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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 09:34
En lisant « Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain » de Pierre Lurçat – 2/4

Chapitre 1. Le mythe de la Nakba et la création de l’État d’Israël (page 27 à page 53).

La petite armée israélienne pauvrement équipée repousse une coalition arabe. Le narratif arabe est alors largement génocidaire mais il finit par être occulté par un autre narratif, celui de la Nakba qui s’est imposé non seulement aux Palestiniens mais à l’Occident où il est devenu l’élément le plus performant du mythe palestinien. La Nakba, c’est le mythe de l’injustice congénitale inséparable de la naissance d’Israël et dont serait victime un peuple innocent, le peuple palestinien. Ainsi les agresseurs se font-ils les victimes. Ce « génial » retournement n’en finit pas de séduire l’Occident.

Le monde arabo-musulman souffre d’un complexe d’infériorité/supériorité qui convertit ses défaites en accusation (nous avons perdu car nous avons été victimes de…) et lui évite ainsi toute réflexion auto-critique, l’autre devenant un bouc-émissaire. Le mythe de la Nakba est bien le produit de ce processus.

La première Nakba, 1920 (et non 1948). L’expression am al-nakba (année de la Nakba) apparaît pour la première fois chez l’historien arabe chrétien Georges Antonius dans « The Arab Awakening ». Il ne s’agit pas de la guerre israélo-arabe (de 1948) mais du partage de la « Grande Syrie » entre Français et Britanniques. Ainsi les Arabes syriens du Nord se trouvèrent-ils séparés des Arabes syriens du Sud qui seront appelés (à tort) « Palestiniens », soit des Arabes qui avaient émigré vers la Palestine en provenance de la Syrie et du Liban au cours des deux générations précédentes, pour des raisons économiques, la région se trouvant favorisée par l’activité sioniste. Ce sont eux qui en 1920 déclencheront les émeutes.

La Nakba donc, dans son sens premier, se rapporte au partage du Proche-Orient entre Français et Britanniques, rien à voir donc avec Israël (qui n’existait pas en tant qu’État) et les « Palestiniens », terme qui n’existait pas pour désigner les Arabes de la « Syrie du Sud ». Le narratif arabe va tout inverser. En 1948, les responsables arabes projetaient un transfert de la population (juive), une épuration ethnique voire un génocide. Ils perdent la guerre et accusent les Juifs sionistes d’être les porteurs de ces projets qui étaient les leurs…

Petits rappels : 1. L’Agence juive et le mouvement sioniste ont accepté le « Plan de partage de la Palestine de 1947 ». Les Arabes l’ont rejeté. 2. La guerre de 1948 a été déclenchée au lendemain de la proclamation de l’État d’Israël reconnu par l’O.N.U., une guerre soutenue par une coalition arabe considérable – mais il faudrait plutôt évoquer une coalition musulmane car à cette coalition s’ajoutent des combattants venus de plus loin. 3. La plupart des « Palestiniens » ont quitté leurs domiciles sur ordre de la Ligue arabe et des dirigeants arabes afin de laisser le champ libre à leurs armées pour annihiler « les Juifs mille fois maudits par Allah ». Nous sommes bien dans une logique de djihad. Par ailleurs, les dirigeants arabes projettent sur les sionistes leurs projets exterminateurs en invitant les « Palestiniens » à fuir.

Autre mythe qui s’inscrit dans une « conspiration » juive (ou sioniste), le Plan Daleth. Selon ce mythe, l’expulsion des « Palestiniens » était le vrai but de la guerre de 1948, guerre déclenchée par Israël, toujours selon le narratif « palestinien ». Cette thèse a connu un immense succès à partir des années 1990, une thèse concoctée par les Nouveaux historiens, des universitaires juifs israéliens. La Nakba s’ancre donc grâce à une solide propagande dans la guerre de 1948, la Nakba qui se présente comme étant à l’origine du conflit israélo-palestinien.

 

 

Le Plan Daleth était exclusivement militaire et en grande partie défensif, soit permettre la défense des populations juives face à l’offensive arabe. Mais ce plan est réinterprété de manière à enrichir le grand récit antisioniste et la vision antisioniste de l’histoire. Le mythe de la Nakba est une pièce maîtresse du discours antisioniste parce qu’il gomme le refus arabe d’un État juif, comme il gomme la volonté annihilation (arabe), avec réécriture de la guerre de 1948. Ce discours affirme que : 1. L’État d’Israël procède d’un « péché originel », ce qui lui ôte toute légitimité, morale et politique. 2. L’État d’Israël s’est livré à un « nettoyage ethnique » et, de ce fait, les Palestiniens représentent le parangon de la Victime, car « victimes des victimes ». 3. Le Plan Daleth est consubstantiel au projet sioniste. Effacé le refus arabe du plan de partage, oubliés les refus arabes des plans de paix successifs. Et la guerre de 1948 devint le « péché originel du sionisme ». A noter que ce montage a volontiers été le fait d’intellectuels juifs, ce que Pierre Lurçat montre dans son livre « La trahison des clercs d’Israël » dont j’ai rendu compte sur ce blog. « Péché originel du sionisme » et Nakba, sans oublier d’autres éléments du discours antisioniste, autant d’éléments qui confinent à la théologie et qui prennent appui sur des strates profondes, chez les chrétiens, les post-chrétiens et les musulmans. Le mythe de la Nakba est placé en symétrie de la Shoah – et « les victimes des victimes » sont les victimes par excellence.

Victimes des victimes, une expression qui aurait été élaborée par Edward Saïd, considéré comme le plus grand intellectuel palestinien. Edward Saïd, menteur professionnel (lire « The False Prophet of Palestine: In the Wake of the Edward Saïd Revelations » de Justus Weiner) qui s’invente un passé d’exilé palestinien (de Jérusalem) alors qu’il est originaire d’une riche famille du Caire où il a grandi. Ce mensonge biographique s’inscrit en abacule dans la grande mosaïque du mensonge antisioniste de la Nakba.

Ce renversement dialectique par lequel ceux qui ont refusé le Plan de partage de 1947 sont des victimes et ceux qui l’ont accepté sont des bourreaux permet à la mauvaise conscience européenne (l’Europe a été l’aire de la Shoah) de s’alléger formidablement, comme par enchantement.

Premièrement. Les promoteurs et les propagateurs du mythe de la Nakba énoncent par ailleurs qu’Israël est né de la Shoah dont il a « tiré profit » (la Shoah-business) pour mieux opprimer les « victimes des victimes », soit les Palestiniens. Le crime de la Nakba (présentée comme une nouvelle Shoah) ne peut donc être effacé que si l’État d’Israël est effacé.

Deuxièmement. Les « victimes des victimes », un mensonge chronologique d’abord. Israël n’est pas né de la Shoah. Le Yishouv, un proto-État, l’a précédé. L’opposition arabe à Israël n’est pas venue de la Nakba. Les violences anti-juives ont commencé dans les années 1920 et se sont poursuivies dans les années 1930. Pensons en particulier au pogrom de Hébron en 1929.

Troisièmement. Il n’y a aucune équivalence historique, morale, et juridique entre la Nakba et la Shoah.

Autre point de focalisation du discours anti-israélien (après le retrait de 2006) : Gaza. Israël s’est retiré de Gaza mais pour les antisionistes, Israël reste responsable de tout ce qui s’y passe…

Le mythe de la Nakba suppose trois négations : 1. La défaite. Les Arabes se posent en victimes d’un conflit dans lequel ils n’auraient aucune responsabilité ; ainsi évitent-ils de se remettre en question et s’épargnent-ils tout examen de conscience. 2. Les Juifs s’accommodent d’un plan de partage qui leur attribue un mini-État sur la bande côtière et qui n’inclut par Eretz Israel. Les Arabes le refusent, convaincus qu’ils pourront éradiquer l’État juif dès sa naissance dans une guerre d’extermination. 3. L’autre est nié. Pour une Palestine judenrein.

 

Chapitre 2. Le mythe du « génocide du peuple palestinien » (page 55 à page 84).

L’affaire Mohammed al-Dura reprend l’une des thématiques les plus anciennes de l’antisémitisme soit le « crime rituel », bien ancré dans l’imaginaire collectif. Ce schéma est systématiquement activé puisque tout Palestinien tué par Israël est une « victime innocente ». Les intentions exterminatrices arabes (et iraniennes) envers Israël sont activées (et justifiées) par l’accusation portée contre Israël d’un plan d’extermination des Palestiniens. De fait, une fois encore, les ennemis d’Israël projettent sur celui-ci leurs propres intentions génocidaires. Georges Bensoussan : « Tout discours meurtrier impute en effet à sa victime le dessein qu’il nourrit à son endroit ». C’est l’inversion victimaire (l’expression est de P.-A. Taguieff). Le « génocide du peuple palestinien » et autres mythes de l’antisionisme contemporain ont une filiation historique. Ainsi, l’accusation médiévale du Juif empoisonneur a-t-elle été reprise par Martin Luther, au XVIe siècle, lors du « complot des Blouses blanches », puis par Mahmoud Abbas, et plus récemment à l’occasion de la mort de Yasser Arafat. Les stéréotypes négatifs se sont constitués au cours des siècles. L’antijudaïsme ancien et l’antisémitisme moderne, sans oublier l’antisionisme, savent s’activer mutuellement. Les accusations antijuives (d’origine religieuse et en grande partie chrétiennes) se sont sécularisées. Les Lumières n’y ont pas mis fin, hormis l’accusation de déicide, et encore…

 

Une scène de la guerre d’Indépendance

 

L’accusation de crime rituel est troublante dans la mesure où les Juifs ont « horreur du sang ». Mais c’est bien en raison de leur opposition aux sacrifices que les Juifs ont été accusés de crime rituel. Le judaïsme s’est élevé contre les sacrifices humains, en particulier ceux d’enfants, et « c’est précisément le respect de la vie humaine qui, chez les Juifs, ferait scandale » écrit P.-A. Taguieff. Aujourd’hui, le respect de la vie humaine fait qu’Israël et sans cesse vilipendé et accusé de « crime de guerre », à Gaza notamment. Il faut lire Léon Poliakov à ce sujet. Le respect juif pour la vie irrite et fait scandale. A ce respect, les islamistes opposent : « Nous aimons la mort plus que vous (les Juifs) aimez la vie ». La morale juive fait encore scandale. Le verset du Deutéronome « Tu choisiras la vie » est perçu comme un signe de faiblesse mais aussi comme un affront à un monde mortifère qui est aussi celui de l’antisémitisme et de l’antisionisme. Israël sera toujours jugé négativement quoi qu’il fasse parce que ses ennemis n’ont pas la même conception de ce qu’est le Bien et de ce qu’est le Mal, tout simplement. Ajoutez à cette donnée l’inversion victimaire – voir l’analyse que fait P.-A. Taguieff des meurtres à caractère rituel imputés aux Juifs.

 

LIRE LA SUITE ICI

https://zakhor-online.com/?p=20468

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 15:45
EN LIBRAIRIE - Les mythes fondateurs de l’antisionisme contemporain

La récente “Guerre des dix jours” entre le Hamas et Israël a déclenché une nouvelle vague d’hostilité envers l’Etat juif, accusé de commettre des “crimes de guerre”, d’opprimer les Palestiniens ou d’être un Etat d’apartheid. A travers ces accusations multiples et diverses se fait jour un discours structuré, élaboré depuis plusieurs décennies, celui de l’antisionisme contemporain, qui se décline autour de quelques thèmes majeurs.

 

Le présent ouvrage analyse l’antisionisme comme une véritable idéologie, pour en comprendre les ressorts et les failles. Il apporte un regard informé sur ce sujet, rendu encore plus brûlant par la crise du Covid-19, qui a ravivé les flammes de la haine envers les Juifs et Israël. Après avoir analysé les différents mythes de l’antisionisme contemporain, il esquisse l’espoir de dépasser l’antisionisme, en instaurant une nouvelle relation entre Israël et ses voisins.

 

Le rapprochement spectaculaire entre Israël et plusieurs pays arabes du Golfe – qui s'est récemment traduit par la signature des Accords Abraham entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn – illustre la reconnaissance véritable de l'existence du peuple Juif dans sa réalité historique et géographique, par plusieurs pays musulmans, reconnaissance lourde de conséquences.

 

La signification théologique de ces accords est en effet plus importante encore que leur portée politique et économique. A contre-courant de la théologie arabe de la substitution, ces accords permettront peut-être de détruire le fondement théologique de l'antisionisme musulman et d'inaugurer une nouvelle ère dans les relations judéo-arabes, porteuse d'espoir pour la région et pour le monde entier.


Pierre Lurçat

Éditions l’éléphant - Jérusalem 2021.

En vente dans les librairies françaises d’Israël et sur Amazon.

Les demandes de service de presse doivent être adressées à pierre.lurcat@gmail.com

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 21:40
Parution de Seuls dans l’Arche, Israël laboratoire du monde

J’ai le plaisir d’annoncer la parution de mon livre Seuls dans l’Arche, Israël laboratoire du monde. Réflexion menée entre mars 2020 et mars 2021, ce livre aborde la crise mondiale provoquée par la pandémie du Covid-19 sous l’angle inédit de la double tradition juive et occidentale, nourri de la lecture de rabbins et de philosophes, de sociologues et de poètes.

 

Pour “sortir de l’Arche” et retrouver nos libertés, mises à mal par les politiques anti-Covid, il faut au préalable retrouver l’idée même de la liberté humaine, qui n’est pas seulement la liberté individuelle ou la protection de la confidentialité des données, auxquelles elle se réduit trop souvent aujourd’hui.

 

Il s’agit, bien plus fondamentalement, du libre-arbitre, mis à mal par des décennies d’assauts répétés venant des tenants d’une définition mécaniste de l’homme, considéré tantôt comme un système neuronal, tantôt comme un animal un peu plus évolué (thèse de Yuval Harari dans Homo Sapiens). Pour que la “sortie de l’Arche” ait un sens, il faut repenser l’homme, afin de refonder le monde sur de nouvelles bases plus solides. 

 

Il s’agit en effet de la définition même de l’homme et de sa spécificité, qu’il est urgent de réaffirmer aujourd’hui. Si Israël est aujourd’hui devenu le phare d’une humanité malade, pionnier de la vaccination et de la sortie de crise, ce n’est pas un hasard. Le monde attend en effet d’Israël - au-delà d’un modèle sanitaire - qu’il réaffirme la vieille parole venue du Sinaï.

 

Confinés depuis un an dans l’Arche, nous espérons entrevoir la colombe porteuse de la branche d’olivier qui annoncera la décrue puis la fin du Déluge et le retour sur la terre ferme et chaleureuse, augurant d’un nouveau départ pour une humanité plus juste et plus confiante.

Pierre Lurçat

Le livre est disponible uniquement sur Amazon.

Les demandes de service de presse sont les bienvenues : pierre.lurcat@gmail.com

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 19:35

Lire Pierre Lurçat, l’essayiste et le traducteur notamment des mémoires de Vladimir Jabotinsky est toujours intéressant et enrichissant. L’œuvre est importante.

En publiant un livre sur sa mère et un livre de souvenirs de sa mère, il a réussi à éviter les écueils de ce genre difficile qui, le plus habituellement, ne réjouit que les proches.

Bien sûr, son ouvrage[1] est un hymne à la mère mais il va au-delà. C’est une page d’Histoire. Il raconte la saga de mondes disparus, celle des Juifs de l’Est, celle du sionisme pionnier en Israël. Sionisme enthousiaste, sa générosité militante sur le terrain, ses difficultés et finalement l’échec ; la vie était devenue trop dure à ses grands-parents avec la naissance d’enfants. Et c’est l’exode vers Paris où, malgré le choc culturel, la difficulté de la langue, l’accent qui ne disparait jamais, les travaux harassants des gens simples, ses grands-parents et sa mère vivent une assimilation forte et un amour de ce pays. Une vie de labeur qui parait aujourd’hui pittoresque. Et pourtant, de la sueur et de la joie. Un Paris pittoresque et disparu. On y parle de la guerre, des regards suspicieux des voisins et de la police et pourtant… pourtant sa mère reste une adolescente rebelle, elle a quatorze ans. Ils échappent aux rafles et à la déportation mais pas aux camps en France. Sa mère le raconte. Et dans sa vie de jeune adulte, le flirt poussé avec le communisme, comment y échapper après-guerre ? Et du coup, les rapports ambigus de la gauche avec le sionisme rendent  les relations difficiles d’autant que son frère ainé est officier dans la jeune Tsahal. Et tout bascule à Prague avec son époux en mission pendant six mois pour une officine du parti communiste en 1951 en plein procès Slansky. Une confrontation entre les rêves de l’idéologie et la violence de la réalité. De retour à Paris, elle se consacre de plus en plus à la vie familiale et à la psycho-sociologie naissante. Une mère qui n’a cessé de se dévouer, de transmettre et de chanter quelque soient les vicissitudes. Quel message !

Et Pierre a trouvé un manuscrit inédit de sa mère, ses souvenirs d’enfance et d’adolescente[2]. Le charme du récit efface le tragique. Les difficultés deviennent des anecdotes. Bien sûr, les difficultés du Yichouv puis à Paris, dans le monde populaire de Monge/Maubert devenu depuis « bobo », les petits enfants qui jouent dans la rue pendant que les parents s’éreintent au travail. L’école et la maitresse qui dit que Lili ce n’est pas un prénom alors qu’elle venait justement de transformer Lipah en Lili pour faire plus français… la suspicion et les préjugés de certains enseignants sur les enfants d’étrangers. Les difficultés avec l’administration de la République quand on parle mal le français et qu’on a une autre culture. La pauvreté et les conditions de vie de l’époque : l’eau est au mieux sur le palier et les toilettes sont dans la cour. La rue pour se former, le cinéma et la bibliothèque pour se cultiver dans la joie car la joie est toujours là. Pour ces enfants, l’école de la République est la liberté. On méprise l’antisémitisme de l’entre-deux guerres, on en fait un problème de classes sociales. On assiste aux réflexions et pensées d’une enfant sur les adultes, regards qui sont d’une grande acuité.Et encore, la description d’un monde cosmopolite d’immigrés qui ne rêvent que d’intégration. Puis arrive la guerre et la débâcle.L’étoile jaune que les porteurs, honteux et apeurés, s’ingénient, évidemment, à cacher dans le métro, les regards sur eux, distants et suspicieux, des autres Français, lesquels prennent de la distance avec les humains marqués comme des animaux. Les histoires de dénonciations par des époux, des voisins, des profiteurs. L’adolescence et le flirt avec la résistance, l’arrestation de son père interné à Drancy où elle fait un court passage, si passer deux mois à Drancy est court… Le fait d’avoir été en Palestine mandataire fait de la famille des sujets britanniques qui sont exemptés du port de l’étoile et les fait envoyer à Vittel avec les autres ressortissants étrangers. La convention de Genève…

LaLibération ! La Libération est une explosion de libertés. C’est d’abord le BAC puis PCB où elle échoue, enfin la psychosociologie grâce au Pr Wallon. L’après-guerre c’est aussi le bilan des disparus et les séquelles chez les survivants et les groupes sionistes qu’elle quitte. Comment ne pas se rapprocher des communistes en ces temps-là ? C’est d’abord de la chaleur et de l’enthousiasme dans l’association des Auberges de Jeunesse, une succursale. Son séjour de six mois à Prague en plein procès Slansky avec son premier époux et son bébé Olivier, la guérit des structures politiques. Elle se consacrera désormais à ses recherches et à la deuxième famille qu’elle bâtit. Quelle saga !

La rédemption sociale: Éléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque

Pierre Lurçat a aussi, récemment,traduit, préfacé et publiéun essai de Jabotinsky : La rédemption sociale : éléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque[3]. Cet ouvrage majeur rassemble les idées économiques d’un homme qu’on fait croire de droite, quasi fasciste, et dont les pères travaillistes de l’Etat d’Israël auraient bien fait de s’inspirer pour la justice sociale. L’ensemble est passionnant et salvateur.

Richard Rossin

[1] Pierre Lurçat, Vis et ris, éditions L’éléphant-PIL, Jérusalem 2021, Amazon.

[2]Liliane Lurçat, Un parapluie pour monter jusqu’au ciel, Amazon.

[3] Sur Amazon

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