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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:47

BARABASH.jpgMoins connu en France qu'Amos Oz, Benny Barbash est lui aussi l'un des fondateurs du mouvement La Paix maintenant. Mais en Israël, tout le monde sait que ses pièces de théâtre, films et séries télé sont très politisés. Et même, admet-il comme à regret de sa voix douce et profonde, ses romans. "La politique s'est infiltrée dans toutes les strates de la société israélienne : que l'on prenne un taxi, boive un café ou célèbre Seder, on discute politique. On ne peut y échapper, ni fuir ces questions : elles vous courent après."

Il n'en va pas autrement de Little Big Bang, un roman drôlement grinçant, à mi-chemin entre la longue nouvelle et la fable politique. Ou comment un père de famille qui commence un régime va devenir la pierre d'achoppement du conflit israélo-palestinien. De fait, le livre s'ouvre ainsi : "Mon père est gros. Ou plutôt, il l'était, jusqu'à ce que des choses étranges lui arrivent, tellement étranges que le lecteur se refusera à croire qu'elles aient effectivement pu se produire. Mais je n'en parlerai que plus tard, le moment venu. Pour l'heure, il ne s'est encore rien passé."

 

Pour Benny Barbash, cette habile manière de maintenir le suspense tout en suggérant sa futilité est moins une technique littéraire que "typique de la façon dont les enfants racontent les histoires : par associations d'idées, digressions, sans notions d'espace ni de temps. Faire d'un enfant mon narrateur m'ouvrait un nombre de portes infini. Par le prisme de son innocence, mon histoire pouvait osciller entre ironie et naïveté, et s'enrichir de nombreuses teintes". De plus, cette "technique" - déjà utilisée dans My First Sony (Zulma, prix Grand Public du Salon du livre 2008) - lui permet d'investir très efficacement (et de décrire, sans filtre ni tabou) plusieurs champs : familial, social, politique.

Soit donc le père d'Assaf - le narrateur, 13 ans à peine. Qui, se trouvant trop gros, se met à tester tous les régimes possibles : comment maigrir en mangeant de tout (dans les quantités voulues mais uniquement entre dix heures et midi), comment perdre cent grammes toutes les six minutes (nouvelle édition du best-seller Comment perdre un kilo par heure), etc., jusqu'à ce que la plus connue des diététiciennes lui conseille... le régime à base d'olives. Neuf jours après qu'il eut manqué s'étouffer avec un noyau, on découvre qu'un minuscule olivier pousse dans son oreille. Comme cette découverte survient au lendemain d'une - trop rare - nuit d'amour, sa femme décide d'abord de l'ignorer et de se rassurer en ouvrant le journal. Et, ma foi, oui, pour Israël, tout semble parfaitement normal : "Grand soleil, chute du cours de la Bourse, deux suspects palestiniens - une fillette de deux ans et un garçon de quatre ans - tués par un jeune Israélien, tireur d'élite chez les parachutistes (...), révélation de quatre affaires de corruption pour des marchés publics (...), peut-être une guerre avec la Syrie pour l'été, et très prochainement la bombe nucléaire aux mains de l'Iran, qui pourra alors anéantir Israël en moins d'une seconde. Ces nouvelles apaisèrent beaucoup Maman, parce que c'était la vie courante."

Explication : "Quand j'étais à l'armée et que je devais annoncer aux familles un événement tragique, certaines s'écroulaient, mais d'autres ouvraient leur frigidaire, se faisaient un café - une manière de se raccrocher à la vie, à la normalité, et de repousser le moment où il faudrait faire face." Dramatique ? "C'est malheureusement la réalité. Israël vit sous une menace permanente."

 

Ainsi, après moult tentatives de traitement (car, "même lorsque les médecins ignorent l'origine d'une maladie ou comment la soigner, ils s'entêtent à essayer sur le malade une panoplie de soins, selon la théorie qui veut que si l'on tire tous azimuts en pleine nuit, il se trouvera toujours une balle pour faire mouche"), le père va consulter un cultivateur dans les territoires palestiniens. Qui lui conseille - rien de moins - d'apprendre à connaître et à vivre avec cet "arbre têtu". Il n'aura de toute façon pas le choix puisque l'olivier finit par prendre racine. S'ensuivent des discussions enflammées sur le lien éternel qui unirait le peuple à sa terre.

Enflammées, et sans fin. En effet, Benny Barbash a pris le parti de ne pas en donner car, écrit-il, "depuis, on s'est habitué à vivre avec, l'intérêt diminue et si, malgré tout, il devait se produire quelque chose d'extraordinaire, vous le verrez à la télévision". Quand on lui fait remarquer que, bizarrement, cette non-fin est beaucoup plus dure et insupportable que celle, pourtant tragique (Yotam découvre son père pendu), de My First Sony, Benny Barbash ne peut réprimer un doux et triste sourire : "C'est aussi ce que pense ma mère. Je voulais trouver une histoire où la fin reflétait la situation sans issue du conflit israélo-palestinien. A bien des égards et pour bien des raisons, l'avenir est totalement bouché."

 

Profonde analyse de la société israélienne contemporaine, Little Big Bang est également une fantastique fresque familiale, dévoilant les tensions et les douleurs encore vives qui hantent cette génération post-Shoah, tiraillée entre passé et présent. Pour Benny Barbash, la mémoire est un "couteau à double tranchant : nécessaire pour se construire une identité, mais ennemie du progrès et du changement". Mais c'est aussi une réflexion sur l'écriture et la parole : "Pour qu'un cri ou un son existe, il faut une oreille pour les entendre, une voix que personne n'entendrait n'existe tout simplement pas", pouvait-on lire dans le décidément formidable My First Sony.

Alors Benny Barbash écrit, préférant, malgré cette histoire à l'apparence loufoque, les explications logiques car, "avec les miracles, on ouvre la porte à trop de fantômes et de fantasmes". Il ne peut néanmoins s'empêcher de rêver : "Si tous les Israéliens apprenaient l'arabe, ce serait un grand pas. Je reviens de Chine où s'est installé, pour un temps, un de mes fils. Pour moi qui ne comprends pas la langue, c'est une masse compacte de visages, tous identiques et un peu effrayants. Mais il a suffi que mon fils s'exprime dans leur langue pour que les visages s'ouvrent. Pour que la masse compacte devienne plus humaine. Pour que, soudain, il soit au moins possible de parler."


LITTLE BIG BANG de Benny Barbash. Traduit de l'hébreu par Dominique Rotermund. Zulma, 192 p., 18 €. Emilie Grangeray

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:22
Editions Alphée
 
Pour la première fois, un ouvrage raconte la vraie histoire de Benjamin Netanyahou; l'homme qui dirige aujourd'hui l'Etat d'Israël et sur qui repose le sort de la paix au Proche-Orient.
La vie de Benjamin Netanyahou est passionnante et sa carrière est passée comme un météore. Il représente un véritable phénomène dans la politique israélienne. Officier dans une unité de commandos, il participe à des opérations spectaculaires. La mort de son frère dans le raid d'Entebbe le plonge dans le deuil et bouleversera toute sa carrière. 
Benjamin Netanyahou, tranche avec tous ces prédécesseurs. A l'âge de 34 ans, il est déjà ambassadeur aux Nations-Unies. 
Fils d'historien et né un an après la création de l'Etat juif, Netanyahou a vécu sa tendre jeunesse aux Etats-Unis. Elle marquera de son empreinte toutes ses décisions. Sa conduite, sa vie familiale, ses idées politiques et économiques seront prises chez les Américains. Marié trois fois, l'Etat spectacle et le star-system seront toujours omniprésents.
Dans cette enquête approfondie, il brosse un portrait biographique fidèle du Premier ministre israélien. Il analyse son caractère, ses multiples facettes, son enfance, sa jeunesse, sa vie familiale, ses histoires d'alcôves, ses actions politiques, ses triomphes, ses échecs. Tout passe au crible. Dans un style romancé, très documenté, fourmillant de révélations et d'anecdotes inédites, cette première biographie exclusive offre un éclairage nouveau sur l'homme qui est aujourd'hui sur la sellette dans l'arène internationale. Une vraie radioscopie pour comprendre l'actualité brûlante et le monde qui va.


Freddy Eytan est ancien ambassadeur, journaliste et politologue. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont des biographies de Shimon Pérès et d'Ariel Sharon.
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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 11:35

 

Video édifiante d’une action – commando de boycott au Salon du Livre de Bruxelles, menée par les militants propalestiniens et diffusée sur le site neonazi CAPJPO-Europalestine. Une poignée de défenseurs d’Israel se sont courageusement opposés aux neo-Nazis papalestiniens. Notez que le stand israélien porte le même nom que mon blog! P.I.L

 

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5915

 

http://www.youtube.com/watch?v=MJncQ7toX9s&feature=player_embedded

 

Action de nos amis belges, ce vendredi, devant le stand Israël, à la foire du Livre de Bruxelles.

CAPJPO-EuroPalestine

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 09:39

Presentation de l'editeur (Allia)

yerushalmi serviteur“La conclusion la plus importante qui puisse se tirer de notre survol historique de ce que j’appelle “l’Alliance royale” est que rien, dans l’expérience historique des Juifs, ne les avait préparés intellectuellement ni psychologiquement à ce qui s’abattit sur eux de 1940 à 1945. Les gouvernants s’étaient révélés capables d’opprimer les Juifs de manières diverses, mais jamais la destruction n’avait été décidée d’en haut. L’Antiquité et le Moyen Âge en témoignent avec force. Il en allait de même à l’époque moderne et contemporaine, jusqu’à l’avènement du nazisme.”
Serviteurs des rois et non serviteurs des serviteurs expose de manière claire et concise l'histoire politique des Juifs. L'auteur prospecte les épisodes importants de cette histoire : les époques hellénistique, romaine, chrétienne et marrane. Mais il se penche également sur la période d'assimilation des Juifs en Europe, entre le XVIe et le XXe siècle. Bien entendu, il ne manque pas d'évoquer l'abomination de la Shoah. Il rend en outre compte de la tendance itérative du peuple juif de la diaspora à créer des alliances avec les hauts rangs de la souveraineté. En n'omettant pas, bien sûr, son contrecoup sur l'histoire juive. Ce faisant, il offre une nouvelle approche du judaïsme, permet une compré­hension par l’Histoire des tribulations de ce peuple ancien.
Traduit de l'anglais par Éric Vigne.
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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 19:39

 

rosnay_livre.5e5df114400.original.jpgVous avez la naïveté de croire que vous pourrez échapper à Rose ? Grave erreur ! Rose, c'est le titre du nouveau roman de Tatiana de Rosnay, lancé prochainement par les éditions Héloïse d'Ormesson, et c'est le prénom de son héroïne : une femme du Second Empire, en lutte contre la destruction du Vieux Paris par les sbires du baron Haussmann.

 

Difficile pour les libraires ou les critiques d'ignorer la sortie de ce best-seller annoncé. Son plan média et marketing figure au dos des "épreuves" (la version quasi définitive du texte, envoyée en amont à la presse pour qu'elle puisse en parler dès sa sortie).

 

Le journaliste, donc, sait tout du lancement de Rose.

Dans cette optique, passer à côté de l'événement revient soit à friser la faute professionnelle, soit à se montrer volontairement obtus. Impossible en effet de ne pas savoir que le nouveau roman de l'auteur d'Elle s'appelait Sarah et de Boomerang va bénéficier d'une campagne radio et d'affichage, de publicité dans la presse, de marque-pages, d'affiches, et que son premier tirage a été fixé à 70 000 exemplaires. "Cela peut apparaître comme un peu tapageur, mais il s'agit du lancement le plus important pour la maison que je dirige depuis sa création", justifie Héloïse d'Ormesson. De fait, la méthode est originale, même si elle s'inspire directement des pratiques américaines. Outre-Atlantique, certains éditeurs ont déjà ajouté, dans les épreuves fournies aux journalistes, le plan de communication de l'ouvrage, mais pas de manière aussi voyante.

 

 

Toujours dans la même veine, un site Internet consacré au livre est annoncé : tatianaderosnay-rose.com (qui n'est pas encore ouvert) ainsi qu'une "synergie" avec le Livre de poche, qui publie Le Voisin, le précédent ouvrage de Tatiana de Rosnay, avec renvoi à Rose. Tout semble par conséquent en place pour obtenir l'impact maximum auprès des fans de la romancière, dont il est aussi rappelé au passage qu'elle est "l'auteur français le plus lu en Europe et aux Etats-Unis en 2010", selon The Bookseller. Bref, si le chaland passe à côté de Rose, c'est qu'il est vraiment dans les choux.

Audacieuse, la stratégie adoptée par les éditions Héloïse d'Ormesson anticipe sur un succès forcément aléatoire. Alors que le livre n'est pas encore en librairie, il est d'ores et déjà présenté comme un best-seller. Comme avant le démarrage d'une fusée, tous les feux sont au rouge vif, couleur de la rose qui ornera au final la couverture de l'ouvrage. Héloïse d'Ormesson assume "cette démarche volontariste" et espère franchir le cap des 100 000 exemplaires vendus en France, pays où Tatiana de Rosnay a, pour l'instant, moins de succès en grand format qu'aux Pays-Bas, en Allemagne ou aux Etats-Unis. "Il est important pour nous que Tatiana de Rosnay ne soit pas reconnue comme l'auteur d'un seul livre", ajoute l'éditrice.

 

Au Salon du livre de Paris, qui se tient du 18 au 21 mars, les éditions Héloïse d'Ormesson ont loué un stand pour la première fois. Cet espace servira à tester, en direct, le succès de Rose. Chaque année, on assiste en effet à un duel de dames pour le record de dédicaces entre Amélie Nothomb, affublée de son chapeau pointu, Anna Gavalda ou Katherine Pancol. L'événement dira si Tatiana de Rosnay parvient, cette fois, à déclencher une guerre des roses.

Alain Beuve-Méry

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 17:40

SABRE-CORAN.jpgPrésentation de l'éditeur

L'islam retournera en Europe en conquérant et en vainqueur, après en avoir été expulsé deux fois... Je soutiens que cette fois la conquête ne se fera pas par l'épée mais par la prédication et l'idéologie. Cette prophétie a été faite par le cheikh Youssouf Qaradawi, qui préside le Conseil européen pour la fatwa et la recherche et entretient des relations étroites avec l'UOIF (Union des organisations islamiques de France). Un de ses plus brillants disciples n'est autre que Tariq Ramadan. Quels sont les instruments de cette volonté de conquête ? De quels réseaux de soutiens les islamistes disposent-ils au cœur de la société française et de ses lieux de pouvoir ? Ce livre répond à ces questions et à de nombreuses autres, en nous faisant découvrir les racines historiques et idéologiques de l'islamisme contemporain. Il retrace l'histoire des Frères musulmans et analyse la stratégie des islamistes en général, et celle de Tariq Ramadan en particulier. Paul Landau rejette la distinction souvent faite entre jihadistes disciples de Ben Laden et " islamistes modérés " (Qaradawi, Ramadan). La principale différence entre Ben Laden d'une part, Qaradawi et Tariq Ramadan d'autre part, réside en effet dans la stratégie : le premier a choisi le sabre, c'est-à-dire le jihad, alors que les derniers préfèrent le Coran, c'est-à-dire la propagande et la prédication. Mais ils partagent le même objectif : la conquête de l'Europe et l'instauration d'un État islamique sur toute la surface de la terre.

Biographie de l'auteur

Paul Landau, chercheur spécialiste de l'islamisme, est l'auteur de nombreux articles, et d'un rapport remarqué sur l'UOIF (rendu public par le centre Simon- Wiesenthal).

Table des matières

HISTOIRE ET IDEOLOGIE DES FRERES MUSULMANS
Les Frères musulmans de 1928 à 1945
Sayyid Qutb : écrivain, idéologue et martyr
Said Ramadan et l'implantation des Frères musulmans en Europe
LES RESEAUX DE TARIQ RAMADAN
Les réseaux islamistes de Tariq Ramadan
Tariq Ramadan à Leicester
Les alliés chrétiens de Tariq Ramadan
Tariq Ramadan altermondialiste ?
DISCOURS ET STRATEGIES
Le discours de Tariq Ramadan
Tariq Ramadan contre les " intellectuels communautaires "
Le voile islamiste à l'assaut de la laïcité française
L'Oumma islamiste entre représentation imaginaire et puissance politique
L'islamisme à la conquête de l'Europe


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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 11:05

http://un-echo-israel.net/Les-resistances-juives-en-France

 

resistances juivesPrésentation de l’éditeur

 Né en 1910, Georges Loinger a traversé le XXe siècle. Grande figure de la résistance juive, il témoigne de la réalité de l’engagement des Juifs contre l’occupant et le gouvernement de Vichy. Grâce à son exceptionnelle mémoire, il retrace l’histoire des réseaux juifs de sauvetage et rend hommage aux Justes, reconnus ou anonymes ; sans leur aide, dispensée sur l’ensemble du territoire, les arrestations et les déportations auraient été beaucoup plus nombreuses.

 

Biographie de l’auteur

Né en 1910 dans une famille juive de Strasbourg, Georges Loinger grandit dans une Alsace qui est allemande jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Après des études d’ingénieur, il se rend à Paris pour devenir professeur d’éducation physique et sportive. C’est le docteur Joseph Weill qui l’a convaincu de la nécessité d’aguerrir la jeunesse juive afin de la préparer à la lutte pour la survie du peuple juif déjà persécuté outre-Rhin par les nazis. Parallèlement, son épouse, Flore, prend en 1937 la responsabilité d’un home d’orphelins juifs réfugiés d’Allemagne, au château de la Guette, où la baronne de Rothschild les accueille. Mobilisé en 1939, Georges Loinger rejoint le 172e régiment d’infanterie de Strasbourg. Prisonnier de guerre, il est interné en Bavière au Stalag 7A d’où il s’évade en 1941 pour rejoindre sa femme en France occupée : c’est ainsi qu’il traverse l’Allemagne nazie en échappant à de nombreux contrôles. Il rejoint alors la Résistance nationale ; envoyé par le réseau Bourgogne à Megève, à l’école de formation des chefs des Compagnons de France, il obtient des papiers officiels qui lui permettent de se déplacer à travers la France. Historienne, spécialiste de la Résistance juive, notamment du sauvetage des enfants, Sabine Zeitoun a dirigé le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon, de 1990 à 2001.

Georges Loinger

Broché : 270 pages
Editeur : Albin Michel (24 novembre 2010)
Collection : BEAUX LIVRES
Langue : Français
ISBN-10 : 2226181865
ISBN-13 : 978-2226181862

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 11:21

 

C'est son dix-huitième livre. Mais c'est aussi le premier d'entre eux, l'essentiel, qui rassemble les fils dispersés en un paysage unique. Depuis son ouvrage inaugural, Le Récit de la disparue. Essai sur l'identité juive (Gallimard, 1977), on savait Shmuel Trigano philosophe. Sans cesser de l'être, il est apparu aussi sous le visage d'un professeur de sociologie à l'université Paris-X. Ce sociologue hyperactif fonde, en 2000, l'Observatoire du monde juif, s'engage dans plusieurs polémiques, crée en 2006 la revue Controverses, qui porte bien son titre.

Longtemps, il eut l'impression de mener une double vie, comme les marins, un amour dans chaque port. C'est fini. Car ce millier de pages réunit ses divers chemins de pensée. "Au bout de quarante ans de cheminement, il arrive qu'on se retourne et qu'on comprenne le chemin qu'on a suivi. J'ai eu la chance extraordinaire de vivre un moment de ce type-là", dit-il.

Schématiquement, le sociologue s'est demandé, en parlant comme Max Weber : un "idéal-type" du judaïsme est-il pensable ? Le philosophe a répondu en proposant une théorie générale, un modèle capable de rendre compte de tous les aspects du judaïsme - des plus intérieurs aux plus externes, des plus classiques aux plus hétérodoxes. La construction de ce modèle ouvert fait se rejoindre métaphysique et histoire, ontologie et politique.

 

Retour au texte

Tout a commencé, paradoxalement, par saint Paul. "Quelle logique interne au système pouvait expliquer qu'on en sorte tout en s'inscrivant, d'une certaine manière, dans son sillage ? J'ai commencé à poser cette question en travaillant à un livre publié en 2003, L'E(xc)lu. Entre Juifs et chrétiens. Je me suis aperçu en chemin qu'un certain nombre de juifs "non juifs" - qui le sont pourtant tout en affirmant qu'ils se déjudaïsent - tels que Paul, Spinoza, Freud, Marx - présentaient des parallélismes frappants dans des registres intellectuels totalement différents. Cela m'a conduit à aborder le judaïsme du dehors de lui-même, à rendre possible une perspective qui rende compte de son éthique et de son ethos, à en élaborer un idéal-type plus vaste que toutes les formes effectivement réalisées dans l'histoire, et si possible en mesure de les englober toutes."

A partir de là, retour au texte biblique, immersion dans l'hébreu. Exploration d'un autre paysage, un lieu métaphysique de l'être juif, qui se déploie dans un mouvement de dédoublement. Alors qu'on croit le monothéisme régi avant tout par un principe d'unité, Shmuel Trigano fait voir au coeur du judaïsme le jeu permanent d'une dualité. Elle intervient entre les deux sexes, mais aussi, dans le texte biblique, entre deux Eden, deux langues, deux rituels, deux Torah, deux noms de Dieu, deux royaumes d'Israël... Mais cette dualité n'équivaut jamais à un dualisme qui mettrait face à face des éléments depuis toujours séparés et distincts.

 

Shmuel-TRIGANO.JPG

(PHOTO P.I.LURCAT)

 

Tout se joue, au contraire, dans une perpétuelle déhiscence interne, une séparation d'avec soi-même dont la création du monde fournit le premier modèle. "En hébreu, Dieu se nomme "l'être". Il est tout l'être et cependant un monde apparaît : voilà le premier paradoxe que s'efforce d'explorer la pensée juive. Le surgissement de l'homme implique que Dieu s'absente de son propre monde, "se retire". C'est autour de sa place vacante, de ce vide dont la figure féminine est la quintessence, que se constitue l'existence. Il en découle une autre idée fondamentale, celle d'un inachèvement du monde, qui fait corps avec ce processus originaire : il s'agit toujours de savoir comment le "second être" adviendra - que ce soit l'homme par rapport à Dieu, la femme par rapport à l'homme, Israël par rapport aux nations, les Lévites par rapport à Israël, etc."

Ce qui compte : maintenir l'inachèvement, garant du souvenir et de la source de l'origine, laisser l'histoire ouverte, toujours à poursuivre vers la naissance d'une humanité encore embryonnaire. "L'unité plane, mais elle ne se pose jamais. Elle siège toujours entre les deux visages de l'être, ne se réalise pas - ce qui est une autre façon de parler d'alliance, car il est impérieux, pour qu'elle existe, que les deux partenaires ne fusionnent pas."

 

Termes grecs

Passant de la métaphysique à l'histoire, le philosophe-sociologue repère dans l'histoire du peuple juif la présence constante d'une altérité au dedans : "Le peuple qui porte ce paysage de l'être est accompagné, à travers l'histoire, d'un autre intérieur. L'autre transcendant, bien sûr, mais aussi immanent. Depuis les temps bibliques, on peut repérer cette réalité structurelle permanente, présente sous toutes sortes de formes conflictuelles ou problématiques : au sein d'Israël (dissociation des Lévites et des tribus), mais aussi entre tout Israël et un autre qui est toujours là, le Samaritain, le Cananéen, le Philistin, aujourd'hui le Palestinien."

Parmi toutes les questions à poser, en choisir une, laissant l'histoire inachevée. Les matériaux de ce livre sont presque tous hébraïques, les exemples et les notions sont empruntés à la Torah. Pourtant, des termes en provenance du grec - éthique, ethos, ethnos, ethnikos - structurent la progression des analyses. Pourquoi n'avoir pas cherché les équivalents hébreux ? "Le jeu sur cette racine grecque m'a séduit ! Il n'existe pas en hébreu. En fait, cette dualité du grec et de l'hébreu exprime exactement mon projet : voir le judaïsme du dedans et du dehors à la fois. Le projet de description est "grec", l'être à décrire est hébraïque."

Roger-Pol Droit


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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 20:22

PRESENTATION DE L'EDITEUR (SEUIL)

Couverture de l'ouvrage : Niloufar - Ron Leshem

Niloufar

Ron Leshem

Littérature étrangère

Date de publication : 10/02/2011

EAN13 : 9782021026665

 

Kami, jeune provincial venu étudier à l'université de Téhéran, loge chez sa tante, Zahra, ex-vedette de cinéma censurée par le régime islamique. Dans le microcosme de l'immeuble se croisent et se protègent Babak, l'homosexuel qui un jour disparaîtra sans laisser de traces, Madame Safoureh, qui s’invente un passé prestigieux et se refugiera au Japon. Loin des regards malveillants, l'ordinateur de Kami et Internet leur ouvrent les portes du vaste monde, plus beau, riche de toutes les possibilités interdites. Un monde virtuel dans une vie de ténèbres.

À la fac, Kami rencontre Niloufar Khalidian, fille de la grande bourgeoisie, féministe engagée et première femme pilote de course. Elle entraîne le jeune homme dans les méandres souterrains de Téhéran : drogue, alcool, abandon du voile, livres interdits. Mais ne va-t-elle pas trop loin en défiant la norme religieuse ?

En décrivant les Iraniens aux prises avec leur quotidien, Ron Leshem établit un parallèle audacieux entre leur désarroi et celui de la jeunesse israélienne. Il nous livre un roman puissant, sincère, attachant.

 

Traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche



Ron Leshem, né en Israel en 1976, journaliste, a été rédacteur en chef au Yediot Aharonot et à Maariv, directeur adjoint des programmes de télévision de Channel 2. Son premier roman, Beaufort (prix Sapir), a été adapté à l’écran par Joseph Cedar (Ours d’argent au festival de Berlin).



Jean-Luc Allouche est journaliste, ancien rédacteur en chef et correspondant à Jérusalem de Libération, traducteur de l'hébreu et de l'anglais, auteur et enseignant.

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 16:56

Alexandre-Jardin.jpgPrésentation de l'éditeur (Grasset)

"Tandis que mon père s'endort peu à peu contre moi, je lui parle une dernière fois :
Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera...
Tu feras un livre, Le nain jaune, pour le camoufler.
Au même âge que toi, j'en ferai un, Des gens très bien, pour l'exposer.
Et je vivrai la dernière partie de ta vie... La mienne.
Dors mon petit papa, dors...

Ce livre aurait pu s'appeler "fini de rire".
C'est le carnet de bord de ma lente lucidité."

A. J.

C’est un livre tout à fait inattendu dans l’œuvre de l’auteur de Fanfan et du Roman des Jardin. Pour la première fois, en effet, un « Jardin » décide de retrousser les légendes qui, jusque-là et avec sa propre complicité, ont embelli l’histoire de sa famille, et de se pencher sur la face sombre de celui qu’on appelait « le Nain Jaune », c’est-à-dire son grand-père, Jean Jardin.
Rappelons que celui-ci fut le directeur de Cabinet de Pierre Laval de mai 1942 à octobre 1943 ; autant dire que lors la rafle du Vél d’Hiv – à la mi-juillet 1942 – le Nain Jaune était bien au cœur du pouvoir collaborateur.
Dans Des gens très bien, Alexandre Jardin raconte son odyssée intime depuis l’âge de dix-sept ans, où il a commencé à comprendre ce que signifiaient les responsabilités glaçantes de son grand-père, tues par sa famille – avant de s’interroger sur les chemins qui conduisent quelqu’un de bien à participer à l’horreur ; et à l’assumer sans jamais se renier.
Derrière le rire d’Alexandre, il y avait donc ce secret terrible, étrangement exhibé par son père Pascal pour qu’il ne soit pas vu.
Ce voyage chez ces « gens très bien » passe par des souvenirs, des saynètes difficiles : c’est une confession grave.

Biographie de l'auteur

Alexandre Jardin a déjà publié une douzaine de romans. Il a obtenu le prix Femina pour Le Zèbre (1988).

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