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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:50

economie-bible-livre.jpgVoici un livre original qui explore avec bonheur un sujet peu connu et peu exploité, celui de la façon dont les textes bibliques appréhendent l’économie et, au-delà, les sujets de société qui interpellent le monde du vingt-et-unième siècle comme l’écologie.

 

Pour l’auteur, économiste et directeur au ministère israélien du Trésor, il s’agit de faire découvrir « une éthique juive de l’homme dans le monde économique ».

Dans sa démonstration, Richard Sitbon fait appel aux économistes d’hier et d’aujourd’hui, de Max Weber à Jean-Yves Naudet en passant par John Stuart Mill, Werner Sombart, Adam Smith, John M. Keynes, David Ricardo, Joseph Stiglitz, Amartya Sen et bien d’autres encore.

À Max Weber qui considérait que le protestantisme avait ouvert la voie à la modernité économique, Richard Sitbon rétorque que le judaïsme, des siècles avant lui, avait posé les jalons de concepts qui s’épanouissent de nos jours.

L’auteur explore le texte biblique et le Talmud dans les moindres recoins. Il n’hésite pas à dénicher dans le traité « Kiddoushin », pourtant consacré essentiellement au mariage, les preuves de l’apport juif aux questions économiques et nous explique que « le judaïsme réintègre dans la valeur d’échange des marchandises un nouvel élément, qui pourrait par sa seule force annihiler toute valeur à certaines marchandises ou influencer le prix du marché. Cet élément est l’expression de la totalité sociale, ou le retour dans la société marchande du rapport des hommes entre eux, et non plus seulement du rapport des hommes aux objets ».

 

Parmi les sujets abordés : l’argent, l’intérêt ou encore la concurrence. Entre le capitalisme forcené qui a montré ses limites avec la crise des « subprimes » et ses conséquences et le communisme qui est complètement discrédité, le judaïsme propose le solidarisme, un concept biblique qui place l’homme au centre des préoccupations et qui fut réintroduit par Léon Victor Bourgeois (1851-1925), prix Nobel de la Paix et que Richard Sitbon décèle, par ailleurs, dans les projets politiques de Theodor Herzl et Zeev Jabotinsky dont il analyse finement les écrits.

 

Pour ce qui est de l’écologie, Sitbon affirme notamment que « sans tomber dans une idéologie de l’écologie qui ferait de la nature et de sa préservation une priorité, le Talmud va pourtant, à travers une politique d’aménagement du territoire, poser pour la première fois le problème du développement durable ». Des pages très intéressantes sont consacrées au Shabbat, à la notion de « pea » qui impose au propriétaire d’un champ de conserver une partie du terrain et de sa production pour les pauvres, au « yovel » ou jubilé moratoire et à la « shemita » ou année sabbatique.

Chaque chapitre est assorti de « Repères » qui sont autant de résumés très utiles et l’ouvrage est enrichi de bibliographies synthétiques de personnages importants cités dans le texte.

À la lecture de cette étude, on est convaincu que « le rôle du judaïsme sera de construire une éthique dans un monde économique d’impulsions ». Très intéressant.

 

Jean-Pierre Allali

Source : CRIF

(*) Éditions Eyrolles. Mars 2013. Préface de Josy Eisenberg. 240 pages. 14 euros.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 20:07

 

jabotinski1903.jpgAu lieu d’entrer par une porte entrebâillée, je préfère frapper ou marteler jusqu’à ce qu’elle s’ouvre en grand. C’est très mal, je le sais, mais c’est ainsi. Ka’ha, c’est ainsi : un mot hébreu qui coupe court à tout louvoiement… Vladimir Zeev Jabotinsky  n’est ni un homme oblique, ni un homme résigné. Son « c’est ainsi » est avant tout une réponse audacieuse tant à la victoire qu’à l’adversité « car toutes deux sont trompeuses ».  Nous accueillons la traduction de son autobiographie avec une joie non dissimulée tant elle nous manquait et plus encore aux rayons des libraires hexagonaux riches d’ouvrages scandaleux sur le sionisme, « cette insulte ». (1)

 
« Si je veux vivre, je dois renaître ; je suis âgé de trente-quatre ans, ma jeunesse et la moitié de mon âge mûr sont déjà passés depuis longtemps, et je les ai tous deux gaspillés. Je ne sais pas ce que j’aurais fait, si le monde entier ne s’était pas renversé et ne m’avait projeté sur des chemins que je n’avais pas imaginés : peut-être serais-je monté en Eretz-Israël, peut-être aurais-je fui à Rome, peut-être aurais-je créé un parti, mais cet été là éclata la guerre mondiale».
 

 

Deux éléments cardinaux dans cette citation de Zeev Jabotinsky replacent l’histoire au cœur de l’action politique : la volonté et la force irrésistible des évènements.
 
La volonté en premier chef ; « Si je veux vivre, je dois renaître » définition intime et lapidaire de ce qu’est le cœur du sionisme, c'est-à-dire une renaissance qui le différencie radicalement de l’assimilation par l’acquisition des droits nationaux, préalable pourtant nécessaire à l’invention d’une nation. C’est ce fossé que Delcassé (2) ne parvenait pas à combler par l’intelligence de la raison lorsqu’il répondit agacé à la question de Jabotinsky sur l’influence favorable que la France pourrait exercer en faveur de « l’idée sioniste » : « Est-ce que tout ce qu’a fait la France pour les Israélites n’est pas suffisant ? ». Au-delà du non étouffé contenu dans cette réponse se dessine au scalpel la ligne de démarcation entre l’émancipation et le projet national.La force irrésistible des évènements ensuite, celle de la Première Guerre mondiale en particulier. Nous le comprenons aux dates : la guerre  encadre la vie sioniste du jeune journaliste russe au talent littéraire prometteur ; la renaissance de Jabotinsky eut lieu dans les premiers jours du conflit de 1914-1918 et la mort le prit par surprise en 1940, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah.

Jabotinsky_gallery2_big.jpg

En temps de guerre tout est possible, tant l’équilibre géopolitique du monde est renversé.  Dès 1915, affaiblir la puissance ottomane en Eretz-Israël au profit de la Grande-Bretagne fut l’obsession du jeune sioniste. Il était prêt pour cela à organiser un régiment juif qu’il nommait déjà la Légion juive. La Couronne britannique se prit d’intérêt pour cette proposition insolite, affréta le régiment juif au ravitaillement et mit à disposition du bataillon des 600 combattants des mules... Des bourriques ! C’en était trop pour « Altalena » (nom de plume de Zeev Jabotinsky) dont le premier réflexe fut de refuser la proposition britannique… C’était assez pour Joseph Trumpeldor qui l’accepta. Joseph Trumpeldor, le héros de Tel Haï, premier officier juif de l’armée russe, ancien combattant de Port Arthur où il perdit un bras, a conduit dans les Dardanelles le corps des muletiers (le Zion Mule Corps) qui s’illustra tant par son courage que par ses pertes. Le cœur de la pensée de Jabotinsky, son originalité à la portée révolutionnaire est d’avoir compris avant ses contemporains, dont David Ben Gourion, la nécessité absolue de donner au sionisme une dimension militaire afin de pouvoir prétendre exister dans le concert des nations.
 
L’embryon d’une armée juive est né dans son esprit alors qu’il était à Bordeaux, où le gouvernement français s’était établi en raison de la guerre et  prit forme à Alexandrie, où le bataillon se forma dans un camp de réfugiés juifs expulsés d’Eretz-Israël par les Ottomans car ressortissants de pays  membres de la Triple Entente.
 
Jabotinsky,_wife_and_son.jpegTrop d’encre a coulé pour salir de son vivant et outre-tombe cet homme qu’on a aimé détester. Zeev Jabotinsky, raillé, hué, nié, haï car admiré en secret comme le modèle refoulé du Juif affranchi, qui voit s’amonceler les nuages à l’horizon et  n’attend pas « d’être trempé et atteint de pneumonie avant de s’acheter un parapluie ». Ces lignes ne sont pas écrites pour le justifier. « Si tu supposes une fois que la justice n’est peut-être pas de ton côté mais de celui de tes adversaires, alors il n’y a aucune croyance au monde qui tienne, aucune certitude et aucun chemin. ( ...) Si tu n’es pas certain de cela, assieds toi et ne bouge pas, mais si tu en es certain, alors agis » écrivait-il, tutoyant la solitude. L’histoire elle-même a accordé à Jabotinsky un ultime et malicieux regard lorsqu’il quitta sans retour la scène de la vie, le 4 août 1940. Le 4 août 1789, dans la nuit, les privilèges étaient abolis en France. Jabotinsky, fait peu connu, fut l’instigateur de la conférence d’Helsingfors, au cœur de laquelle figuraient les droits des minorités en Russie et l’auteur de ces lignes : « Je déteste à un point extrême, de manière organique, d’une haine qui échappe à toute justification, à la rationalité et à la réalité même, tout idée montrant une différence de valeur entre un homme et son prochain. (…) Je crois que tout homme est un roi». Tout homme d’Orient et d’Occident, car s’il est criant que Jabotinsky était aussi étranger à l’Orient que l’Orient lui était étranger, il fut toujours un partisan convaincu du langage vrai avec les arabes : le projet des sionistes en Eretz-Israël est politique, il faut prendre conscience de l’inévitable conflit que cela induit et partant se priver de l’accord arabe pour le mener à bien. Il fut en cela un adversaire permanent de Martin Buber, de Guershom Sholem et du Brit Shalom. Passer en force, diront les donneurs de leçons de profession… Pourquoi se mentir,  répondront les réalistes. Mais au-delà, Jabotinsky fut un opposant farouche du transfert des populations arabes dont il estimait qu’elles devaient bénéficier des droits des minorités nationales si elles acceptaient la souveraineté d’un Etat des Juifs en Eretz-Israël.
 
La publication en français de son autobiographie, qui s’achève brutalement dans les années 20, nous donne accès à un homme d’une sincérité et d’une sensibilité exceptionnelle.
 
Nous ne résistons pas à l’envie de retranscrire ces lignes superbes qui illustrent ces qualités d’élection : « (…) La notion d’une âme tissée de fils d’acier et de fils de soie s’appelle « femme ». Je n’ai pas beaucoup de croyances, et cela en est une – que ta mère, ta femme et ta sœur sont des anges, ne les touche pas et ne t’en approche pas. (…) Les fils d’acier entremêlés de fils de soie forment une matière indéchirable ».

COUVERTURE JABO.jpg

 
Rendons hommage à la prouesse littéraire du traducteur Pierre Lurçat, habitant de Jérusalem, amateur de belles lettres, d’avoir su restituer dans une langue splendide les mots hébreux inachevés de Zeev Jabotinsky. En le traduisant, il lui a rendu son nom. En le publiant, l’éditeur Olivier Véron, dont nous connaissons depuis longtemps l’audace, lui a rendu l’histoire.
 
 Zeev Jabotinsky au roman intérieur si riche, amoureux de l’Italie de Garibaldi, bêtement taxé de fascisme, de nationalisme ombrageux, sans doute pour sa piètre opinion du sionisme socialiste ne put reposer en Eretz-Israël qu’en 1964 tant Ben Gourion, le politique aux yeux secs tint à occulter l’apport du sionisme révisionniste (3) à la construction de l’Etat. Mais Jabotinsky savait « l’appétit de querelle » qui tenaille et les hommes et les peuples.
 
Et il n’y a rien de nouveau sous le soleil… Sagesse d’un Roi.
 
(1) « Sioniste. L’adjectif claque comme une insulte » in  Georges Bensoussan, Une histoire intellectuelle et politique du sionisme, Fayard 2002
(2) Ministre des Affaires étrangères français. La rencontre entre Jabotinsky et Delcassé eut lieu en 1915.
(3) Le révisionnisme de Jabotinsky signifie revenir à Herzl, au sionisme des origines. Rien de plus.
 
Stéphanie Dassa
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 12:54

9782752908865-0e33f.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (LIBRETTO)

 

Traduit par Berthe Vulliemin
Langue d'origine : Anglais (Royaume-Uni)

Au tout début du XXe siècle, dans une paisible vallée du pays de Galles, les Morgan, famille nombreuse et très soudée, vivent du travail de la mine depuis des générations. Huw, le cadet, rebelle dans l’âme, sensible et indomptable, observe le monde des adultes et n’est pas loin de tout comprendre : le travail de plus en plus dur et de plus en plus dangereux, les salaires qui diminuent, les patrons plein de mépris. Nul doute, il fera bientôt partie de ceux qui disent non et qui lèvent l’étendard de la révolte…


Traduit en vingt langues, vendu à travers le monde à plusieurs millions d’exemplaires, Qu’elle était verte ma vallée ! incarne aujourd’hui, de façon presque emblématique, la révolte de la terre meurtrie par la folie des hommes.

 

 

 

http://www.editionslibretto.fr/qu-elle-etait-verte-ma-vallee-richard-llewellyn-9782752908865

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:04

51EJ8aUmGpL._SL500_AA300_.jpgTrès beau roman dont nous reparlerons bientôt... En librairie le 18 avril. P.I.L.

 

Avec l’avènement du Troisième Reich, l’existence insouciante de quatre jeunes Berlinois bascule. Persécutés, ils s’exilent en Angleterre. Depuis Londres, ils tentent d’alerter le monde, désespérément aveugle, sur la terrible menace que représentent Hitler et le régime nazi. Inspiré d’une histoire vraie, Tout ce que je suis met en lumière la destinée héroïque et tragique de ce petit groupe de militants qui organisèrent au péril de leur vie une résistance acharnée contre la cruauté indicible. Un extraordinaire roman où amour et aveuglement se confondent dans un ballet d’ombres.

 

Biographie de l'auteur

Née en 1966, Anna Funder a grandi entre Melbourne, Paris et San Francisco. Avocate internationale australienne, elle abandonne sa carrière pour écrire son premier roman. Best-seller publié dans 24 pays, Stasiland (Eho, 2008) a été primé par le BBC Samuel Jonhson Prize. Tout ce que je suis a déjà reçu six prix littéraires dont le Prix du meilleur livre de l’année 2012 décerné par l’Australian Book Industry.

Détails sur le produit

  • Broché
  • Editeur : Editions Héloïse d'Ormesson (18 avril 2013)
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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 22:33

product_9782070773848_195x320.jpgLe livre d’Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, a rencontré un succès inattendu lors de sa parution en Israël (sous le titre « Shoah shelanou »), en l’an 2000. Sa parution en France, sept ans plus tard, est un événement littéraire, même si la critique française ne paraît pas lui accorder une grande importance. Amir Gutfreund, né en 1963 à Haïfa, est sans doute un écrivain israélien atypique : il est lieutenant-colonel de l’armée de l’air, et Les gens indispensables ne meurent jamais est son premier livre. Il n’a pas vraiment le profil des écrivains favoris des médias internationaux, intellectuels « engagés » d’extrême gauche, comme Amos Oz ou A.B. Yehoshua.


 L’originalité du livre de Gutfreund, selon son éditeur français, est qu’il « marque un tournant dans la manière d’appréhender la Shoah ». L’auteur est le fils de rescapés de la Shoah, et son livre comporte évidemment une large part autobiographique, au point qu’on a pu dire qu’il ne s’agissait pas d’un roman, mais du récit de la découverte de la Shoah par l’auteur, à travers les récits et à travers le mutisme de ses proches. C’est faux, bien entendu : il s’agit d’un véritable roman, et il serait absurde de prétendre exclure du genre romanesque tous les livres dans lesquels l’auteur parle de lui-même !

 

 Amir Gutfreund n’est certes pas le premier écrivain israélien à parler de la Shoah. Citons, parmi ses prédécesseurs, les noms d’Isaïe Spiegel, d’Aharon Appelfeld ou de David Grossman. Spiegel, rescapé d’Auschwitz, installé en Israël après la guerre, a publié plusieurs livres en yiddish (dont certains rédigés pendant la Shoah), et notamment Les flammes de la terre, récit des derniers mois du ghetto de Lodz. Appelfeld, lui aussi survivant de la Shoah, aborde ce thème dans presque tous ses livres, même s’il refuse avec obstination d’être catalogué comme « écrivain de la Shoah ». Grossman, né en 1954, traite de la Shoah dans son livre Voir ci-dessous : amour, dont le héros est un fils de rescapés.

 

 Ces trois exemples, parmi tant d’autres, montrent que la Shoah a toujours été présente dans la littérature israélienne, depuis la « génération de l’Etat » - et même avant – et jusqu’à aujourd’hui. L’originalité de Gutfreund est d’avoir écrit un livre qui ne parle pas de la Shoah comme d’un événement historique, mais de sa présence dans la vie quotidienne de personnages qui sont marqués par elle jusqu’au plus profond de leur âme. Le livre d’Amir Gutfreund raconte en effet l’histoire d’un enfant de douze ans, à Haïfa, dans les années soixante-dix, et de son quartier, habité par de nombreux survivants. Ses personnages, grand-père Lolek, grand-père Yosef, Adalé Gronner, maître Perl, sont à la fois des Israéliens ordinaires, avec leurs défauts et leurs qualités, mais aussi des hommes et des femmes qui portent le poids d’un événement incroyable qui les écrase.

 

Comme l’explique Amir, le narrateur, « la Shoah revêtait deux aspects : l’un, celui des commémorations scolaires avec ses six millions, ses flambeaux et placards noirs, et l’autre, sa sœur jumelle, qui avait engendré non pas six millions cette fois mais une foule de personnages concrets, pas seulement réduite à grand-père Yosef, papa et maman, mais qui comprenait aussi des figures plus banales, en marge de l’existence ». Ces figures banales sont les véritables héros du livre d’Amir Gutfreund, et c’est dans leur banalité même et dans les côtés les plus anodins, et parfois ridicules, de leurs existences que se dévoilent tout l’intérêt du livre et le talent romanesque de son auteur.

 

 La réappropriation de la Shoah par la littérature israélienne

 Evénement central du vingtième siècle, la Shoah a fait l’objet de si nombreux livres, articles et discours que l’on finit par la considérer comme un fragment du passé. Toute la force du livre d’Amir Gutfreund est de montrer en quoi elle demeure vivante au coeur de l’Israël actuel, et de la vie quotidienne de ses personnages : les survivants, pour qui l’histoire s’est arrêtée quelque part entre 1939 et 1945 et qui ont continué depuis à vivre avec ces images terribles que nous ne connaissons que par le biais des reproductions dans des livres, des films ou des musées, images restées gravées dans leur cerveau et dans leur chair et qui les accompagneront jusqu’à leur dernier souffle.

 

 Ce livre marque aussi un jalon important dans la réappropriation par la littérature israélienne de la Shoah, trop souvent accaparée par des personnes et organismes privés ou par des gouvernements étrangers, qui en ont même fait une arme contre Israël et contre le peuple Juif… (On pourrait mentionner à ce propos le succès récent d’un livre en français sur la Shoah dont le héros est un officier SS !) Il n’est pas anodin à cet égard que son titre original en hébreu, Shoah shelanou, signifie « Notre Shoah ». Dans une interview à un quotidien israélien, Gutfreund a raconté avoir écrit ce livre pour ses parents, rescapés de la Shoah, auxquels il est dédié. Témoignage littéraire de la génération des enfants des survivants, ce livre est aussi une façon de rendre à la Shoah sa place dans l’histoire juive et israélienne.

 

Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, Gallimard 2007, 502 pages, 24 euros.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 12:22

KALONYMOS-SHAPIRO.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (ARFUYEN)

 

Présentation et traduction de l'hébreu
de textes extraits de Le Chemin du Roi et Le Feu saint
SORTIE EN LIBRAIRIE LE 6 OCTOBRE 2011
Collection Carnets Spirituels n°80, 168 pages, 12,00 €

     Ce nouvel ouvrage de Catherine Chalier s’inscrit à la suite des Lettres de la création, du même auteur, publiées en 2006. Philosophe et spécialiste du judaïsme, Catherine Chalier enseigne la philosophie à l’Université de Nanterre. Elle a publié récemment les livres suivants : Spinoza lecteur  de  Maïmonide (Cerf, 2006) ; Des  anges et des  hommes (Albin Michel,  2007) ; Transmettre de  génération en génération (Buchet Chastel,  2008) ;  La nuit,  le  jour (Seuil,  2009) ; Le désir  de conversion (Seuil, 2011).
     Inspiré notamment par le fonds spirituel du Talmud et du Zohar, ce précédent ouvrage était une méditation sur l’un des fondements de la spiritualité juive : le symbolisme des lettres hébraïques. L’ouvrage ici présenté est une méditation sur le sens de la mission du peuple juif au regard de l’un des événements les plus symboliques de la shoah : l’extermination du ghetto de Varsovie.
     Catherine Chalier donne ici en français la première présentation de la personnalité et l’œuvre de Rabbi Kalonymus Shapiro (1889-1943), cette haute figure du hassidisme et de la résistance spirituelle à la Shoah. Kalonymus Shapiro fut rabbin au ghetto de Varsovie et l’on a retrouvé, conservés dans la terre, les textes écrits pour essayer de trouver un sens face à cette inconcevable épreuve. Les éditions originales des textes de Rabbi Kalonymus Shapiro ont paru en hébreu, depuis Ech Qodech (Le Feu saint), en 1960, à Bnéi Machavah Tova (Enfants d’une pensée bonne), en1989.  Plusieurs traductions ont paru en langue anglaise. Le livre se  compose d’un essai sur la vie et la pensée de Kalonymus Shapiro suivi d’un choix de textes extraits de Derekh Melekh (Le chemin du Roi) et de Ech Qodech (Le Feu saint) et spécialement traduits pour cette édition par Catherine Chalier.
     En 1941 le Ghetto de Varsovie comptait 445 000 personnes et le taux de mortalité y était catastrophique, suite au dénuement absolu, en particulier au manque de vivres, de vêtements et d’espace, aux maladies, tel le typhus, et aux exactions de chaque instant de la part des nazis. La situation des enfants était tout particulièrement dramatique. « La mort gouverne dans toute sa majesté, alors que la vie ne luit qu’à peine sous une épaisse couche de cendres. Cette imperceptible lueur de vie est faible, misérable, pauvre, sans le souffle de la liberté, sans la moindre étincelle de spiritualité », écrit Abraham Lewin dans son Journal le 13 septembre 1941.

 

     C’est pourtant sur cette étincelle de spiritualité que Kalonymus Shapiro veillera dans les conditions effroyables du Ghetto, ne cessant de donner des homélies chaque Chabbat et jour de fête afin de procurer une aide spirituelle à ceux qui l’entouraient et encourager une vie juive fidèle dans la mesure où l’atrocité des conditions d’existence le permettait.

     La résistance spirituelle dont, avec d’autres, témoigne Kalonymus Shapiro retient généralement moins l’attention que la résistance armée de l’insurrection du Ghetto qui éclata le 19 avril 1943 et qui marque tant la mémoire, pour son courage sublime et pour sa dignité sans espoir. Marek Edelman, qui fut l’un des leaders du soulèvement du Ghetto, reconnaît lui-même que l’héroïsme n’est pas l’apanage de la lutte armée. « En donnant des leçons de Torah dans ces conditions implacables et infernales, souligne Catherine Chalier, R. Kalonymus Shapiro ne désarme pas. Sa vigilance spirituelle maintenue grâce à de grands efforts et à une patience qui ne ressemble en rien à la passivité ou à la démission devant plus fort que soi, ne faiblit jamais, même quand le tourment enduré semble en passe de vaincre toute foi.
     « La résistance spirituelle ne mérite donc pas d’être tenue dans l’insignifiance comme cela arrive encore chez ceux qui, méconnaissant sa grandeur, l’assimilent à un manque de courage pour affronter la lutte armée, la seule censée compter. Elle aussi refuse l’humiliation, le mépris et l’offense ; elle aussi combat pour sauver la dignité humaine et la force de l’esprit malgré la faiblesse extrême infligée aux corps et un dénuement absolu qu’aucun secours venu de l’extérieur n’atténue. […] La résistance spirituelle juive prend donc également la forme d’un témoignage destiné à faire réfléchir au sens de cette humanité en l’homme. Que ce fût là, pour R. Kalonymus Shapiro, la tâche éternelle d’Israël ne fait aucun doute. L’éternité d’Israël souffrait alors une violence inouïe mais elle ne pouvait mentir. C’est là l’ultime sens de sa résistance spirituelle. »

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 11:22

taguieff.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR (FAYARD)

L’histoire universelle est remplie de complots réels, qui ont abouti ou échoué. Mais elle est aussi pleine de complots fi ctifs ou imaginaires attribués à des minorités actives (francs-maçons, jésuites, Juifs, lobbies) ou aux autorités en place (gouvernements, services secrets, etc.). Ces entités, supposées maléfiques et dotées de très grands pouvoirs, sont des objets de croyances collectives depuis plus de deux siècles. Les schémas anciens, qui ont beaucoup servi au xxe siècle, ne cessent d’être réinvestis : ils traduisent un état psycho-social qui mérite d’être observé et analysé. 


Dans un monde de fortes incertitudes et de peurs, où l’adhésion aux « grands récits » a faibli, la multiplication des représentations ou des récits conspirationnistes, ainsi que leur diffusion rapide et leur banalisation, est un phénomène remarquable, mais aisément explicable : ces récits, si délirants puissent-ils paraître, présentent l’avantage de rendre lisibles les événements. Ils permettent ainsi d’échapper au spectacle terrifi ant d’un monde chaotique dans lequel tout semble possible, à commencer par le pire. D’où l’engouement pour ces récits et leur succès public, marquant l’entrée dans un nouvel âge de la crédulité. Sous le regard conspirationniste, les coïncidences ne sont jamais fortuites, elles révèlent des connexions cachées et permettent de fabriquer des modèles explicatifs des événements. On y rencontre notamment le mythe répulsif du « Gouvernement mondial » occulte. Les cas fourmillent, du 11- Septembre à l’« affaire DSK », en passant par la dernière grande crise financière et la mort de Ben Laden…

 

Pierre-André Taguieff est philosophe, historien des idées et politologue, rattaché au Centre d’études politiques de Sciences Po (Paris). Il a publié de nombreux ouvrages, dont La Foire aux Illuminés (Mille et une nuits, 2005),L’Illusion populiste (Flammarion, 2007), La Judéophobie des Modernes (Odile Jacob, 2008), Le Nouveau National-Populisme (CNRS Éditions, 2012) et Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012).

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:16

ombre-absent.jpg« C'est un puits d'émotions sans fond, cela part dans tous les sens et je ne saurais jamais le décrire. Je t'oublie là où réside l'odeur qui n'est pas la tienne. C'est doux et sensuel, c'est l'inconnu total parce que mon corps ne reconnaît en rien les cellules de la peau de cet homme, c'est un terrain vague et vierge où je peux évoluer selon mon bon vouloir, c'est ce contact incommensurablement nécessaire à mon équilibre que je reconnais en une seule pression de ma joue sur sa peau, c'est l'entrée dans un monde où je n'ai jamais existé, c'est lui… […] »

 

Sylvia Rivka Kersusan est née en France et a passé la moitié de sa vie entre les États-Unis, l’Italie et Israël. Avant d’être professeure de langues à l’INSA de Rennes, elle a été productrice-réalisatrice de documentaires et de longs-métrages. C’est son premier roman publié en France.

 

19,50 €

2013
304 pages / 14x21,5 / Broché
ISBN : 978-2-84398-429-7
Disponible

 

http://www.editions-apogee.com/vient-de-paraitre/ombre-de-l-absent-l.html

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:19

31nTNQ3bILL._SL500_AA300_.jpgDepuis une dizaine de jours, on trouve ici et une étrange information. Elle rapproche de façon inattendue les noms de Jean-François Lyotard, le philosophe de «la Condition postmoderne» mort en 1998, et celui de Gilles Bernheim, philosophe lui aussi, mais surtout Grand Rabbin de France depuis 2008.

Qu’ont ces deux personnages en commun? Des mots. 4000 mots, environ. On les trouve dans les «Quarante méditations juives» de Bernheim (parues chez Stock en 2011). Mais ils figurent également, à très peu de choses près, parmi des propos tenus par Lyotard en 1991, et publiés dans «Questions au judaïsme», un recueil d'entretiens accordés à Elisabeth Weber par différents intellectuels, de Pierre Vidal-Naquet à Jacques Derrida (paru chez Desclée de Brouwer en 1996).

Le philosophe Jean-Clet Martin et son confrère Pierre Girardet ont en effet comparé deux longs passages issus de chacun des deux livres. Le résultat, publié sur le blog du premier, Strass de la philosophie, est assez étonnant, comme l’indiquent ces quelques extraits:

L’histoire que raconte rabbi Mendel de Rymanov concerne la discussion à propos de ce qui, lors de la révélation des Dix Commandements au Sinaï, fut réellement entendu par le peuple d’Israël. Selon les uns, ils entendirent tous la voix divine proférant les Dix Commandements. Selon d’autres, ils n’entendirent que les deux premiers commandements: "Je suis l’Eternel ton Dieu" et: "Tu n’auras pas d’autres dieux à côté de moi." La puissance de cette expérience aurait excédé les capacités du peuple et Moïse, seul, aurait entendu les huit commandements suivants.»

(Gilles Bernheim)

(…) L’histoire que relate Scholem concerne la discussion autour de la question de savoir ce qui, lors de la révélation des Dix Commandements au Sinaï, fut réellement entendu par le peuple d’Israël. Selon les uns, ils entendirent tous la voix divine proférant les Dix Commandements. Selon d’autres, ils n’entendirent que les deux premiers commandements: "Je suis l’Eternel ton Dieu", et "Tu n’auras pas d’autres dieux à côté de moi". La puissance de cette expérience aurait excédé les capacités du peuple et Moïse seul aurait entendu les huit commandements suivants.»

(Jean-François Lyotard)

Ou encore: 

Voici donc un peuple muni, en effet, de prescriptions écrites, mais muni également d’une foule de petites histoires, ordinaires et invraisemblables, de pasteurs, de bergers de moutons, de chameaux, d’échanges de femmes, de vols de terrains, d’exodes, de conflits avec les grands empires, de batailles continuelles, et il va falloir que le peuple entende la voix dans ce désordre, qu’il entende le timbre de l’éternel dans le temporel, et "invente" ce qu’il a à faire pour être juste dans cette tempête de circonstances imprévisibles qui s’appelle l’histoire.»

(Gilles Bernheim)

Voici donc un peuple muni, en effet, de prescriptions écrites, mais non moins muni d’une foule de petites histoires, ordinaires et invraisemblables, de pasteurs, de bergers, de moutons, de dromadaires, d’échanges de femmes, de vols de terrains, d’exodes, de conflits avec les grands empires, de batailles continuelles, et il va falloir que le peuple entende la voix dans ce désordre, qu’il entende le timbre de l’éternel dans le temporel, et "invente" ce qu’il a à faire pour être juste dans cette tempête de circonstances imprévisibles qui s’appelle l’histoire.»

(Jean-François Lyotard)

Et pour conclure: 

Je crois que l’histoire, au sens de l’historicité, commence avec cet aleph et avec le fait qu’il n’est pas audible, qu’il ne dit pas clairement quoi faire. Il y a une historicité qui commence en ceci qu’il va falloir, à chaque fois, coup par coup, trouver où est la loi, décider de ce qu’il faut faire. Car cela n’a pas été dit. Cela a été écrit, mais cette écriture donne toujours lieu à différentes lectures: il s’agit là du Talmud. J’entendrais le aleph comme étant cette touche absolument impalpable dont nous parlions tout à l’heure.»

(Gilles Bernheim)

Je crois que l’histoire au sens de l’historicité commence avec cet aleph et avec le fait qu’il n’est pas audible, qu’il ne dit pas clairement quoi faire. Il y a une historicité qui commence en ceci qu’il va falloir, à chaque fois, coup par coup, trouver où est la loi, décider de ce qu’il faut faire. Car, cela n’a pas été dit! Cela a été écrit, mais cette écriture donne toujours lieu à différentes lectures: le Talmud. J’entendrais l’aleph comme cette touche absolument impalpable dont nous parlions tout à l’heure. (…)»

(Jean-François Lyotard)

Ce petit exercice de littérature comparée n'a pas vocation à «accuser», nous a précisé Martin:

Les prudences d’usage s’imposent: on ne peut pas affirmer qu’il y a plagiat, mais seulement noter l’identité rigoureuse entre deux textes espacés de dix ans. Bernheim et Lyotard auraient pu tous deux se référer à un texte plus ancien, une source commune. Ce qui est cependant très étrange est que celui de Bernheim a procédé à des modifications minimales, qui donnent parfois lieu à des invraisemblances.»

Tout cela ressemble surtout à une histoire de fous. Car «modifications minimales» ou pas, on ne voit pas très bien pourquoi quelqu’un comme Gilles Bernheim, qui étudie le Talmud à la loupe depuis des décennies, serait allé pomper, sur un sujet pareil, le texte d’un philosophe comme Jean-François Lyotard, si passionnant soit-il par ailleurs. C’est un peu comme si John Lee Hooker avait copié sur les Rolling Stones.

«Je suis troublé, c’est le moins qu’on puisse dire», nous a confié Bernhein en prenant connaissance de cette drôle de coïncidence. «Bouleversé» par cette histoire, il avance pourtant un début d’explication. Lorsqu’il a écrit son livre paru en 2011, il a repris, «pour 7 des 40 méditations» qui s’y trouvent, les textes des cours qu’il avait donnés «pendant les années 1980 au centre Fleg à Paris, alors qu’il était aumônier des étudiants juifs»:

Je n’avais pas de secrétariat alors. J’écrivais à la main des textes que je photocopiais et distribuais pendant mes cours. Plusieurs étudiants enregistraient également mes cours sur des magnétophones. Il s’est révélé que certains les faisaient passer à d’autres, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la source se perde. C’est pourquoi j’ai fini par interdire les enregistrements dans les années 1990.»

On le comprend. Si la tradition du commentaire rabbinique suppose «une chaîne de commentaires qui se commentent et se reprennent les uns les autres», il y est essentiel de préciser qui a dit quoi, ne serait que pour s’y retrouver un peu. «Les enseignements sont faits pour être délivrés. La personne qui les reprend n’est pas coupable, dès lors qu'elle cite sa source.»

Et Bernheim ne se souvient pas seulement d’avoir assisté, un jour, à une conférence qui reprenait textuellement le contenu d’un de ses cours. Il a également retrouvé, dans un ouvrage de son amie la psychanalyste Marie Balmary, «retranscrits presqu’à l’identique», des enseignements qu’il avait délivrés à l’époque où il enseignait comme rabbin:

Je suis allé la voir pour comprendre ce qui se passait, car je me trouvais dans une situation paradoxale: comme je voulais utiliser mes enseignements dans un livre, je devais retranscrire quelque chose qui avait déjà été écrit par quelqu’un d’autre dans un texte lui-même basé sur mes enseignements. Dans son ouvrage, Marie Balmary remerciait les personnes qui lui avaient enseigné ce qu’elle utilisait. Elle ne savait pas que cela provenait de mes cours.»

Evidemment, tout ça ne dit pas quel circuit tordu aurait permis à des cours donnés par Bernheim dans les années 1980 de se retrouver dans un livre d’entretiens accordés par Lyotard au début des années 1990. Cela pourrait-il en revanche éclairer la précision de ce dernier, sur des textes qui supposent des compétences techniques assez trapues en hébreu et en araméen?

Dans un communiqué rendu public ce mercredi 20 mars, le Grand rabbin de France cite en effet ses propres sources:

Il s’est référé, pour construire le cours qui a inspiré la méditation n°26, aux ouvrages suivants en langue hébraïque: Torat Menahem et Divrei Menahem de Rabbi Menahem Mendel de Rymanov, dont il n’existe aucune traduction en langue française.»

Il ajoute encore ne pas vouloir «ouvrir une polémique sur l’utilisation qui a été faite à son insu de ce texte.» Voilà en tout cas une histoire que Kafka aurait adoré.

 

LIRE LA SUITE

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130320.OBS2533/gilles-bernheim-a-t-il-copie-sur-jean-francois-lyotard-ou-l-inverse.html

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:34

ILIADE.jpgPrésentation de l'éditeur (Allia)

Le déroulement de l'inévitable a pour théâtre, simultanément, le cœur de l'homme et le Cosmos. A l'éternelle cécité de l'histoire s'oppose la lucidité créatrice du poète désignant aux générations futures des héros plus divins que les dieux, plus hommes que les humains.

Biographie de l'auteur

Rachel Bespaloff est née en 1895. Proche de Léon Chestov et Jean Wahl, elle a publié de nombreux essais qui se situent dans le courant de la pensée existentielle. Exilée aux Etats-Unis pendant la guerre, elle se suicide en 1949. De l'Iliade, publié en 1943, est son œuvre maîtresse. A travers l'étude des héros homériques et la confrontation du monde d'Homère à celui de la Bible, elle aborde les thèmes fondamentaux de la condition humaine : puissance du destin et liberté individuelle, force et justice, etc., donnant ainsi à ses analyses les dimensions les plus contemporaines.

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