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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 06:53
NOUVEAUTE - Le Ghetto de Wilno, 1941-1944, d'Avrom Sutzkever

Le 27 février 1945, Avrom Sutzkever témoignait devant le tribunal de Nuremberg des atrocités commises par les nazis dans le ghetto de Wilno. Son témoignage, capital, entrera dans l’histoire, tant la parole des victimes fut rare lors du procès.
C’est dire l'importance que revêt le récit qu’il a laissé de sa vie quotidienne entre 1941 et 1944. Jeune poète, il décrit dans ce texte l’horreur et la mort comme faisant partie de l’ordinaire, avec la volonté de restituer la sincérité du témoin tout en gardant le recul d’un observateur neutre. Avrom Sutzkever donne notamment à voir les tentatives désespérées d’une poignée de résistants pour sauvegarder les trésors de la Jérusalem de Lituanie tandis que subsiste au sein du ghetto une vie culturelle foisonnante mais clandestine, ultime rempart devant la barbarie.
Chef-d’œuvre oublié de la littérature yiddish et document historique de première importance, Le Ghetto de Wilno mêle une écriture de l’immédiateté, guidée par l’urgence de raconter, à l’évocation sensible et dramatique d’un
monde plongé dans l’abîme.

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 21:29
EN LIBRAIRIE - L'état à l'étoile jaune de Guy Millière

Faut-il y revenir encore ? Bien sûr qu' il le faut ! Les calomnies, les falsifications, les distorsions et les diffamations ne cessent pas. L'histoire est remplacée par la propagande. L'information se trouve submergée sous le flot incessant de la désinformation. Tout se passe comme si un consentement au crime se trouvait installé dans les têtes. Je parlerai ici d'Israël, mais en en parlant, je parlerai de bien davantage. La situation actuelle au Proche-Orient dépasse de beaucoup le Proche-Orient. Elle est une ligne de fracture et de séparation. Civilisation ou barbarie. Démocratie ou totalitarisme. Amour de l'accomplissement ou ressentiment criminel. Il y a sept décennies, on avait cousu sur les vêtements des Juifs d'Europe une étoile jaune qui les désignait à la vindicte et à l'ostracisme. Un peu plus tard, les conséquences de la vindicte et de l'ostracisme sont venues. La trajectoire dessinée s'est achevée à Auschwitz. Aujourd'hui, nul ne coud plus d'étoile sur les vêtements des Juifs où que ce soit sur terre, mais une étoile jaune plus immense s'est dessinée qui vient surplomber un pays et un peuple. La vindicte et l'ostracisme s'installent. Les conséquences s'esquissent, inquiétantes et maléfiques. Nulle trajectoire ne mène vers Auschwitz, mais ceux qui veulent détruire Israël et, de fait, anéantir le peuple juif ont aujourd'hui d'autres moyens que les chambres à gaz, les fours crématoires et le Zyklon B. Il y a sept décennies, nombre de braves gens en Europe ont consenti, et se sont faits complices. Quelques-uns, trop rares, se sont dressés et ont dénoncé l'ignominie. Aujourd'hui, un consentement se dessine à nouveau. Une complicité. Ceux qui se dressent sont rares, bien trop rares. L'ignominie avance. Savez-vous, disais-je, de quel côté vous vous situez ? Il est des moments où ne pas choisir est une forme de choix.

Biographie de l'auteur

Guy Millière, économiste, géopolitologue, professeur d'université, ancien président de l'Institut Turgot, Senior Advisor au Gatestone Institute, est l'auteur de nombreux livres dont Ce que veut Bush (La Martinière), L Amérique et le monde après Bush (Cheminements), Michael Moore au-delà du miroir (Le Rocher), La résistible ascension de Barack Obama (Cheminements). Il a traduit, préfacé et annoté les Ecrits personnels de Ronald Reagan (Le Rocher). C'est son deuxième livre aux éditions Tatamis, après Le Désastre Obama en 201

EDITIONS TATAMIS

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 07:16
EN LIBRAIRIE - De notre envoyé spécial à Jérusalem. Au coeur de la Palestine des années vingt.

De Haan quitte sa Hollande natale en 1919 pour s’installer à Jérusalem. Correspondant d'un quotidien amstellodamois, il a laissé derrière lui près de 400 reportages rédigés sous forme de feuilletons qui constituent une chronique fascinante de la vie palestinienne au cours des années 1919-1924 (année où il est abattu, en pleine rue).

Des reportages passionnants qui restituent admirablement le climat et l’ambiance de l’époque, et qui sont à mettre dans la lignée de ceux de Joseph Kessel ou d'Albert Londres.

  • Un ouvrage important pour tout qui s'intéresse à la genèse du contentieux israélo-palestinien.
  • Ces chroniques tiennent tout à la fois de l’article de presse et du journal intime. Elles restituent admirablement le climat et l’ambiance de l’époque.

Edition établie et présentée par Nathan Weinstock.

http://www.andreversailleediteur.com/

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:50

economie-bible-livre.jpgVoici un livre original qui explore avec bonheur un sujet peu connu et peu exploité, celui de la façon dont les textes bibliques appréhendent l’économie et, au-delà, les sujets de société qui interpellent le monde du vingt-et-unième siècle comme l’écologie.

 

Pour l’auteur, économiste et directeur au ministère israélien du Trésor, il s’agit de faire découvrir « une éthique juive de l’homme dans le monde économique ».

Dans sa démonstration, Richard Sitbon fait appel aux économistes d’hier et d’aujourd’hui, de Max Weber à Jean-Yves Naudet en passant par John Stuart Mill, Werner Sombart, Adam Smith, John M. Keynes, David Ricardo, Joseph Stiglitz, Amartya Sen et bien d’autres encore.

À Max Weber qui considérait que le protestantisme avait ouvert la voie à la modernité économique, Richard Sitbon rétorque que le judaïsme, des siècles avant lui, avait posé les jalons de concepts qui s’épanouissent de nos jours.

L’auteur explore le texte biblique et le Talmud dans les moindres recoins. Il n’hésite pas à dénicher dans le traité « Kiddoushin », pourtant consacré essentiellement au mariage, les preuves de l’apport juif aux questions économiques et nous explique que « le judaïsme réintègre dans la valeur d’échange des marchandises un nouvel élément, qui pourrait par sa seule force annihiler toute valeur à certaines marchandises ou influencer le prix du marché. Cet élément est l’expression de la totalité sociale, ou le retour dans la société marchande du rapport des hommes entre eux, et non plus seulement du rapport des hommes aux objets ».

 

Parmi les sujets abordés : l’argent, l’intérêt ou encore la concurrence. Entre le capitalisme forcené qui a montré ses limites avec la crise des « subprimes » et ses conséquences et le communisme qui est complètement discrédité, le judaïsme propose le solidarisme, un concept biblique qui place l’homme au centre des préoccupations et qui fut réintroduit par Léon Victor Bourgeois (1851-1925), prix Nobel de la Paix et que Richard Sitbon décèle, par ailleurs, dans les projets politiques de Theodor Herzl et Zeev Jabotinsky dont il analyse finement les écrits.

 

Pour ce qui est de l’écologie, Sitbon affirme notamment que « sans tomber dans une idéologie de l’écologie qui ferait de la nature et de sa préservation une priorité, le Talmud va pourtant, à travers une politique d’aménagement du territoire, poser pour la première fois le problème du développement durable ». Des pages très intéressantes sont consacrées au Shabbat, à la notion de « pea » qui impose au propriétaire d’un champ de conserver une partie du terrain et de sa production pour les pauvres, au « yovel » ou jubilé moratoire et à la « shemita » ou année sabbatique.

Chaque chapitre est assorti de « Repères » qui sont autant de résumés très utiles et l’ouvrage est enrichi de bibliographies synthétiques de personnages importants cités dans le texte.

À la lecture de cette étude, on est convaincu que « le rôle du judaïsme sera de construire une éthique dans un monde économique d’impulsions ». Très intéressant.

 

Jean-Pierre Allali

Source : CRIF

(*) Éditions Eyrolles. Mars 2013. Préface de Josy Eisenberg. 240 pages. 14 euros.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 20:07

 

jabotinski1903.jpgAu lieu d’entrer par une porte entrebâillée, je préfère frapper ou marteler jusqu’à ce qu’elle s’ouvre en grand. C’est très mal, je le sais, mais c’est ainsi. Ka’ha, c’est ainsi : un mot hébreu qui coupe court à tout louvoiement… Vladimir Zeev Jabotinsky  n’est ni un homme oblique, ni un homme résigné. Son « c’est ainsi » est avant tout une réponse audacieuse tant à la victoire qu’à l’adversité « car toutes deux sont trompeuses ».  Nous accueillons la traduction de son autobiographie avec une joie non dissimulée tant elle nous manquait et plus encore aux rayons des libraires hexagonaux riches d’ouvrages scandaleux sur le sionisme, « cette insulte ». (1)

 
« Si je veux vivre, je dois renaître ; je suis âgé de trente-quatre ans, ma jeunesse et la moitié de mon âge mûr sont déjà passés depuis longtemps, et je les ai tous deux gaspillés. Je ne sais pas ce que j’aurais fait, si le monde entier ne s’était pas renversé et ne m’avait projeté sur des chemins que je n’avais pas imaginés : peut-être serais-je monté en Eretz-Israël, peut-être aurais-je fui à Rome, peut-être aurais-je créé un parti, mais cet été là éclata la guerre mondiale».
 

 

Deux éléments cardinaux dans cette citation de Zeev Jabotinsky replacent l’histoire au cœur de l’action politique : la volonté et la force irrésistible des évènements.
 
La volonté en premier chef ; « Si je veux vivre, je dois renaître » définition intime et lapidaire de ce qu’est le cœur du sionisme, c'est-à-dire une renaissance qui le différencie radicalement de l’assimilation par l’acquisition des droits nationaux, préalable pourtant nécessaire à l’invention d’une nation. C’est ce fossé que Delcassé (2) ne parvenait pas à combler par l’intelligence de la raison lorsqu’il répondit agacé à la question de Jabotinsky sur l’influence favorable que la France pourrait exercer en faveur de « l’idée sioniste » : « Est-ce que tout ce qu’a fait la France pour les Israélites n’est pas suffisant ? ». Au-delà du non étouffé contenu dans cette réponse se dessine au scalpel la ligne de démarcation entre l’émancipation et le projet national.La force irrésistible des évènements ensuite, celle de la Première Guerre mondiale en particulier. Nous le comprenons aux dates : la guerre  encadre la vie sioniste du jeune journaliste russe au talent littéraire prometteur ; la renaissance de Jabotinsky eut lieu dans les premiers jours du conflit de 1914-1918 et la mort le prit par surprise en 1940, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah.

Jabotinsky_gallery2_big.jpg

En temps de guerre tout est possible, tant l’équilibre géopolitique du monde est renversé.  Dès 1915, affaiblir la puissance ottomane en Eretz-Israël au profit de la Grande-Bretagne fut l’obsession du jeune sioniste. Il était prêt pour cela à organiser un régiment juif qu’il nommait déjà la Légion juive. La Couronne britannique se prit d’intérêt pour cette proposition insolite, affréta le régiment juif au ravitaillement et mit à disposition du bataillon des 600 combattants des mules... Des bourriques ! C’en était trop pour « Altalena » (nom de plume de Zeev Jabotinsky) dont le premier réflexe fut de refuser la proposition britannique… C’était assez pour Joseph Trumpeldor qui l’accepta. Joseph Trumpeldor, le héros de Tel Haï, premier officier juif de l’armée russe, ancien combattant de Port Arthur où il perdit un bras, a conduit dans les Dardanelles le corps des muletiers (le Zion Mule Corps) qui s’illustra tant par son courage que par ses pertes. Le cœur de la pensée de Jabotinsky, son originalité à la portée révolutionnaire est d’avoir compris avant ses contemporains, dont David Ben Gourion, la nécessité absolue de donner au sionisme une dimension militaire afin de pouvoir prétendre exister dans le concert des nations.
 
L’embryon d’une armée juive est né dans son esprit alors qu’il était à Bordeaux, où le gouvernement français s’était établi en raison de la guerre et  prit forme à Alexandrie, où le bataillon se forma dans un camp de réfugiés juifs expulsés d’Eretz-Israël par les Ottomans car ressortissants de pays  membres de la Triple Entente.
 
Jabotinsky,_wife_and_son.jpegTrop d’encre a coulé pour salir de son vivant et outre-tombe cet homme qu’on a aimé détester. Zeev Jabotinsky, raillé, hué, nié, haï car admiré en secret comme le modèle refoulé du Juif affranchi, qui voit s’amonceler les nuages à l’horizon et  n’attend pas « d’être trempé et atteint de pneumonie avant de s’acheter un parapluie ». Ces lignes ne sont pas écrites pour le justifier. « Si tu supposes une fois que la justice n’est peut-être pas de ton côté mais de celui de tes adversaires, alors il n’y a aucune croyance au monde qui tienne, aucune certitude et aucun chemin. ( ...) Si tu n’es pas certain de cela, assieds toi et ne bouge pas, mais si tu en es certain, alors agis » écrivait-il, tutoyant la solitude. L’histoire elle-même a accordé à Jabotinsky un ultime et malicieux regard lorsqu’il quitta sans retour la scène de la vie, le 4 août 1940. Le 4 août 1789, dans la nuit, les privilèges étaient abolis en France. Jabotinsky, fait peu connu, fut l’instigateur de la conférence d’Helsingfors, au cœur de laquelle figuraient les droits des minorités en Russie et l’auteur de ces lignes : « Je déteste à un point extrême, de manière organique, d’une haine qui échappe à toute justification, à la rationalité et à la réalité même, tout idée montrant une différence de valeur entre un homme et son prochain. (…) Je crois que tout homme est un roi». Tout homme d’Orient et d’Occident, car s’il est criant que Jabotinsky était aussi étranger à l’Orient que l’Orient lui était étranger, il fut toujours un partisan convaincu du langage vrai avec les arabes : le projet des sionistes en Eretz-Israël est politique, il faut prendre conscience de l’inévitable conflit que cela induit et partant se priver de l’accord arabe pour le mener à bien. Il fut en cela un adversaire permanent de Martin Buber, de Guershom Sholem et du Brit Shalom. Passer en force, diront les donneurs de leçons de profession… Pourquoi se mentir,  répondront les réalistes. Mais au-delà, Jabotinsky fut un opposant farouche du transfert des populations arabes dont il estimait qu’elles devaient bénéficier des droits des minorités nationales si elles acceptaient la souveraineté d’un Etat des Juifs en Eretz-Israël.
 
La publication en français de son autobiographie, qui s’achève brutalement dans les années 20, nous donne accès à un homme d’une sincérité et d’une sensibilité exceptionnelle.
 
Nous ne résistons pas à l’envie de retranscrire ces lignes superbes qui illustrent ces qualités d’élection : « (…) La notion d’une âme tissée de fils d’acier et de fils de soie s’appelle « femme ». Je n’ai pas beaucoup de croyances, et cela en est une – que ta mère, ta femme et ta sœur sont des anges, ne les touche pas et ne t’en approche pas. (…) Les fils d’acier entremêlés de fils de soie forment une matière indéchirable ».

COUVERTURE JABO.jpg

 
Rendons hommage à la prouesse littéraire du traducteur Pierre Lurçat, habitant de Jérusalem, amateur de belles lettres, d’avoir su restituer dans une langue splendide les mots hébreux inachevés de Zeev Jabotinsky. En le traduisant, il lui a rendu son nom. En le publiant, l’éditeur Olivier Véron, dont nous connaissons depuis longtemps l’audace, lui a rendu l’histoire.
 
 Zeev Jabotinsky au roman intérieur si riche, amoureux de l’Italie de Garibaldi, bêtement taxé de fascisme, de nationalisme ombrageux, sans doute pour sa piètre opinion du sionisme socialiste ne put reposer en Eretz-Israël qu’en 1964 tant Ben Gourion, le politique aux yeux secs tint à occulter l’apport du sionisme révisionniste (3) à la construction de l’Etat. Mais Jabotinsky savait « l’appétit de querelle » qui tenaille et les hommes et les peuples.
 
Et il n’y a rien de nouveau sous le soleil… Sagesse d’un Roi.
 
(1) « Sioniste. L’adjectif claque comme une insulte » in  Georges Bensoussan, Une histoire intellectuelle et politique du sionisme, Fayard 2002
(2) Ministre des Affaires étrangères français. La rencontre entre Jabotinsky et Delcassé eut lieu en 1915.
(3) Le révisionnisme de Jabotinsky signifie revenir à Herzl, au sionisme des origines. Rien de plus.
 
Stéphanie Dassa
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 12:54

9782752908865-0e33f.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (LIBRETTO)

 

Traduit par Berthe Vulliemin
Langue d'origine : Anglais (Royaume-Uni)

Au tout début du XXe siècle, dans une paisible vallée du pays de Galles, les Morgan, famille nombreuse et très soudée, vivent du travail de la mine depuis des générations. Huw, le cadet, rebelle dans l’âme, sensible et indomptable, observe le monde des adultes et n’est pas loin de tout comprendre : le travail de plus en plus dur et de plus en plus dangereux, les salaires qui diminuent, les patrons plein de mépris. Nul doute, il fera bientôt partie de ceux qui disent non et qui lèvent l’étendard de la révolte…


Traduit en vingt langues, vendu à travers le monde à plusieurs millions d’exemplaires, Qu’elle était verte ma vallée ! incarne aujourd’hui, de façon presque emblématique, la révolte de la terre meurtrie par la folie des hommes.

 

 

 

http://www.editionslibretto.fr/qu-elle-etait-verte-ma-vallee-richard-llewellyn-9782752908865

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:04

51EJ8aUmGpL._SL500_AA300_.jpgTrès beau roman dont nous reparlerons bientôt... En librairie le 18 avril. P.I.L.

 

Avec l’avènement du Troisième Reich, l’existence insouciante de quatre jeunes Berlinois bascule. Persécutés, ils s’exilent en Angleterre. Depuis Londres, ils tentent d’alerter le monde, désespérément aveugle, sur la terrible menace que représentent Hitler et le régime nazi. Inspiré d’une histoire vraie, Tout ce que je suis met en lumière la destinée héroïque et tragique de ce petit groupe de militants qui organisèrent au péril de leur vie une résistance acharnée contre la cruauté indicible. Un extraordinaire roman où amour et aveuglement se confondent dans un ballet d’ombres.

 

Biographie de l'auteur

Née en 1966, Anna Funder a grandi entre Melbourne, Paris et San Francisco. Avocate internationale australienne, elle abandonne sa carrière pour écrire son premier roman. Best-seller publié dans 24 pays, Stasiland (Eho, 2008) a été primé par le BBC Samuel Jonhson Prize. Tout ce que je suis a déjà reçu six prix littéraires dont le Prix du meilleur livre de l’année 2012 décerné par l’Australian Book Industry.

Détails sur le produit

  • Broché
  • Editeur : Editions Héloïse d'Ormesson (18 avril 2013)
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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 22:33

product_9782070773848_195x320.jpgLe livre d’Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, a rencontré un succès inattendu lors de sa parution en Israël (sous le titre « Shoah shelanou »), en l’an 2000. Sa parution en France, sept ans plus tard, est un événement littéraire, même si la critique française ne paraît pas lui accorder une grande importance. Amir Gutfreund, né en 1963 à Haïfa, est sans doute un écrivain israélien atypique : il est lieutenant-colonel de l’armée de l’air, et Les gens indispensables ne meurent jamais est son premier livre. Il n’a pas vraiment le profil des écrivains favoris des médias internationaux, intellectuels « engagés » d’extrême gauche, comme Amos Oz ou A.B. Yehoshua.


 L’originalité du livre de Gutfreund, selon son éditeur français, est qu’il « marque un tournant dans la manière d’appréhender la Shoah ». L’auteur est le fils de rescapés de la Shoah, et son livre comporte évidemment une large part autobiographique, au point qu’on a pu dire qu’il ne s’agissait pas d’un roman, mais du récit de la découverte de la Shoah par l’auteur, à travers les récits et à travers le mutisme de ses proches. C’est faux, bien entendu : il s’agit d’un véritable roman, et il serait absurde de prétendre exclure du genre romanesque tous les livres dans lesquels l’auteur parle de lui-même !

 

 Amir Gutfreund n’est certes pas le premier écrivain israélien à parler de la Shoah. Citons, parmi ses prédécesseurs, les noms d’Isaïe Spiegel, d’Aharon Appelfeld ou de David Grossman. Spiegel, rescapé d’Auschwitz, installé en Israël après la guerre, a publié plusieurs livres en yiddish (dont certains rédigés pendant la Shoah), et notamment Les flammes de la terre, récit des derniers mois du ghetto de Lodz. Appelfeld, lui aussi survivant de la Shoah, aborde ce thème dans presque tous ses livres, même s’il refuse avec obstination d’être catalogué comme « écrivain de la Shoah ». Grossman, né en 1954, traite de la Shoah dans son livre Voir ci-dessous : amour, dont le héros est un fils de rescapés.

 

 Ces trois exemples, parmi tant d’autres, montrent que la Shoah a toujours été présente dans la littérature israélienne, depuis la « génération de l’Etat » - et même avant – et jusqu’à aujourd’hui. L’originalité de Gutfreund est d’avoir écrit un livre qui ne parle pas de la Shoah comme d’un événement historique, mais de sa présence dans la vie quotidienne de personnages qui sont marqués par elle jusqu’au plus profond de leur âme. Le livre d’Amir Gutfreund raconte en effet l’histoire d’un enfant de douze ans, à Haïfa, dans les années soixante-dix, et de son quartier, habité par de nombreux survivants. Ses personnages, grand-père Lolek, grand-père Yosef, Adalé Gronner, maître Perl, sont à la fois des Israéliens ordinaires, avec leurs défauts et leurs qualités, mais aussi des hommes et des femmes qui portent le poids d’un événement incroyable qui les écrase.

 

Comme l’explique Amir, le narrateur, « la Shoah revêtait deux aspects : l’un, celui des commémorations scolaires avec ses six millions, ses flambeaux et placards noirs, et l’autre, sa sœur jumelle, qui avait engendré non pas six millions cette fois mais une foule de personnages concrets, pas seulement réduite à grand-père Yosef, papa et maman, mais qui comprenait aussi des figures plus banales, en marge de l’existence ». Ces figures banales sont les véritables héros du livre d’Amir Gutfreund, et c’est dans leur banalité même et dans les côtés les plus anodins, et parfois ridicules, de leurs existences que se dévoilent tout l’intérêt du livre et le talent romanesque de son auteur.

 

 La réappropriation de la Shoah par la littérature israélienne

 Evénement central du vingtième siècle, la Shoah a fait l’objet de si nombreux livres, articles et discours que l’on finit par la considérer comme un fragment du passé. Toute la force du livre d’Amir Gutfreund est de montrer en quoi elle demeure vivante au coeur de l’Israël actuel, et de la vie quotidienne de ses personnages : les survivants, pour qui l’histoire s’est arrêtée quelque part entre 1939 et 1945 et qui ont continué depuis à vivre avec ces images terribles que nous ne connaissons que par le biais des reproductions dans des livres, des films ou des musées, images restées gravées dans leur cerveau et dans leur chair et qui les accompagneront jusqu’à leur dernier souffle.

 

 Ce livre marque aussi un jalon important dans la réappropriation par la littérature israélienne de la Shoah, trop souvent accaparée par des personnes et organismes privés ou par des gouvernements étrangers, qui en ont même fait une arme contre Israël et contre le peuple Juif… (On pourrait mentionner à ce propos le succès récent d’un livre en français sur la Shoah dont le héros est un officier SS !) Il n’est pas anodin à cet égard que son titre original en hébreu, Shoah shelanou, signifie « Notre Shoah ». Dans une interview à un quotidien israélien, Gutfreund a raconté avoir écrit ce livre pour ses parents, rescapés de la Shoah, auxquels il est dédié. Témoignage littéraire de la génération des enfants des survivants, ce livre est aussi une façon de rendre à la Shoah sa place dans l’histoire juive et israélienne.

 

Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, Gallimard 2007, 502 pages, 24 euros.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 12:22

KALONYMOS-SHAPIRO.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (ARFUYEN)

 

Présentation et traduction de l'hébreu
de textes extraits de Le Chemin du Roi et Le Feu saint
SORTIE EN LIBRAIRIE LE 6 OCTOBRE 2011
Collection Carnets Spirituels n°80, 168 pages, 12,00 €

     Ce nouvel ouvrage de Catherine Chalier s’inscrit à la suite des Lettres de la création, du même auteur, publiées en 2006. Philosophe et spécialiste du judaïsme, Catherine Chalier enseigne la philosophie à l’Université de Nanterre. Elle a publié récemment les livres suivants : Spinoza lecteur  de  Maïmonide (Cerf, 2006) ; Des  anges et des  hommes (Albin Michel,  2007) ; Transmettre de  génération en génération (Buchet Chastel,  2008) ;  La nuit,  le  jour (Seuil,  2009) ; Le désir  de conversion (Seuil, 2011).
     Inspiré notamment par le fonds spirituel du Talmud et du Zohar, ce précédent ouvrage était une méditation sur l’un des fondements de la spiritualité juive : le symbolisme des lettres hébraïques. L’ouvrage ici présenté est une méditation sur le sens de la mission du peuple juif au regard de l’un des événements les plus symboliques de la shoah : l’extermination du ghetto de Varsovie.
     Catherine Chalier donne ici en français la première présentation de la personnalité et l’œuvre de Rabbi Kalonymus Shapiro (1889-1943), cette haute figure du hassidisme et de la résistance spirituelle à la Shoah. Kalonymus Shapiro fut rabbin au ghetto de Varsovie et l’on a retrouvé, conservés dans la terre, les textes écrits pour essayer de trouver un sens face à cette inconcevable épreuve. Les éditions originales des textes de Rabbi Kalonymus Shapiro ont paru en hébreu, depuis Ech Qodech (Le Feu saint), en 1960, à Bnéi Machavah Tova (Enfants d’une pensée bonne), en1989.  Plusieurs traductions ont paru en langue anglaise. Le livre se  compose d’un essai sur la vie et la pensée de Kalonymus Shapiro suivi d’un choix de textes extraits de Derekh Melekh (Le chemin du Roi) et de Ech Qodech (Le Feu saint) et spécialement traduits pour cette édition par Catherine Chalier.
     En 1941 le Ghetto de Varsovie comptait 445 000 personnes et le taux de mortalité y était catastrophique, suite au dénuement absolu, en particulier au manque de vivres, de vêtements et d’espace, aux maladies, tel le typhus, et aux exactions de chaque instant de la part des nazis. La situation des enfants était tout particulièrement dramatique. « La mort gouverne dans toute sa majesté, alors que la vie ne luit qu’à peine sous une épaisse couche de cendres. Cette imperceptible lueur de vie est faible, misérable, pauvre, sans le souffle de la liberté, sans la moindre étincelle de spiritualité », écrit Abraham Lewin dans son Journal le 13 septembre 1941.

 

     C’est pourtant sur cette étincelle de spiritualité que Kalonymus Shapiro veillera dans les conditions effroyables du Ghetto, ne cessant de donner des homélies chaque Chabbat et jour de fête afin de procurer une aide spirituelle à ceux qui l’entouraient et encourager une vie juive fidèle dans la mesure où l’atrocité des conditions d’existence le permettait.

     La résistance spirituelle dont, avec d’autres, témoigne Kalonymus Shapiro retient généralement moins l’attention que la résistance armée de l’insurrection du Ghetto qui éclata le 19 avril 1943 et qui marque tant la mémoire, pour son courage sublime et pour sa dignité sans espoir. Marek Edelman, qui fut l’un des leaders du soulèvement du Ghetto, reconnaît lui-même que l’héroïsme n’est pas l’apanage de la lutte armée. « En donnant des leçons de Torah dans ces conditions implacables et infernales, souligne Catherine Chalier, R. Kalonymus Shapiro ne désarme pas. Sa vigilance spirituelle maintenue grâce à de grands efforts et à une patience qui ne ressemble en rien à la passivité ou à la démission devant plus fort que soi, ne faiblit jamais, même quand le tourment enduré semble en passe de vaincre toute foi.
     « La résistance spirituelle ne mérite donc pas d’être tenue dans l’insignifiance comme cela arrive encore chez ceux qui, méconnaissant sa grandeur, l’assimilent à un manque de courage pour affronter la lutte armée, la seule censée compter. Elle aussi refuse l’humiliation, le mépris et l’offense ; elle aussi combat pour sauver la dignité humaine et la force de l’esprit malgré la faiblesse extrême infligée aux corps et un dénuement absolu qu’aucun secours venu de l’extérieur n’atténue. […] La résistance spirituelle juive prend donc également la forme d’un témoignage destiné à faire réfléchir au sens de cette humanité en l’homme. Que ce fût là, pour R. Kalonymus Shapiro, la tâche éternelle d’Israël ne fait aucun doute. L’éternité d’Israël souffrait alors une violence inouïe mais elle ne pouvait mentir. C’est là l’ultime sens de sa résistance spirituelle. »

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 11:22

taguieff.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (FAYARD)

L’histoire universelle est remplie de complots réels, qui ont abouti ou échoué. Mais elle est aussi pleine de complots fi ctifs ou imaginaires attribués à des minorités actives (francs-maçons, jésuites, Juifs, lobbies) ou aux autorités en place (gouvernements, services secrets, etc.). Ces entités, supposées maléfiques et dotées de très grands pouvoirs, sont des objets de croyances collectives depuis plus de deux siècles. Les schémas anciens, qui ont beaucoup servi au xxe siècle, ne cessent d’être réinvestis : ils traduisent un état psycho-social qui mérite d’être observé et analysé. 


Dans un monde de fortes incertitudes et de peurs, où l’adhésion aux « grands récits » a faibli, la multiplication des représentations ou des récits conspirationnistes, ainsi que leur diffusion rapide et leur banalisation, est un phénomène remarquable, mais aisément explicable : ces récits, si délirants puissent-ils paraître, présentent l’avantage de rendre lisibles les événements. Ils permettent ainsi d’échapper au spectacle terrifi ant d’un monde chaotique dans lequel tout semble possible, à commencer par le pire. D’où l’engouement pour ces récits et leur succès public, marquant l’entrée dans un nouvel âge de la crédulité. Sous le regard conspirationniste, les coïncidences ne sont jamais fortuites, elles révèlent des connexions cachées et permettent de fabriquer des modèles explicatifs des événements. On y rencontre notamment le mythe répulsif du « Gouvernement mondial » occulte. Les cas fourmillent, du 11- Septembre à l’« affaire DSK », en passant par la dernière grande crise financière et la mort de Ben Laden…

 

Pierre-André Taguieff est philosophe, historien des idées et politologue, rattaché au Centre d’études politiques de Sciences Po (Paris). Il a publié de nombreux ouvrages, dont La Foire aux Illuminés (Mille et une nuits, 2005),L’Illusion populiste (Flammarion, 2007), La Judéophobie des Modernes (Odile Jacob, 2008), Le Nouveau National-Populisme (CNRS Éditions, 2012) et Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012).

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