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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 07:59

Article paru dans L'Express

Une polémique bien actuelle est née au Royaume-Uni, autour du choix de l’actrice Helen Mirren pour incarner le personnage de Golda  Meir dans un film annoncé pour 2022. Signe des temps, les médias outre-manche préfèrent parler de ce débat plutôt que du sujet véritable : à savoir le film lui-même, et l’intérêt que la figure de Golda Meir continue de susciter, plus de quarante ans après sa disparition. La parution d’une autobiographie inédite en français est l’occasion de nous interroger sur les raisons pour lesquelles “Golda” demeure toujours digne d’intérêt aujourd’hui.



 

Helen Mirren dans le film Golda de HBO. (Crédit : Jasper Wolf)

 

Le livre La maison de mon père, qui retrace la jeunesse et les débuts de l’engagement politique de Golda Meir, aux Etats-Unis puis dans la Palestine mandataire des années 1920, est intéressant à plusieurs titres. On y trouve la description d’une génération - celle de la Troisième Alyah - qui a vu édifier plusieurs institutions essentielles du Yishouv, comme la Haganah (ancêtre de Tsahal) ou la Histadrout, puissante centrale syndicale qui tenait lieu “d’Etat dans l’Etat” avant 1948 - et des valeurs fondatrices du sionisme travailliste, aujourd’hui moribond.

 

On y voit également l’émergence d’une femme politique de premier plan, dont le rôle dans l’édification de l’Etat est incontesté, même si son aura a pâli après la Guerre de Kippour, qui a mis fin à sa carrière. Mais on y voit aussi une conception du féminisme qui mérite sans doute d’être prise au sérieux, malgré la distance temporelle et culturelle qui nous en sépare. “Le fait est que j’ai vécu et travaillé toute ma vie avec des hommes, mais que d’être une femme n’a jamais représenté pour moi un obstacle, en aucune façon. Non, je n’en ai jamais ressenti ni malaise ni infériorité, ni pensé pour autant que l’homme est mieux loti que la femme – ou que c’est un désastre que de donner le jour à des enfants…” écrit-elle.

 

Comme l’explique Pnina Lahav, auteur d’une biographie de Golda Meir au titre significatif, “La seule femme dans la pièce”, Golda Meir se différenciait d’autres femmes de sa génération, membres comme elle du “Conseil des femmes pionnières”, par une attitude plus réservée envers la cause féministe. Sa conception du “féminisme constructif” - qui revendique l’égalité des droits et des devoirs sans pour autant renoncer à rien de l’identité féminine - est moins radicale que celle d’autres militantes sionistes socialistes, aux yeux desquelles le combat des femmes avait préséance sur l’édification d’une patrie juive.

 

Ainsi, écrivait Golda dans un article publié au début des années 1930, “Il est difficile de considérer de manière positive le courant féministe dans lequel la ségrégation basée sur le sexe est considérée comme unee grande réussite. L’hostilité envers les hommes chez certaines féministes peut prendre des formes odieuses, comme lorsqu’elles interdisent aux hommes de prendre part à leurs délibérations.  Ou encore, dans son autobiographie plus tardive : “Je ne suis pas une grande admiratrice de cette forme particulière de féminisme qui se manifeste par les autodafés de soutien-gorge, la haine de l’homme ou les campagnes contre la maternité”.

 

Le paradoxe de l’attitude de Golda Meir envers la cause féministe peut être résumé ainsi : elle a d’une part joué un rôle important dans le “Women’s empowerment” au sein du mouvement sioniste, lequel était tout autant imprégné du modèle patriarcal que la société juive traditionnelle dont il prétendait s’émanciper. Mais elle a aussi accepté dans une certaine mesure la place prépondérante des hommes, et notamment de David Ben Gourion - son mentor - tout en lui reprochant implicitement son machisme, qui ressort à travers sa fameuse déclaration (“Golda est le seul homme de mon gouvernement”). 

 

Ou, pour dire les choses autrement, son “féminisme constructif” ne lui a pas fait jeter le bébé du sionisme travailliste avec l’eau du bain du pouvoir masculin. Le féminisme revendiqué par Golda Meir est, comme on le voit, bien éloigné des mouvances féministes plus radicales qui ont connu depuis le succès que l’on sait. La lecture de ses souvenirs de jeunesse n’en est que plus instructive pour découvrir le parcours de la troisième femme devenue Premier ministre - et la seule à ce jour en Israël.

https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/le-feminisme-selon-golda-meir-etre-une-femme-n-a-jamais-ete-un-obstacle-pour-moi_2168429.html

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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 09:19
Golda Meir, le sens politique est-il inné ou acquis? Liliane Messika
On peut trouver de quoi répondre à cette question dans la biographie la plus précoce de la « grand-mère d’Israël », dont la traduction française, par Pierre Lurçat, vient de paraître, avec une riche préface offrant un éclairage enrichissant.

Valeurs fondatrices

Toute jeune, déjà, Golda Meir incarnait les valeurs fondatrices qui ont guidé les jeunes pionniers du début du XXe siècle, qu’elle définissait comme « le travail juif, la défense juive, la vie collectiviste, le travail de la terre, la volonté de maintenir l’union des ouvriers… » En effet, explique Lurçat, c’est le sionisme travailliste qui les avait conduits à « renoncer à une vie plus facile et confortable pour devenir des paysans et des travailleurs ».

Golda Meir est née au XIXe siècle (en 1898) à Kiev, dans ce qui n’était pas encore l’URSS, mais la Russie tsariste : une grande ville interdite aux Juifs. Mais son père étant menuisier, cela faisait de lui un artisan qualifié. Kiev représentait une amélioration par rapport au shtetl d’où la famille était partie, mais les souvenirs qu’en garde la jeune Golda, née Mabovitch, ce sont les pogroms, « la gêne et la faim ».

A lire aussi, du même auteur: Gaza: la sortie du tunnel par le textile?

Son grand-père paternel avait été kidnappé à domicile à l’âge de 13 ans et enrôlé de force dans l’armée (pas encore rouge, même si les communistes conservèrent la tradition). Il y resta les 13 années suivantes. « On essaya de le forcer à se convertir, y compris au moyen de tortures physiques… mais il ne céda pas. C’était apparemment un homme très ferme dans ses convictions religieuses » explique sa petite-fille, qui ne l’a jamais connu.

Le rêve américain des Juifs de l’empire tsariste

Golda avait cinq ans quand son père émigra en Amérique. Au bout de trois ans, il eut les moyens de payer la traversée à sa famille. Mais pendant ces trois années, celle-ci avait vécu à Pinsk, chez le grand-père maternel, où sa sœur aînée s’était engagée dans le mouvement révolutionnaire socialiste sioniste. Golda avait donc huit ans quand elle accosta au Nouveau Monde. Elle gardait de la Russie « le souvenir des cosaques, les marécages de Pinsk, la vie de misère à Kiev, les cris provenant du poste de police… » Elle parlait russe et yiddish. Elle acquit très rapidement l’anglais et les idées révolutionnaires de sa sœur. « De mon père », dit-elle, « j’ai hérité l’obstination… De ma mère, j’ai reçu l’optimisme. » Remarque savoureuse, quand on apprend que son père était fermement opposé aux activités politiques de ses filles !

A lire aussi: Zemmour, le dernier israélite

Ses parents refusaient aussi qu’elle continue des études pour devenir institutrice comme elle en rêvait (versant optimiste). À quatorze ans, elle fugua donc pour rejoindre sa sœur à Denver (versant obstinée) et poursuivre lesdites études. C’est là qu’elle rencontra, l’année suivante, Morris Meyerson, un peintre d’affiches, qu’elle épousa à 19 ans, en 1917.

Dernier exil pour mettre fin à l’exode

Golda Mabovitch, épouse Meyerson émigra en Palestine avec sœur, neveux, mari et pas de bagages en 1921, deux semaines après les émeutes anti-juives de Jaffa (150 morts). Leurs parents les rejoignirent cinq ans plus tard. Elle avait quitté l’Amérique « avec un sentiment de pleine gratitude pour ses qualités… la liberté qui y régnait, les possibilités qu’elle offrait à l’être humain et la beauté de ses paysages. »

L’exil de Russie avait été guidé par la volonté de fuir un régime impitoyable et l’espoir d’un mieux-être matériel, celui d’Amérique était motivé par un idéal sioniste bien plus puissant, qui impliquait, en toute connaissance de cause, une considérable régression matérielle. Elle eut l’occasion de faire la synthèse de ses expériences russo-américano-israélienne en termes de démocratie lorsque, première ambassadrice de l’État juif renaissant en Russie, elle fut interrogée par des femmes russes sur sa fille, membre d’un kibboutz : « Je leur dis qu’elle cuisait le pain. Elles furent stupéfaites : elles pensaient qu’en tant que fille de diplomate, elle était certainement la directrice du kolkhoze… »

La suite appartient à la grande Histoire 

Golda Mabovitch, épouse Meyerson, devenue Meir tout court en 1956, fut la quatrième Premier ministre d’Israël (1969-1974), troisième de son espèce, après Sirimavo Bandaranaike au Sri Lanka (1960) et Indira Gandhi en Inde (1966).

A lire aussi: Good Morning, Israël !

Pour autant, son féminisme pragmatique tranche sur les récriminations des anti-féminicides contemporaines : « Je ne suis pas une grande admiratrice de cette forme particulière de féminisme qui se manifeste par les autodafés de soutien-gorge, la haine de l’homme ou les campagnes contre la maternité. Mais j’avais le plus grand respect pour ces femmes énergiques, qui travaillaient dur dans les rangs du mouvement travailliste… en Palestine. Cette sorte de féminisme constructif fait vraiment honneur aux femmes et a beaucoup plus d’importance que de savoir qui balaiera la maison et mettra le couvert. »

Pour ce qui est de sa propre vie, elle déclara à propos de son mari (dont elle se sépara en 1940) lui être « éternellement reconnaissante pour de nombreuses choses que’[elle n’a pas] reçues à la maison et que lui [lui] a transmises », ajoutant qu’elle était « capable de recevoir en abondance de ceux qui [l]’entourent ». En français, cela s’appelle tolérance et c’est âprement combattu par le wokisme et les néo-féministes qui lui feraient horreur.

L’honneur de l’une est l’horreur des autres

Ce qui ferait horreur aux intersectionnelles de tout poil, c’est une déclaration de Golda Meir adressée aux Palestiniens après la guerre des six-jours : « Nous pourrons sans doute un jour vous pardonner d’avoir tué nos enfants. Mais il nous sera beaucoup plus difficile de vous pardonner de nous avoir contraints à tuer les vôtres. La Paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous haïssent. » Elle n’a toujours pas été entendue.

* Golda Meir, La Maison de mon père, éditions Books on Demand 2022.

https://www.causeur.fr/golda-meir-la-maison-de-mon-pere-224694

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 09:06

« Je crois que nous trouverons la paix avec nos voisins, mais je suis sûre que personne ne fera la paix avec un État d’Israël faible. Si Israël n’est pas fort, il n’y aura pas de paix » Golda Meir.

 

J’ai devant moi un livre inédit en français et traduit par les soins de Pierre Lurçat : « La maison de mon père », soit des souvenirs de jeunesse de Golda Meir. Cette traduction est précédée d’un préambule du traducteur. Il s’agit de la troisième publication de la collection La Bibliothèque sioniste (Éditions L’Éléphant, Paris-Jérusalem). Je rappelle les titres des deux publications précédentes (je les ai présentées sur ce blog) : « La rédemption sociale, éléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque » et « État et religion, question autour de la tradition juive » de Vladimir Jabotinsky. Et il est annoncé la parution prochaine dans cette même collection d’un autre écrit de Vladimir Jabotinsky, un texte fondamental : « Le mur de fer. Les Arabes et nous ».

Pierre Lurçat ouvre son préambule sur ces mots : « Les souvenirs de jeunesse qu’on lira ici ont été publiés en Israël en 1972. Golda Meir était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Trois ans plus tard, après sa démission et son retrait de la vie politique, elle rédigera une autobiographie plus complète sous le titre « Ma vie ». Le texte ici publié en français pour la première fois ne couvre en effet qu’une partie de la vie de l’auteur – celle qui s’étend de son enfance à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioriture d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924) ».

Golda Meir, membre de la Troisième Alyah, une Alyah qui a appliqué les valeurs de la Première Alyah transmises par la Deuxième Alyah (soit les valeurs fondatrices du sionisme travailliste dont rend compte le livre que j’ai entre les mains) par le biais d’une expérience directe et non par un programme ou des théories.

 

Golda Meir (1898-1978)

 

La polémique entre Juifs « laïques » et Juifs « religieux » est assez bruyante au sein et à l’extérieur du monde juif. Or, cette séparation n’est pas aussi marquée que certains le prétendent, par ignorance ou à dessein. Ces pages le laissent entendre et je pourrais en revenir à Moses Mendelssohn, le Juif « éclairé » par excellence, le Juif de l’Aufklärung. Or, ce Juif des Lumières fut également un Juif observant, très observant même…

Dans son préambule, l’auteur esquisse une biographie de Golda Meir dans laquelle je relève deux points saillants, soit le déclenchement de la guerre du Kippour (5 octobre 1973) et une certaine conception du féminisme. On a volontiers attribué à Golda Meir, alors Premier ministre, de l’imprévoyance tandis que le ministre de la Défense d’alors, Moshe Dayan, était épargné par la commission d’enquête. Son chef d’état-major, David Elazar, s’était quant à lui prononcé pour une attaque préventive. Deuxième point : la conception du féminisme de Golda Meir qui occupe la dernière partie du préambule, conception qu’elle expose dans des pages plus tardives de son autobiographie publiée en français chez Robert Laffont, en 1975, sous le titre « Ma vie ». Elle y évoque le « féminisme constructif » bien différent de celui que cherche à nous imposer un certain battage médiatique. Je me permets à ce propos une parenthèse. Israël laboratoire du monde (une expression à même de susciter de vastes développements) est aussi un laboratoire des relations femmes/hommes. Fier de sa tradition pionnière, Israël est aussi un pays pilote en matière de « féminisme constructif » et notamment par le biais de son armée de défense.

Ce petit livre se structure suivant trois parties soit : « La maison de mon père », que reprend le titre général, « Mes premiers jours au kibboutz » et « Trois rencontres », soit un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie de réception du titre de Citoyenne d’honneur de la Ville de Jérusalem, le 18 mai 1971. Je vais en rendre brièvement compte tout en vous invitant à lire ce livre dans son intégralité.

La maison de mon père.

Il s’agit d’une suite de portraits familiaux esquissés avec vigueur, une suite dont ressortent le portrait du père, de la mère et d’une sœur qui a eu une importance particulière dans la vie de Golda Meir, ce qu’elle dit dès la première page : « Mon engagement politique me vient plutôt de ma sœur que de mes parents ». Ce sont des portraits vigoureux, sobres et empreints de respect. Golda Meir présente une famille forte où les femmes tiennent une place centrale, à commencer par cette grand-mère, prénommée Golda, sans laquelle aucune décision n’est prise. Golda Meir estime devoir quelque chose à chacune et à chacun de ses proches et elle les en remercie. De fait, on éprouve du bonheur à lire ces pages où la famille apparaît comme un puissant socle et où les relations femmes/hommes ne sont pas systématiquement dénigrées comme elles le sont aujourd’hui par divers mouvements, l’homme étant présenté comme un oppresseur et un violeur potentiel. Le père occupe une belle place dans ces pages même si Golda Meir confie que la mère « était plus sagace que mon père et plus à même de prendre des initiatives ».

Les parents de Golda Meir donnent naissance à huit enfants (quatre fils et quatre filles), cinq d’entre eux meurent avant leur un an. Ne reste que trois filles dont Golda et Shayne, de neuf ans son aînée, un personnage central pour la future Premier ministre de l’État d’Israël.

Golda Meir naît à Kiev dont elle n’a que très peu de souvenirs. A cinq ans, elle revient avec sa famille à Pinsk (en Biélorussie) dont tous sont originaires tandis que le père part pour les États-Unis afin d’y préparer un meilleur avenir pour lui et sa famille. Shayne commence à militer dans le mouvement sioniste socialiste, ce qui crée une immense inquiétude dans la famille, y compris chez Golda, et ce qui pousse la mère à accélérer leur départ pour les États-Unis. Golda est profondément influencée par le sionisme de cette sœur, et elle sait qu’elles ne sont pas bundistes.

Golda Meir a huit ans. La famille part pour les États-Unis où le père qui est syndiqué à Milwaukee se considère déjà comme un peu américain. Shayne refuse de s’américaniser et de quitter les habits de deuil qu’elle porte depuis la mort de Theodor Herzl (en 1904). La mère ouvre un magasin mais le père se tient à distance de ce projet et veut rester ouvrier, une condition dont il est fier. Shayne trouve un travail dans un atelier de couture et envoie une part de son salaire à ses camarades du mouvement socialiste sioniste. Suite à la Révolution russe de 1905, de nombreux militants de ce mouvement émigrent aux États-Unis. Certains s’installent à Milwaukee où ils se réunissent à l’occasion dans l’appartement des parents de Golda.

Les tensions entre les parents et Shayne se multiplient et Golda devient un intermédiaire entre eux et elle dont elle prend souvent le parti. Golda aide son père affilié à la branche du Joint (American Jewish Joint Distribution Committee) de Milwaukee au cours de la Première Guerre mondiale ; elle le fait avec grand plaisir et en œuvre plein accord avec son père. A Milwaukee, les partis sionistes se regroupent et constituent le Poale Zion (un mouvement sioniste socialiste) en opposition aux Juifs socialistes mais opposés au sionisme. Suite à des tensions avec ses parents (concernant principalement le choix des études et de la profession), Golda rejoint Shayne à Denver. La famille de Golda est une famille juive traditionnelle. Sa langue est le yiddish. L’hébreu se tient timidement à l’arrière-plan. Les parents militent activement, notamment au sein du B’nai B’rith. Golda et sa sœur partent pour Israël en 1921. Les parents les rejoindront cinq ans plus tard. Elles partent pour Israël, Golda avec son mari, sa sœur sans son mari (qui doit s’occuper de la famille laissée sur place) et avec ses deux enfants. Malgré ses excellents souvenirs des États-Unis, Golda n’éprouvera jamais la nostalgie de ce pays car « notre installation en Eretz-Israël nous semblait tellement naturelle, tellement évidente, et ce dès le premier instant ».

Elle et sa sœur décident de rejoindre une kvoutsa (village collectif), soit Merhavia. En attendant, les deux sœurs logent dans un appartement de Tel Aviv. Shayne reste à Tel Aviv où elle travaille dans un hôpital tout en s’occupant de ses enfants. Golda et son mari finissent par s’installer à Merhavia.

Les parents arrivent en Eretz-Israël. Golda et son mari partagent leur temps entre Tel Aviv et Jérusalem. Les parents s’installent à Herzliya où le père construit presqu’entièrement de ses propres mains sa maison, l’une des premières de la zone C de ce village. Elle est située sur un promontoire entre deux villages arabes. Golda écrit : « Herzliya se trouvait alors entre deux villages arabes et la situation sécuritaire n’était pas très brillante. Comme la maison de mon père se trouvait sur un promontoire, on y avait installé la cache d’armes de la Haganah, et presque jusqu’à son dernier jour, il ne renonça pas à son tour de garde nocturne. Pendant les événements de 1929, les femmes et les enfants furent évacués de cette partie de Herzliya, mais ma mère refusa de partir et y resta avec mon père. »

Mes premiers jours au kibboutz.

J’ai lu et relu ces quelques pages avec un plaisir particulier. Il s’agit d’un discours en réponse au discours de bienvenue prononcé par des membres du kibboutz Revivim (où vivent alors sa fille et sa famille), en 1969, un jour de Pessah. A partir de souvenirs d’une vie quotidienne rude et pleinement assumée, on perçoit les qualités de cette grande dame. L’essentiel de ces quelque vingt pages a trait à l’expérience de Golda dans la cuisine du kibboutz où elle avait travaillé. Elle commence par confier qu’elle ne savait alors pas grand-chose au sujet des kibboutz, et elle évoque les difficultés rencontrées à Merhavia du fait d’un préjugé défavorable à l’égard d’une jeune fille américaine, mariée de surcroît.

Elle donne nombre de détails touchant au quotidien et à ses efforts pour l’améliorer avec les moyens du bord, très limités. Elle évoque la préparation du pain à laquelle elle est préposée. Elle décide de le pétrir non pas à sec comme les anciennes ou avec beaucoup d’eau (ce qui facilite le travail) mais avec un peu d’eau. Et puis il y a le problème de l’huile, du petit-déjeuner, du poisson salé et autres questions culinaires, sans oublier la lessive et le repassage des vêtements… Il est également question des mouches, un problème contre lequel l’inventive Golda ne trouve pas de solution : « L’été, nous allions en général travailler vers quatre heures du matin car, lorsque le soleil se levait, le travail dans les champs prenait fin. Nous nous enduisions de vaseline (lorsqu’il y en avait), nous portions des cols hauts, des manches longues, nous nous couvrions de châles – et nous revenions avec des mouches collées dans les oreilles, les yeux et le nez. Les vaches elles-mêmes fuyaient les champs pour leur échapper ». Il y a aussi la malaria (Golda en est victime et est hospitalisée) et la fièvre pappataci dont elle décrit les symptômes d’autant mieux qu’elle en est également victime. Et elle termine son discours sur cet espoir a priori si simple mais si compliqué pour Israël d’une vie tranquille, d’une vie paisible pour le peuple d’Israël, une vie non pas d’une heure, d’une nuit mais de chaque heure, de chaque nuit, « car c’est ainsi que cela doit être ».

Trois rencontres.

Trois rencontres ? Golda Meir nous rappelle qu’elle a grandi dans une famille juive traditionnelle mais sans jamais vraiment comprendre ce que signifiait Jérusalem, à commencer par le Kotel, sans comprendre ce que pouvait représenter le fait de glisser entre ses pierres un morceau de papier, un kvitel. Pourtant, une fois devant, elle comprend… C’est la première rencontre.

La deuxième rencontre. Guerre des Six Jours, elle peut enfin se rendre au Kotel à peine libéré. Devant le Kotel prient de jeunes parachutistes revêtus d’un châle de prière. Elle s’approche et glisse un kvitel entre deux pierres. Survient alors l’une des choses les plus grandes de sa vie (ce sont ses mots) : l’un des parachutistes « qui ne savait sans doute pas qui j’étais (…) posa sa tête sur mon épaule et se mit à pleurer comme un nourrisson » et « j’eus le privilège (…) d’être pour lui comme une mère ».

La troisième rencontre. Près du Kotel, en soutien aux Juifs d’U.R.S.S., un puissant État qui cherche à couper ses citoyens Juifs de leur passé et de leur présent et, ainsi, les empêcher de penser l’avenir de leur peuple.

Golda Meir, « La maison de mon père », traduction et présentation de Pierre Lurçat, éditions Books on Demand

Olivier Ypsilantis

https://zakhor-online.com/

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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 15:19

 

 

 

 

Pierre Lurçat présente le livre au micro de Cathy Choukroun sur RADIO QUALITA

 

https://www.youtube.com/watch?v=T5aGrpsaHI4

 

“Une des plus grandes dames de la scène politique israélienne…”

Ilana Ferhadian, RADIO J

 

https://www.youtube.com/watch?v=iiJLxxXn3-M

 

On éprouve du bonheur à lire ces pages où la famille apparaît comme un puissant socle”.

Olivier Ypsilantis, Zakhor Online

 

“La biographie la plus précoce de la« grand-mère d’Israël », avec

une riche préface offrant un éclairage enrichissant”.

 

Liliane Messika

 

En 1972 paraissait en Israël le premier livre autobiographique rédigé par Golda Meir, qui était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Ce texte, publié en français pour la première fois, couvre la partie de la vie de l’auteur qui s’étend de son enfance en Russie et de sa jeunesse en Amérique, à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioritures d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924). 

 

La maison de mon père, traduction et présentation de Pierre Lurçat, éditions Books on Demand

 

Les demandes de service de presse (papier ou numérique) doivent être adressées à

Noémie Machner

+33 (0)1 53 53 14 89

presse@bod.fr

avec en copie 

editionslelephant@gmail.com


 

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 09:22
Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

 

Éditions L’éléphant - La Bibliothèque sioniste

Paris-Jérusalem

Le 11 janvier 2022

 

 

COMMUNIQUÉ - Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

 

En 1972 paraissait en Israël le premier livre autobiographique rédigé par Golda Meir, qui était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Ce texte, publié en français pour la première fois, couvre la partie de la vie de l’auteur qui s’étend de son enfance en Russie et de sa jeunesse en Amérique, à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioritures d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924). 

 

La maison de mon père, traduction et présentation de Pierre Lurçat

 

Les demandes de service de presse (papier ou numérique) doivent être adressées à 

editionslelephant@gmail.com

 

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