biographie des témoins, sources, bibliographie.
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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 07:45

JOSEPH-MELEZE.jpgAlexandrie pourquoi ? En parodiant le titre célèbre du film de Youssef Chahine (1978), on pourrait demander à l'historien Joseph Mélèze Modrzejewski ce que la vie du judaïsme dans l'Egypte hellénisée de l'Antiquité (331-30 av. J.-C.), dont il est un des plus grands spécialistes, peut avoir à nous dire aujourd'hui. Sans doute la mise au jour d'une tentative originale d'être "moderne", juif et grec à la fois en l'occurrence, en superposant plusieurs identités sans jamais chercher à les fusionner.

Le judaïsme que nous connaissons est celui qu'ont forgé les rabbins du Talmud, entre le IIe siècle avant et le VIe siècle après J.-C. La pluralité des voix qui, dans l'Antiquité, répondirent, avant le rabbinisme talmudique, à la question "Qu'est-ce qu'être juif ?" (Saducéens, hellénisants, judéo-christianisme, Pharisiens, Zélotes) y a été soit gommée, soit travestie en repoussoir. Grâce au livre de Modrzejewski, l'une de ces alternatives revit, dans le cadre de la "mégalopole" d'Alexandrie, comparable, par son éclat et son cosmopolitisme, à l'actuelle New York. Un tiers de la capitale de l'Egypte hellénistique était juive (jusqu'à 180 000 âmes) : elle parlait grec, avait oublié l'hébreu et inventé un judaïsme pré- ou non-rabbinique.

Auteur déjà d'une somme sur Les Juifs d'Egypte de Ramsès II à Hadrien (PUF, 1997), Modrzejewski fait revivre à merveille cet univers occulté en empruntant des chemins de traverse, ceux de l'histoire du droit notamment. Pas question pour autant d'idéaliser ce monde alexandrin. Encore moins de plaider pour une quelconque synthèse censée préfigurer d'autres "osmoses" mythologiques, de l'Andalousie médiévale à l'Allemagne pré-hitlérienne. A Alexandrie, la cohabitation s'achèvera d'ailleurs dans le sang, par la répression impitoyable de la révolte des Juifs de la ville (117 apr. J.-C.).

L'ouverture à la différence n'était du reste guère une qualité grecque. L'une des premières mentions des Juifs dans un texte de l'Antiquité (due à un disciple d'Aristote, Théophraste) qualifie ceux-ci de "philosophes nés" (à cause du monothéisme qu'ils professent). Joseph Mélèze Modrzejewski a découvert une allusion plus ancienne au jugement de Salomon, du vivant de Platon, chez Philiskos de Milet (IVe siècle avant notre ère). Elle montre aussi que les Grecs ne s'intéressent aux autres peuples que dans la mesure où ceux-ci leur ressemblent. Grecs et Romains reprochent aux juifs leur supposé "séparatisme" et leur "athéisme" (le rejet des dieux païens).

L'idéal de la cité grecque

Côté juif, certains milieux seront en revanche tentés par l'hellénisation. Un groupe de prêtres cherche même, aux alentours de 200 av. J.-C., à adapter le peuple d'Israël à l'idéal de la cité grecque. La mémoire de ce courant, assimilationniste avant la lettre, dont les leaders officièrent au Temple sous les noms de Jason et de Ménélas, finit par être honnie. Celle des Maccabées, prêtres rigoristes qui combattent l'hellénisation au cours d'une véritable guerre civile, est encore célébrée chaque année. Difficile donc d'être "juif et grec". Mais les vaincus ont aussi un avenir. Le programme des hellénistes juifs ne sera-t-il pas repris par un certain Paul de Tarse ?


UN PEUPLE DE PHILOSOPHES. AUX ORIGINES DE LA CONDITION JUIVE de Joseph Mélèze Modrzejewski. Fayard, "Les quarante piliers", 462 p., 26 €. Nicolas Weill

www.lemonde.fr

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