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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 11:22
Matanel-Recommencer-C1

« Aliya, monter », ou « s’élever par l’esprit »… La narratrice de ce livre installée en France, retourne à son pays d’attache : Israël. Ce récit sonne à la fois comme une explication – et d’abord à soi-même – des raisons qui peuvent pousser des Juifs – en l’occurrence français – à « recommencer ailleurs ».

« Quand on change de lieu, on change de chance » (p.69), cette phrase, extraite de la Michna est peut-être le fil conducteur, le fil d’Ariane, qui guide, ou dont cherchent à retrouver l’origine, ceux qui viennent s’installer en Israël, habiter Israël…

 

L’Aliya, dans le cas de la narratrice, se présente à elle un peu comme un jeu de piste. Ce n’est pas la décision mûrie, ni l’arrachement brutal, ni même un concours de circonstances : elle a passé, adolescente et jeune femme, ses vacances chez sa grand-mère à Tel Aviv, et chez une de ses tantes. Elle découvre, dans les bagages de son mari quand il revient de Londres où il travaille, passer ses week-ends à Paris avec femme et plus tard enfants, des brochures sur le Neguev, et aussi qu’il apprend l’hébreu à temps perdu.

 

On ne sait d’ailleurs rien du départ, ni de la prise de décision. La très proche cousine de la narratrice dira seulement, quand elles se retrouveront quelques années plus tard à Paris, à l’occasion de l’enterrement d’un parente : « (…) je n’ai pas compris quand vous êtes partis… » (p.197). Là-bas, la narratrice apprend l’hébreu dans un oulpan, côtoyant des immigrants de toutes nationalités, dans cette Babel moderne qu’est Israël, et plus particulièrement, Jérusalem. Choc des cultures, choc des langues, choc aussi avec la religion, plus ou moins frontal selon le degré d’engagement de chacun : « (…) j’entendis souvent prononcer ces mots : “Maintenant il est heureux en Israël” » (p.69). Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa : trois villes, trois lieux différents, trois lieux de différence : « (…) les gens qui ont des problèmes veulent toujours croire au miracle, c’est humain. Mais Israël ne fait pas de miracle. Réveillez-vous ! Et ne comptez pas sur cette terre pour arranger vos soucis, consoler vos peines, apaiser vos tourments. C’est elle qui a besoin de vous et pas le contraire. (…) Vous vivez un bouleversement sans la même chose, c’est indéniable. L’Aliyah, quoi qu’on en dise, est d’une grande violence. C’est un cataclysme. Vous avez perdu tous vos repères familiers, vos habitudes, votre travail, vos amis » (p.131-132).


De quoi s’agit-il ? Que nous montre-t-on ici, sans renseigner ? Moins un pays, qu’une terre habitable, une terre qui se fait si bien à celui qui y vient en séjour peut-elle être si difficile à y vivre au quotidien, au long des jours ? Terre de contrastes de langues et de coutumes, de races croisées et entrecroisées, découverte à petites touches, dont chaque région a sa lumière, et à grandes questions. Quelle quête, quelle enquête mener sur soi, pour soi ? Ainsi que le dit la narratrice : « (…) savoir le nom de quelqu’un qui n’est plus, c’est déjà quelque chose » (p.101). Ce nom qu’on vient rechercher, après oubli ou occultation, qui est donné à la mort comme le vrai, comme le sien, est-ce cela que les immigrants viennent (re)chercher, laissant parfois derrière eux des proches dans l’incompréhension ? « Au fait, tu ne m’as pas parlé de ta vie là-bas… (…) Je voulais te voir pour que tu m’expliques, mais vous êtes partis si vite. Et on n’a pas eu le temps ! Un jour, tu reviendras, n’est-ce pas ? » (p.197).

Se retrouver, mais est-on des siens plus près quand on fait retour ? C’est toute la question qui tourne, qui rôde dans ce joli live : ailleurs, mais peu n’importe pas .

 

Anne Morin

 

http://www.lacauselitteraire.fr/recommencer-ailleurs-sophie-stern-2

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:17

41GYT1P0LNL._SL500_AA300_-copie-2.jpgL'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933, sur fond de crise européenne, a donné une nouvelle figure et un nouvel élan à un antisémitisme qui avait puisé des racines profondes et anciennes dans la chrétienté occidentale. Désormais sont associés racisme et nazisme, formant une doctrine que le christianisme considère comme un retour au paganisme.


De là pour l'Église catholique une situation difficile à la fois sur le plan politique et sur le plan intellectuel. Devait-elle condamner haut et fort cette haine d'État qui débouchait sur la « solution finale » l'extermination d'un peuple , et comment le pouvait-elle sans contredire son histoire ?

 
Le recul historique a modifié notre regard sur cette période tragique. Tout ce qui avait été plus ou moins confusément accepté a été remis en question. On a découvert avec étonnement un silence à double face : silence réprobateur des autorités qui auraient dû condamner ces mesures ; silence protecteur de tous ceux qui ont contribué à sauver des juifs.

Ce double silence a particulièrement affecté l'Église catholique en France et à Rome. Depuis les années 60, venue d'Allemagne, la dénonciation du silence du Vicaire Pie XII a beaucoup occupé les médias, simplifiant à outrance une affaire plus complexe et nuancée, mais aussi évolutive. Le paradoxe qu explore cet ouvrage, c'est qu'on reporte toute la responsabilité de ce silence sur une Église que, par ailleurs, on voudrait cantonnée dans la vie privée.

 

Biographie de l'auteur

Émile Poulat est directeur d'Études à l'École des Hautes Études en Sciences sociales. Il a publié plus d'une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels, chez Berg International, Aux carrefours stratégiques de l'Église de France (2009), Église contre bourgeoisie (2006), La Question religieuse et ses turbulences au XXe siècle (2005), Notre laïcité publique (2003), La Solution laïque et ses problèmes (1997) et L'Antimaçonnisme catholique (1994).

 

EDITEUR : BERG INTERNATIONAL

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 08:04

51u218SjkeL._SL500_AA300_.jpgCe livre est une monographie du Journal de Salonique, publié dans la ville, alors ottomane, dont il porte le nom, entre 1895 et 1911. Il cherche à mettre en lumière, au sein de la presse juive de l’époque, la spécificité de ce périodique sépharade en langue française publié par et pour l’élite bourgeoise et commerçante de la ville, ainsi que son rôle dans la société salonicienne alors en pleine transformation.

 

Le contexte de cette publication est en effet marqué par la modernisation de la société juive ottomane, mais aussi par les transformations politiques de l’Empire dans lequel elle s’inscrit. Face aux défis que représentent l’occidentalisation, le développement du sionisme et la montée des nationalismes dans les Balkans, le journal se fait à la fois miroir et acteur de la communauté en difficulté, proposant une redéfinition de l’identité juive, ottomane et salonicienne.

 

Cette étude analyse le contenu du journal pendant ses quinze années de publication. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques « mineures » du périodique (chroniques mondaines, feuilletons, publicités) ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l’avenir de leur communauté.

 

Hélène Guillon

Agrégée d’histoire, Hélène Guillon a soutenu en 2011 une thèse d’histoire contemporaine (mention Religions et systèmes de pensée) à l’École pratique des hautes études, sous la direction d’Esther Benbassa. Elle vit actuellement à Bruxelles et enseigne dans un lycée du nord de la France.


http://www.centrealbertobenveniste.org/?p=4220

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 07:28

EINSTEIN.jpgS'appuyant sur de très nombreux documents inédits, et notamment sur les archives Einstein de Jérusalem, Simon Veille, dans cet ouvrage rigoureux et informé, éclaire d'un jour nouveau la personnalité de ce célèbre savant.


Einstein ne fut pas seulement un physicien de génie, mais aussi un acteur des événements de son siècle. Très tôt, dès 1896, il renonce volontairement à la nationalité allemande car il juge la société bismarckienne trop répressive, et il devient suisse.


Non pratiquant, il protège, selon son expression, les « membres de sa tribu » durant les années du nazisme et, soucieux de la vie culturelle, participe notamment à la fondation de l'Université hébraïque de Jérusalem. Profondément hostile à tous les nationalismes, cet internationaliste convaincu, sous la pression de la violence antisémite, puis de la révélation de la Shoah, se rapproche pourtant du sionisme, mais n'oublie jamais le droit des Arabes.

 

Homme d'influence d'une extrême popularité, Einstein n'a jamais recherché le pouvoir pour lui-même : sans hésiter, il refusera la présidence du jeune Etat d'Israël. Ce désintéressement peu commun, mais surtout la justesse étonnante de ses intuitions et de ses jugements politiques, la force de sa vision et la dimension éthique de son engagement lui confèrent une véritable aura de prophète.

 

Editeur : IMAGO (20 février 2013)

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 16:06

41Im9KquTwL._SL500_.jpgL'historien israélien Otto Dov Kulka avait 11 ans à Auschwitz. Il n'avait jamais parlé du "paysage de cimetière" de son enfance, jusqu'à ce livre étonnant, entre souvenirs et imagination, publié au soir de sa vie...
Non, jamais Otto Dov Kulka ne parla de ces choses-là. Les exigences de la recherche cantonnaient l'historien à une "attitude de distance stricte et impersonnelle". Jusqu'à ce que, tel un raz de marée, le "retour du refoulé" ne lui impose de commenter au magnétophone, pendant dix ans, sa "mythologie privée" sur la "Métropole de la Mort" de son enfance, à la transcrire, la réécrire dans une langue où l'émotion est bridée par une pudeur fondamentale, puis à l'illustrer avec des dessins d'enfants et des photos du camp nazi en terre polonaise. Ni "témoignage historique" ni "mémoire autobiographique", voici "les réflexions d'un homme [...] retournant dans sa tête les fragments de souvenir et d'imagination", écrit l'auteur. C'est peu de dire que cette visite guidée, traduite avec sobriété et délicatesse par Pierre-Emmanuel Dauzat, et publiée d'abord en français, a le goût du sang et des cendres. Que fichait donc Dieu ces jours-là ? (Emmanuel Hecht - L'Express, janvier 2013 )

Survivant de la Shoah, Otto Dov Kulka en est devenu l'historien. Il lui a fallu longtemps pour accepter de transmettre ses souvenirs d'enfance, dans l'exceptionnel " Paysages de la métropole de la mort ". Le philosophe Paul Ricoeur (1913-2005), à la fin de son existence, craignait que la mémoire vive des grands massacres collectifs du XXe siècle ne finisse par éclipser toute réflexion sur le destin ou la mort des individus. A sa manière, la genèse du livre étonnant et inclassable de l'historien Otto Dov Kulka constitue une réponse à ce souci légitime...
L'oeuvre de Franz Kafka et l'inquiétante étrangeté du réel qui imprègne son écriture lui ont servi de boussole. Otto Dov Kulka affirme avoir trouvé chez l'auteur de La Colonie pénitentiaire l'atmosphère juste, entre mémoire du survivant et neutralité de l'historien...
D'où ce livre, ni témoignage ni mémoire, structuré par l'effort de remémoration qui l'a produit, plus que par le contenu objectif de l'expérience concentrationnaire. Il en dit autant sur " l'homme aux abords de la soixantaine et plus tard " en proie à ses souvenirs que sur " l'enfant pensif de 10-11 ans " qui habitait le complexe mortifère d'Auschwitz-Birkenau. (Nicolas Weill - Le Monde du 24 janvier 2013 )

 

« Un des plus remarquables témoignages sur l inhumanité jamais écrits... Un livre extraordinaire, capital, qu il faut lire absolument. »
Sir Ian Kershaw

Otto Dov Kulka n avait jamais jusqu ici évoqué sa propre déportation. Paysages de la métropole de la mort est constitué de dix chapitres tirés des enregistrements qu il réalisa, entre 1991 et 2001, après une visite à Auschwitz, pour cerner les images et les souvenirs qu il gardait de Theresienstadt, suivis par trois chapitres d extraits de ses journaux intimes les plus récents.
Réflexion sur l holocauste et la mémoire, tour à tour bouleversant dans sa description du « camp familial » d Auschwitz, élégiaque et poétique, rythmé par des photos prises lors de son retour à Auschwitz, Paysages de la métropole de la mort est un texte hors-normes, qui cherche à rendre compte au plus près, et au plus intime, par différents procédés littéraires, de l horreur des camps telle qu un garçon de neuf ans a pu la vivre et telle qu un homme à la fin de sa vie, entre sa rigueur d historien et la puissance de ses émotions d enfant, peut s en souvenir.

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 12:56

intellectuels-juifs.gifPRESENTATION DE L'EDITEUR (BORD DE L'EAU)

 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après la tentative d'extermination du judaïsme, de nombreux penseurs juifs développèrent dans l'Hexagone une expérience intellectuelle inédite. Elle fut connue sous le nom d'École de pensée juive de Paris. Avec l'École d'Orsay, le Colloque des intellectuels juifs de langue française illustra cette expérience marquante de la vie culturelle juive en France après la Shoah. Ces rencontres de haut niveau intellectuel, proposées sur des thèmes le plus souvent liés à l'actualité reposaient sur les textes de la Tradition juive et leurs questionnements.

 

Le Colloque des intellectuels juifs de langue française initia un mouvement de réconciliation identitaire car, en se rapprochant des valeurs religieuses, morales, culturelles, politiques du judaïsme, et en les insérant dans une pensée universelle, le monde chrétien fut, revers de l'histoire, pris à témoin de cette évolution. Dans ce courant de civilisation judéo-chrétienne, la présence de penseurs chrétiens à ces colloques permit au judaïsme, qui avait toujours été en marge, de s’intégrer à la tradition humanitaire occidentale. L’immigration en Israël de penseurs juifs siégeant au Comité préparatoire après la guerre des Six-Jours ainsi que la crise du modèle intellectuel tel qu'il s'était mis en place après la Seconde Guerre mondiale entamèrent le déclin du Colloque des intellectuels juifs à la fin des années soixante-dix. Il avait néanmoins permis la naissance d'un nouveau type d'intellectuel dont témoignait la pluralité d’initiatives culturelles juives de la France contemporaine.

 

Docteur en histoire moderne et contemporaine, diplômée de la section des Sciences religieuses de l'Ecole pratique des Hautes études (EPHE) en Sorbonne, Sandrine Szwarc s'est intéressé au renouveau de la culture et de la pensée juives au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et notamment aux penseurs du Colloque des intellectuels juifs de langue française (1957-2000) sur lesquels elle a publié de nombreux articles et proposé des conférences. Journaliste, chef de rubrique et membre du comité de rédaction, elle dirige depuis plusieurs années les pages culturelles de l’hebdomadaire Actualité Juive.

 

http://www.editionsbdl.com/intellectuels-juifs.html

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 12:42

9782212555400_h430.jpgAccessible, précis et complet, ce livre propose 150 citations extraites des textes fondateurs du judaïsme. Pour chacune, vous trouverez : le contexte de sa rédaction ; ses différentes interprétations ; l'actualité de son message.

 

Sommaire

 

  • Dieu
  • L'humanité
  • Les vertus
  • La foi
  • Pour en savoir plus sur le Talmud

 

Biographie de l'auteur

Philippe Haddad est diplômé du séminaire israélite de France. Rabbin, il est aujourd'hui responsable de la communauté des Ulis, en région parisienne, et aumônier des scouts israélites de France. Engagé dans le dialogue inter-religieux, il est déjà l'auteur de plusieurs ouvrages sur le judaïsme dont La Torah, dans la collection Eyrolles pratique.

 

http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/citations-talmudiques-expliquees-9782212555400

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 17:38

BIALIK.jpgPeu d’écrivains sans doute ont comme Bialik aspiré, leur vie durant, à concilier ces deux pôles de la tradition juive que sont l’aspiration à l’universel et la fidélité au judaïsme, à ses traditions, à ses valeurs et à sa culture. Il est vrai que l’oscillation entre ces deux pôles, déjà présente dans la Bible, et notamment chez les prophètes, a caractérisé l’existence juive en diaspora pendant ces deux millénaires. Selon les époques et l’environnement, tantôt violemment hostile, tantôt accueillant, dans lequel ils ont vécu, les juifs ont penché dans le sens de l’ouverture ou au contraire dans celui du repli sur soi. « Nous avons toujours eu tendance, parfois même simultanément, à ouvrir les murailles du ghetto et à les refermer sur nous », écrivait Bialik. L’émancipation, en favorisant l’intégration, a modifié en profondeur l’implication des juifs dans l’histoire universelle, les plaçant par voie de conséquence face au problème d’une identité double et complexe.

Elevé dans la tradition la plus pure, Bialik a su très tôt qu’il ne resterait pas enfermé dans les quatre coudées de la Halakha. Dès l’adolescence, il s’est ouvert à ce qu’il appelait « le grand monde », et avant tout à sa culture. Il a étudié le russe et l’allemand, s’est enthousiasmé pour Dostoïevski, Pouchkine, Schiller … Son installation à Odessa, qui est en elle-même le signe de sa volonté d’ouverture, lui a permis de côtoyer artistes, poètes et intellectuels qui comme lui manifestaient le désir d’abattre les murailles du ghetto qui avait privé leurs aînés de toute chance de progrès.

Pour autant, jamais cette ouverture ne signifia pour Bialik un quelconque rejet ou une quelconque trahison de ses origines. Inlassablement, il fit entendre la voix de la fidélité, et lorsqu’il critiqua ici ou là le mode de vie anachronique et sclérosé de ses coreligionnaires restés au shtetl, ce fut toujours avec comme unique objectif de susciter chez eux un réveil salutaire. L’étude, la publication des textes fondateurs du judaïsme, la tradition - et notamment le respect public du shabbat, qu’il avait pourtant abandonné dans sa vie privée - furent, jusqu’à la fin de ses jours, au cœur de ses préoccupations. Le poème le plus significatif de cette bataille que se livraient en lui l’attirance pour la modernité et la fidélité à ses origines, est sans doute L’Assidu, l’une de ses œuvres majeures : il y dresse le portrait d’un étudiant de yeshiva, tellement assidu dans l’étude qu’il sacrifie sa jeunesse et ne pose pas même un regard sur les beautés du monde qui l’entoure. Cette étude, demande Bialik, doit-elle susciter admiration ou pitié ? La question reste ouverte. Mais lui, personnellement, a fait le choix de quitter cet univers clos : en s’adressant à ces jeunes étudiants qui vouent leur vie entière à perpétuer une tradition plurimillénaire, Bialik écrit, dans la dernière strophe de ce poème :

Le sort n'a pas voulu qu'avec vous je me perde,

Indigents serviteurs — j'ai quitté votre seuil.

Ma Torah délaissée, j'ai péché pour du pain,

Seul, je me suis perdu sur un autre chemin.

Les temps avaient changé, et loin de vos frontières

Je dressai mon autel, j'édifiai ma demeure;

Pourtant vous tous, toujours, vivez dans ma mémoire,

Votre image m'accompagne, ne quitte pas mon cœur

 

Bialik savait parfaitement ce qu’il était essentiel de conserver du judaïsme de ses pères, et ce qui devait appartenir au passé. Héritier des grands prophètes qui, deux mille cinq cents ans plus tôt déjà, subordonnaient le rituel à l’éthique, il plaida toute sa vie pour un judaïsme ouvert, et porteur de valeurs universelles et éternelles.

 
Ariane Bendavid

Membre d'honneur de la loge Bialik

 
Les livres d'ariane Bendavid sont au nombre de trois :


1."La prière égarée", biographie de

Haim Nahman Bialik ,aux éditions Aden.

2."Un voyage lointain", Poèmes de Haim

Nahman Bialik ,traduits de l'hebreu par

Ariane Bendavid aux éditions Stavit.

3."Le livre du feu", poème en prose suivi

de trois nouvelles de Bialik

Présentation et traduction de l'hébreu

D'Ariane Bendavid aux éditions Caractères.

 

http://www.bbfrance.org/Bialik-entre-universalisme-et-particularisme_a25.html

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 12:02
simon-nahum-espagne-couv.jpgOn a souvent défini l'orientalisme comme la représentation occidentale de l'Orient et on l'a associé, depuis les travaux d'Edward Saïd, à un colonialisme. Ce volume qui étudie la place des Juifs dans l'orientalisme, que ce soit dans l'art ou l'étude de la civilisation arabo-musulmane, revient sur une partie de cette équation. Sujets de l'Orient, les juifs en furent aussi, après l'émancipation, les  chantres et ils ont pris une part non négligeable dans la connaissance que l'Occident a pu avoir de cette civilisation, jusqu'à s'identifier à elle. Le livre retrace les épisodes de cette relation intense et complexe entre une nation et un territoire.

Perrine Simon Nahum (1960) est historienne et chargée de recherches au CNRS. elle est également en charge d'une collection d'essais chez Grasset.
Michel Espagne (1952) est linguiste et professeur à l'ENS-rue d'Ulm. Le volume reprend et enrichit les actes d'un colloque organisé au Musée d'Art et d'histoire du Judaïsme en 2012.

 

Table des matières
Introduction de Perrine Simon Nahum et Michel Espagne L’Orient, les Orients : l’orientalisme au miroir de la science
François Pouillon : Qu’est-ce que l’orientalisme?
Philippe Bütgen : L'Orient des conversions. Gotthold Ephraim Lessing
Dominique Bourel : De Francfort a Jérusalem: les arabisants allemands à l'université hebraïque.
Perrine Simon-Nahum : Les juifs ont-ils inventé l’orientalisme ? (XIXe-XXe siècle) -
Anne Hélène Hoog : Les juifs d'Orient sous le regard des voyageurs
Mordecaï Manuel Noah, Moses Montefiore et Adolphe Crémieux (1813 – 1840) La vision de l’Orient chez les savants, diplomates, commerçants et aventuriers.
Michel Espagne : Les pérégrinations d’un derviche: Armin Vambéry
Sophie Basch : Schwab avant Schwab. Les origines inquiètes de La Renaissance orientale
Lucette Valensi : Dans les coulisses de l'orientalisme savant
Pascale Rabault : Du judaïsme à l’indianisme: Theodor Benfey
Céline Trautmann-Waller : Les Mélanges judéo-arabes d’Ignác Goldziher
Roland Lardinois : Sylvain Lévi passeur d’Orient : autorité savante et conscience morale
Isabelle Kalinowski : Max Weber, du judaïsme antique à Hindouisme et Bouddhisme
Sabine Mangold : Entre diplomatie et érudition : l’orientalisme au cœur des conflits du premier XXe siècle.

 

http://www.lyber-eclat.net/nouveautes.html

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 18:04

book_1479.jpg

Mademoiselle Rachel
Solitudes d’une tragédienne
ROMAN 
136 pages
Prix public : 12,00 euros
Prix Internet (5 % de réduction) :
11,4 €

Mademoiselle Rachel, la tragédienne, connut au xixe siècle une renommée mondiale. Mais sa vie fut brisée par la phtisie.
Toute l’existence de Rachel est à l’image de ce vers de René Char : « Si nous habitons un éclair, il est le cœur de l’éternel », car elle voulut toujours atteindre l’intensité de l’être.

L’auteur nous livre ici une vie romancée de ce personnage, où ses pensées, ses désirs, ses rêves sont magnifiés. Le texte donne à entendre la sensibilité d’une femme, passionnée et exaltée, perdue dans les ans.
Introduction de Jean-Pierre Allali



Imprimer le BON DE COMMANDE
http://www.editions-glyphe.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=1479
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