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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 15:19

 

 

 

 

Pierre Lurçat présente le livre au micro de Cathy Choukroun sur RADIO QUALITA

 

https://www.youtube.com/watch?v=T5aGrpsaHI4

 

“Une des plus grandes dames de la scène politique israélienne…”

Ilana Ferhadian, RADIO J

 

https://www.youtube.com/watch?v=iiJLxxXn3-M

 

On éprouve du bonheur à lire ces pages où la famille apparaît comme un puissant socle”.

Olivier Ypsilantis, Zakhor Online

 

“La biographie la plus précoce de la« grand-mère d’Israël », avec

une riche préface offrant un éclairage enrichissant”.

 

Liliane Messika

 

En 1972 paraissait en Israël le premier livre autobiographique rédigé par Golda Meir, qui était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Ce texte, publié en français pour la première fois, couvre la partie de la vie de l’auteur qui s’étend de son enfance en Russie et de sa jeunesse en Amérique, à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioritures d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924). 

 

La maison de mon père, traduction et présentation de Pierre Lurçat, éditions Books on Demand

 

Les demandes de service de presse (papier ou numérique) doivent être adressées à

Noémie Machner

+33 (0)1 53 53 14 89

presse@bod.fr

avec en copie 

editionslelephant@gmail.com


 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 17:40
Jean-Pierre Allali a lu "Seuls dans l'Arche, Israël laboratoire du monde"

Je reproduis ici la recension de mon livre Seuls dans l'Arche par Jean-Pierre Allali, publiée sur le site du CRIF. Jean-Pierre Allali, lui-même écrivain et journaliste, accomplit depuis des années un travail remarquable de lecture et de recension sur le site du CRIF. Il lit un nombre de livres considérable, qui concernent de près ou de loin le judaïsme et Israël, et dont la plupart sont - comme le mien - publiés à compte d'auteur ou chez des petits éditeurs qui n'ont pas les honneurs des grands médias. Qu'il en soit ici remercié. P. Lurçat

 

Seuls dans l’Arche ? Israël, laboratoire du monde, par Pierre Lurçat (*)

 

Né à Princeton, Pierre Lurçat a grandi à Paris avant de faire son alyah. Il vit désormais à Jérusalem. Comme de nombreux intellectuels, il a été fortement secoué par la pandémie de Covid-19 qui a atteint la planète de plein fouet, désemparant le monde. Et comme chaque grande crise, cette catastrophe universelle aura été l’occasion d’une réflexion profonde. Avec, en toile de fond, l’espérance qu’il ressortira finalement un bien de cette terrible période.

Déjà, au lendemain de la Première Guerre mondiale, le célèbre rav Abraham Kook avait pressenti l’émergence d’un monde nouveau. Lurçat, dans son bel exposé, en appelle à bien des penseurs : Aristote, Maïmonide, Husserl, Bonnefoy, Marty, Proust,Jaccottet, Arendt, Levinas, Braunstein, Peter Singer, Henri Baruk, Harari,Fondane, Benamozegh, Nietzsche, Huxley, Ellul, Gauchet…

Le monde se retrouve aujourd’hui dans une sorte d’Arche de Noé. Dès lors, on peut se demander : « La crise actuelle, qui affecte chacun de nos actes quotidiens les plus élémentaires, n’est-elle pas ainsi une ‘revanche’ inattendue de la vieille pensée anthropocentrique de Jérusalem sur la vision cosmocentrique, issue des Grecs et de la science moderne, dont le triomphe a été annoncé trop hâtivement ? »

 

Il faut impérativement, nous dit Lurçat, remettre l’homme au centre du monde et retrouver un langage vrai, une parole poétique et prophétique. Car l’heure est grave. « Le 20ème siècle avait proclamé la « mort de Dieu ». Le 21ème siècle sera-t-il celui de la fin de l’homme ? »

Le judaïsme, parce qu’il a toujours prôné la fraternité et l’amour du prochain, peut offrir une piste de réflexion. D’une manière générale, il conviendra de réhabiliter l’État pour refonder la politique.

Israël, dont les médias du monde entier ont vanté la parfaite gestion de la crise du Covid-19, pourrait, nous dit Lurçat, en réinsufflant l’esprit des Prophètes, devenir un phare pour les nations désemparées.

« Aujourd’hui, alors qu’il est revenu sur sa terre pour ne plus la quitter, le peuple d’Israël doit redevenir le première source de l’inspiration de la politique moderne, en faisant revivre l’ancienne notion de la royauté de David, Malhout Israël, pour éclairer et ré-enchanter le monde ».

C’est Israël, laboratoire du monde, qui a vocation à nous sauver du nouveau Déluge.

Remarquable !

 

Jean-Pierre Allali

(*) Autoédition.  2021. 128 pages.

 

http://www.crif.org/fr/content/lectures-de-jean-pierre-allali-seuls-dans-l%E2%80%99arche-isra%C3%ABl-laboratoire-du-monde-par-pierre

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 13:02
Finkielkraut et BHL, le dialogue devenu impossible des disciples de Levinas Par Elise Karlin

 

En 2000 à Jérusalem, ils ont cofondé avec Benny Lévy un institut destiné à étudier la pensée du philosophe Emmanuel Levinas. Pendant quelques années, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy confronteront leurs idées sans animosité. Une époque révolue.

« Levinas mérite mieux. » 24 octobre 2021. Invité du « Grand Rendez-Vous », l’émission politique diffusée sur Europe 1 et sur CNews, Alain Finkielkraut vient de passer plus de vingt minutes à défendre l’obsession identitaire d’Eric Zemmour. Le philosophe lui a reconnu « le mérite de l’extrême ­sincérité », celui de « désigner le problème », et encore celui de « mettre la question de la France que nous voulons au cœur du débat de l’élection présidentielle ».

Arrive le moment de la pause publicitaire. Tout semble avoir été dit sur le polémiste d’extrême droite qui, à l’époque, n’est pas encore candidat, mais voici qu’Alain Finkielkraut plonge le nez dans ses fiches et se lance dans une longue citation du « Bloc-notes » de Bernard-Henri Lévy, paru dans Le Point du 14 octobre, à propos du même Zemmour : « Je le vois piétiner tout ce qui, dans le legs juif à la France, relève de la morale, de la responsabilité pour autrui ou de cet ancien et beau geste qui dessina, jadis, la lumineuse figure de l’étranger sur la terre et qui devrait nous inspirer dans notre hospitalité face aux migrants. »

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Emmanuel Levinas face à l'arrogance de la pensée

Finkielkraut relève les yeux. « Là, souligne-t-il, Bernard-Henri Lévy se réfère implicitement à la haute pensée d’Emmanuel Levinas. Alors, moi, je vais dire une chose très claire : Levinas mérite mieux. La sagesse de l’amour, ce n’est pas le prêchi-prêcha du pape François. Donc je ne veux pas que le judaïsme enrobe de son prestige la morale de conviction qui n’est qu’un narcissisme, une posture éthique. »

La journaliste Sonia Mabrouk préfère relancer sur la petite querelle que sur la grande philosophie, buzz oblige : « A bon entendeur ! », s’amuse-t-elle. « Non, ce n’est pas contre Bernard-Henri Lévy lui-même, se récrie Alain Fin­kiel­kraut, faussement ennuyé. C’est cette manière de mobiliser le judaïsme là où, à mon avis, il n’a rien à faire. »

Une influence sur toute une génération de philosophes

Il est peu probable que le nom et la pensée d’Emmanuel Levinas soient familiers au grand public. En revanche, celui-ci est ­coutumier des polémiques, puisque c’est désormais dans les médias que s’affrontent les penseurs du XXIe siècle. Dans cette arène qui va de la télé aux réseaux sociaux, l’excès est la clé du succès.

Pourtant, les mêmes qui s’outragent aujourd’hui se sont appréciés hier. Pendant quelques années, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy ont même réussi à dialoguer, portés au-delà de leurs divergences par un même attachement à la pensée du philosophe Emmanuel Levinas. Au sein de l’Institut d’études lévinassiennes (IEL), qu’ils ont contribué à fonder à l’aube du nouveau millénaire, Finkielkraut et BHL ont ainsi participé à une aventure intellectuelle ambitieuse sur la spécificité de la pensée juive.

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Avant que la médiatisation ne prenne le pas sur la réflexion et que le temps ne transforme l’Institut en chapelle pour initiés, de grands intellectuels s’y sont exprimés, se sont accordés parfois, ont divergé souvent, sans jamais transformer le débat en pugilat. Une réussite, donc, d’autant plus paradoxale qu’elle s’est nouée autour d’un esprit peu connu du grand public, qui n’a pas bénéficié de l’aura extatique d’un Jean-Paul Sartre ni de la cour empressée d’un Michel Foucault.

Emmanuel Levinas est l’une des figures majeures de la philosophie du XXe siècle. Né en 1905, juif d’origine lituanienne, il quitte la Russie après la révolution d’Octobre, fuyant l’antisémitisme. Naturalisé français au début des années 1930, il enseigne la philosophie et participe à introduire en France la lecture de Heidegger. Mobilisé en juin 1939, prisonnier quelques mois plus tard, il passe la guerre en déportation dans un stalag et découvre, à son retour, que presque toute sa famille restée en Lituanie a été massacrée par les nazis.

La Shoah conduit ce grand lecteur du Talmud et de la Torah, qui s’est toujours défini comme « un juif pratiquant la philosophie » plutôt que comme « un philosophe juif », à redéfinir la notion d’éthique. Toute sa vie, inspiré par le chaos du siècle, Levinas, professeur à la Sorbonne, directeur de l’École normale israélite orientale de Paris, s’est interrogé sur l’altérité, la responsabilité, sur ­l’hospitalité et sur la phénoménologie de l’amour. Il a influencé une génération de philosophes, parmi lesquels Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy.

Des querelles qui divisent toute la communauté juive

L’héritage du maître fait rarement consensus chez les disciples. Emmanuel Levinas n’échappe pas à la règle… Entre Finkielkraut et BHL, la parenthèse enchantée du dialogue est close depuis longtemps – la joute médiatique apporte bien plus de satisfaction narcissique, et Éric Zemmour n’est que la dernière occasion de mettre en scène leur divergence d’interprétation. Aux yeux de Finkielkraut, le candidat ultraconservateur, qui se sert notamment de sa judéité pour ­porter une parole historique ­révisionniste, ne contrevient à aucune des valeurs philosophiques du judaïsme.

S’il avai

Aux yeux de Bernard-Henri Lévy, au contraire, ces valeurs sont intrinsèquement contra­dictoires avec le propos de ­l’ancienne star de CNews, plusieurs fois condamné pour provocation à la haine raciale et religieuse. « Je le dis aux juifs de France tentés de se reconnaître dans le simplisme funeste d’Éric Zemmour, écrit BHL dans Le Point du 14 octobre : cette hubris nationaliste et raciste, cette cruauté, ce renoncement à la générosité juive, à la fragilité juive, à l’humanité et à l’étrangeté juives, (…) tout cela est une offense au nom juif. »

Cette querelle qui oscille entre la philosophie et la politique, si elle est incarnée dans les médias par BHL et Finkielkraut, ne leur est pas propre. Elle divise toute la communauté juive. « Éric Zemmour, résume un article du Monde paru le 25 octobre, agit, en réalité, comme le révélateur d’un clivage qui traverse les Français juifs, entre un sommet – incarné par des institutions qui lui sont hostiles – et une base, où son discours trouve une résonance. »

Depuis 2012, et l’attentat de Mohammed Merah contre l’école juive Ozar-Hatorah de Toulouse, de nombreux Français se sentent en effet menacés par l’islam radical en raison de leur confession juive. S’il avait pu scroller Twitter sur son iPhone, Emmanuel Levinas aurait eu du mal à y déceler la trace de l’humanisme et de la tolérance qui ont irrigué sa pensée.

De Mao à Moïse

Il est loin, le temps où la philosophie faisait dialoguer des esprits dis­cordants. C’était en 1996, quelque temps après la mort de Levinas. À l’époque, un homme inaugure, en Israël, une série de séminaires philosophiques par un cycle sur l’auteur de Totalité et Infini (1981). Cet homme est aussi clivant que Levinas est fédérateur, aussi radical que Levinas est réconciliateur. Cet homme a marqué le gauchisme ­post-68. Il s’appelle Benny Lévy.

Fondateur et maître à penser de la Gauche prolétarienne, un groupe maoïste, il a abandonné la révolution au milieu des années 1970 pour se consacrer, de manière tout aussi radicale, à la philosophie et à l’étude des textes sacrés. L’ancien agitateur de Mai 68, respecte désormais à la lettre les principes les plus stricts du judaïsme. De Mao à Moïse. En 1995, il a quitté la France pour Jérusalem et les lieux saints du judaïsme.

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Benny Lévy, la révolution impossible

Décidé à populariser la pensée de Levinas en Israël, où il est peu connu, Benny Lévy fonde d’abord une école doctorale, l’Institut de philosophie et de littérature, sorte d’antenne extra-muros de l’université Paris-VII, où il a enseigné jusqu’à son départ et qui permet à des étudiants francophones israéliens de voir leurs travaux validés par des professeurs français.

L’Institut connaît un beau succès ; les interventions des philosophes français comme Jacques Derrida font salle comble. Mais voici qu’après presque quatre ans d’existence il est fermé par son université de tutelle – règlements de comptes entre anciens gauchistes, murmurent les amis de Benny Lévy. Lequel se trouve d’un coup privé de ressources et d’un lieu pour exercer son métier…

À Jérusalem, un « moment de grâce »

Benny Lévy croit aux forces de l’esprit. En l’occurrence, celui d’Emmanuel Levinas, qui fait le lien entre trois hommes que tout oppose : Benny Lévy, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy. Ils se connaissent depuis longtemps. Benny Lévy, un temps secrétaire de Sartre, a même servi de répétiteur à BHL pour le mettre au niveau en philo lorsqu’il était en hypokhâgne…

Avec Finkielkraut, ils se sont ­violemment opposés à ­l’occasion d’un débat sur la laïcité après l’affaire du foulard islamique du collège de Creil, en 1989. À l’époque, Alain Finkielkraut dénonce « l’effacement de la France républicaine » au profit d’une « France tribale », alors que le Conseil d’État a tranché en faveur des jeunes filles qui refusaient d’ôter leur voile.

Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut ne sont pas en reste : au moment où Benny Lévy leur donne rendez-vous dans un café de Saint-Germain-des-Prés, en 2000, les deux intellectuels sont à couteaux tirés autour du « cas » Renaud Camus. Finkielkraut s’est attiré les foudres de BHL après avoir ardemment défendu le théoricien du « grand remplacement », accusé d’antisémitisme pour s’être ­interrogé, dans son Journal, sur le nombre d’intervenants juifs dans une émission, aujourd’hui disparue, de France Culture

Qu’importent leurs divergences : aux côtés de Benny Lévy, c’est un même attachement à la diffusion de la pensée de Levinas qui les ­rassemble. BHL et Finkielkraut, habitués des plateaux télé et des cercles parisiens, vont user de leur entregent et de leurs réseaux pour dénouer la situation et sauver leur camarade de la misère. Enfin, en 2000, le ministère de l’éducation nationale et le Quai d’Orsay donnent leur aval à la création, en Israël, d’un nouveau lieu d’enseignement. Ce sera l’Institut d’études lévinassiennes. Finkielkraut, Benny Lévy et BHL en sont officiellement les cofondateurs.

L’Institut d’études lévinassiennes se lance dans les clameurs et la fureur du début de l’année 2001, alors que la deuxième Intifada secoue le Proche-Orient et que l’antisémitisme progresse partout en Europe. Le 14 février, le premier débat public de l’IEL s’intitule « La mémoire, l’oubli, solitude d’Israël ». « Mon meilleur souvenir de l’époque, assure aujourd’hui BHL. Une salle immense sur les hauteurs de Jérusalem, plus de monde que de places, des gens dehors… “Je veux l’émeute !”, disait Benny, dans un vieux réflexe de révolutionnaire, avec ce rire en cascade qui était le sien. Ce fut un moment de grâce. Nous pensions au-dessus de nous-mêmes ! Et nous avions réussi ce pari : ouvrir un espace de dialogue entre des juifs qui ne se parlaient pas, gauche contre droite, libéraux contre orthodoxes, universalistes contre talmudistes… »

LIRE LA SUITE

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/01/16/finkielkraut-et-bhl-le-dialogue-devenu-impossible-des-disciples-de-levinas_6109670_4500055.html

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 11:30
Le joueur d'échecs : le testament d'un poète juif ?, Eliette Abécassis


Stefan Zweig semble être le moins juif des écrivains juifs. Si on le compare à Franz Kafka, à Joseph Roth, à Albert Cohen, à Philip Roth, ou même à Marcel Proust, on s’aperçoit que la culture juive, la judéité, sous une forme ou une autre, l’identité et la communauté, la filiation ou la transmission, l’antisémitisme et la question du regard de l’autre sur son être juif sont presque absents de ses livres. On peut disserter pendant des pages et des pages au sujet du judaïsme chez ces grands auteurs, mais de Zweig, que dire ? Est-il un écrivain juif ? Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’un écrivain juif ? Y a-t-il vraiment des auteurs juifs et qu’écrivent-ils que les autres auteurs n’écrivent pas, d’une façon ou d’une autre ? Aucun de ces écrivains ne se définirait comme tel, pas même Philip Roth, pour qui l’identité juive est un perpétuel questionnement et une remise en question : « juif parmi les goys, goy parmi les juifs », comme il le dit dans La Contrevie.

Au thème juif, Stefan Zweig préfère en effet les thèmes universels, il raconte des histoires d’amour, de couple, de jalousie, de sentiments, il écrit des poèmes, des biographies historiques, et le judaïsme n’est certes pas au cœur de son œuvre : c’est comme s’il n’y avait pas de sujet de cet ordre chez Zweig. Fils d’une famille de la grande bourgeoisie viennoise, il est plus nourri de culture occidentale qu’intéressé par ses origines et sa religion, et semble plus concerné par le ravage de la beauté et de la culture que par la montée de l’antisémitisme. Ses livres ne semblent pas parcourus par la question de son identité, ni même par des personnages juifs, historiques ou fictifs, sauf quelques apparitions comme le père de la jeune infirme, juif hongrois d’origine modeste, dans La Pitié dangereuse.
 

« Si l’on recherche l’identité juive chez Zweig, on la trouve évoquée dans deux nouvelles : Le Chandelier enterré, d’après une légende concernant la ménorah, le candélabre sacré qui restait allumé dans le temple de Jérusalem. Et Le Bouquiniste Mendel »
 

Excellent traducteur et connaisseur de la littérature française, il a écrit sur Montaigne et c’est peut-être de cet écrivain descendant de juifs marranes qu’il se rapproche le plus. Montaigne, qui représente la quintessence de l’esprit français, le début de la littérature à travers l’invention de l’autobiographie, la justice et la morale, l’humanisme, mais aussi l’ouverture sur le monde par un esprit éclairé critique des religions et des superstitions, n’est sans doute pas ce que l’on appelle un auteur juif. Pourtant, par sa mère, une Lopez de Villanueva, il venait d’une famille de marranes, et peut-être aussi par son père, Pierre Eyquem, possible descendant de convertis originaires du Portugal. Et Zweig aime à rappeler que la mère de Montaigne était juive. Son combat contre la barbarie, contre la tyrannie et toutes les formes de cruauté, contre le fanatisme et l’injustice, sa volonté d’ouverture et de connaissance d’autrui sont à mettre en perspective avec son héritage marrane si l’on considère l’histoire tragique des juifs d’Espagne, pourchassés par l’Inquisition et forcés de se cacher sous une autre identité pour survivre. Montaigne, derrière les masques, cherche l’homme et le définit par son universalité. Et c’est en cela qu’il paraît être un auteur juif.

Si l’on recherche l’identité juive chez Zweig, on la trouve évoquée dans deux nouvelles : Le Chandelier enterré, d’après une légende concernant la ménorah, le candélabre sacré qui restait allumé dans le temple de Jérusalem. Et Le Bouquiniste Mendel, nouvelle écrite en 1929, où il s’attache à ce personnage qui ne fait que lire pendant toute sa vie et finit heimatlosaprès la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire apatride. Deux écrits qui évoquent la question de la permanence de l’identité juive, à travers le symbole et le livre, malgré la haine et la dégradation. [...] > ACCÉDER AU NUMÉRO

ÉLIETTE ABÉCASSIS

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 09:22
Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

 

Éditions L’éléphant - La Bibliothèque sioniste

Paris-Jérusalem

Le 11 janvier 2022

 

 

COMMUNIQUÉ - Parution d’un livre autobiographique inédit de Golda Meir

 

En 1972 paraissait en Israël le premier livre autobiographique rédigé par Golda Meir, qui était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Ce texte, publié en français pour la première fois, couvre la partie de la vie de l’auteur qui s’étend de son enfance en Russie et de sa jeunesse en Amérique, à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioritures d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924). 

 

La maison de mon père, traduction et présentation de Pierre Lurçat

 

Les demandes de service de presse (papier ou numérique) doivent être adressées à 

editionslelephant@gmail.com

 

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 08:07
Première réussie pour le Salon des auteurs israéliens francophones à Jérusalem

 

Le pari de Michaël Blum, journaliste, fondateur de la librairie “Au fil d’Ariane” à Jérusalem et organisateur du “Salon des auteurs israéliens de langue française” a été tenu. Le premier salon qui a eu lieu hier soir dans les locaux de Qualita était, de l’avis de tous, une grande réussite. Je voudrais faire partager ici au lecteur quelques-unes des rencontres que j’ai faites lors du Salon.

 

Mon voisin, aux côtés duquel j’ai exposé mes propres livres, était Moché Cohen-Solal, écrivain et talmid hakham, auteur d’un des premiers ouvrages en français traitant des lois du deuil. Moché Cohen-Solal est aussi l’auteur d’une biographie du rabbin Rahamim Naouri, et de livres sur des sujets très différents, comme Avner ou la génération retrouvée, et un Petit dictionnaire passionnel des vies de Jérusalem, livre d’inspiration appartenant au genre sui generis des livres écrits par des habitants de Jérusalem.

 

Petit Dictionnaire Passionnel des vies de Jerusalem

Parmi les autres écrivains habitants de la capitale d’Israël et du peuple Juif, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Françoise Coriat, qui après cinquante années à Jérusalem, a publié deux beaux livres, dont un livre intitulé Pérégrine et un très beau livre pour enfants, que j’ai acheté pour mes petits-fils, intitulé “A Boissy, Véronique”. Françoise Coriat est non seulement l’auteur de ces livres, mais également l’illustratrice et ses dessins sont très délicats.

 

J’ai eu le plaisir de retrouver, parmi les autres exposants, mes amis Maryline Médioni et Richard Rossin, auteur du beau livre L’indifférence et autres horreurs, le rabbin Elie Kling, l’historien Alain Michel, Jessica Philippe, auteur d’un beau livre sur le thème de la Emouna, ou encore l’historien spécialiste du judaïsme algérien, Yossef Charbit, dont j’ai eu le plaisir de faire la connaissance.

 

Autre rencontre enrichissante, celle du grand-rabbin Alain Weil, avec lequel j’ai pu discuter longuement du thème de son livre, Quand Rachi parlait français. Il s’agit d’une véritable somme consacrée aux “luazzin”, les expressions en français dans les commentaires du Talmud. Le rabbin Weil, véritable Talmid Hakham, érudit et modeste, a consacré dix années de travail pour mener à bien ce travail et publier ce livre.  Je n’ai pas pu assister à la table ronde, animée par Stéphane Amar, sur le sujet “Ecrire en français, vivre en hébreu”, mais nul doute que le débat était passionnant. Encore bravo à Michaël Blum, une initiative à renouveler!

P. Lurçat

Le grand-rabbin Alain Weil

Le grand-rabbin Alain Weil

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9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 17:15
Houellebecq, écrivain religieux ?

La fin du christianisme social et culturel constitue l’un des faits les plus massifs de notre modernité occidentale. Paradoxalement cependant, cette disparition se produit dans une sorte d’absolue indifférence, tout juste interrompue par quelques discussions aimables entre experts de la sociologie religieuse et croyants désormais minoritaires.

De ce point de vue, l’œuvre de Michel Houellebecq fait figure d’exception. Ses romans ont pour trame ce « double effacement de l’univers culturel jadis structurant et de la réflexion sur ses causes et ses effets », comme le note le sociologue Yann Raison du Cleuziou dans ce livre collectif stimulant sur l’écrivain et la question de la foi.

→ CRITIQUE. « Anéantir », de Michel Houellebecq, extinction du domaine de la lutte

L’ouvrage, affirme l’introduction, veut moins s’interroger sur la foi problématique de l’individu Houellebecq que «sonder l’horizon religieux de son œuvre, explorer cette brèche qui fissure l’étouffant enfer de la modernité telle qu’il la représente ». Voire ! Car les deux sont intimement liés. Le lecteur est autant interpellé par la réflexion sur le devenir d’une société où n’existe plus de « religion quelconque », que touché par la quête personnelle et désespérée d’un écrivain marqué au fer rouge par le constat pascalien de « la misère de l’homme sans Dieu », et traquant désespérément, à travers ses personnages, la présence d’un signe divin…

Sur le premier aspect, Michel Houellebecq dresse le constat dans La Possibilité d’une île : « rien, jamais, ne peut avoir d’importance historique comparable au développement d’une nouvelle religion, ou à l’effondrement d’une religion existante ». La religion est alors vue comme un système théologico-politique, unique ciment possible du corps social. De ce point de vue, sa vision religieuse est plus une nostalgie d’un ordre révolu, ce que confirme sa critique féroce – et assez drôle – des « cathos de gauche », accusés d’une forme d’apostasie, par leur rejet de l’ordre moral lié au christianisme.

L’islam aurait-il plus d’atouts ? Soumission peut prêter à des lectures diverses, mais l’aspect quasi caricatural dans ce roman de la démonstration d’une France où la fraternité musulmane aurait remplacé la fraternité chrétienne ou républicaine a du mal à convaincre.

Compagnon de route

Pour l’islam, comme le christianisme, on a le sentiment que Houellebecq connaît lui-même toutes les limites d’une religion réduite à un rempart social et une doctrine politique. Mais c’est pourtant bien dans cette recherche d’une réponse à la désintégration d’une société que se place sa quête personnelle d’un Dieu. Un Dieu qui est aussi un Dieu amour, christique, comme en témoigne la fin dérangeante de Sérotonine.

→ CRITIQUE. Michel Houellebecq, assiette froide

Peut-on pour autant faire de Houellebecq un écrivain catholique ? Non, mais bien une sorte de compagnon de route des croyants, dont il épouse les désirs en restant sur ses propres frustrations. Vouloir, mais ne pas pouvoir : on pourrait ainsi résumer le rapport de l’écrivain au religieux. « Dieu ne veut pas de moi, il m’a rejeté », dit-il lors d’un entretien. C’est dans cette brèche justement que, miracle de l’écriture, il tisse ses plus belles pages mystiques, dans un lien déchirant avec l’au-delà. Un au-delà pour lequel les personnages féminins, seules capables de générosité et de don de soi jouent le rôle de passeuses. Lui permettant d’entrevoir fugitivement l’existence de ce Royaume inaccessible.

https://www.la-croix.com/Culture/Houellebecq-ecrivain-religieux-2022-01-05-1201193294

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 09:16

 

Vingt ans avant la parution du livre de Soshana Zuboff, L’âge du capitalisme de surveillance, un jeune philosophe français avait déjà publié un livre au titre étonnamment similaire : Surveillance globale, sous-titré Enquête sur les nouvelles formes de contrôle. Eric Sadin a depuis lors poursuivi et développé sa réflexion sur les bouleversements apportés par l’ère du numérique, notamment à travers une trilogie: La Vie algorithmique, La Silicolonisation du monde et L’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle, tous trois récemment réédités en poche.

 

Les trois livres ont été publiés aux éditions L’échappée,  éditeur parisien créé en 2005, qui s’est donné pour mission de “promouvoir une pensée critique à l'égard des discours aveuglément technophiles qui dominent l'idéologie contemporaine”. Ce petit éditeur qui accomplit un travail remarquable, loin du brouhaha médiatique, a notamment, outre les ouvrages de Sadin, publié le grand livre de Neil Postman, Technopoly, aux côtés de ceux de Jacques Ellul (L’empire du sens, l’art et la société technicienne) ou encore de Bernard Charbonneau.

 

Eric Sadin, comme Zuboff et bien d’autres critiques contemporains de la révolution numérique et des bouleversements sociétaux qu’elle entraîne, envisage l’ère numérique comme la dernière mutation du capitalisme et comme sa dérive monstrueuse. Mais loin de se contenter d’une critique politique, somme toute assez répandue aujourd’hui, il l’accompagne d’une authentique réflexion philosophique. Un des aspects originaux de sa critique consiste ainsi à montrer comment la technique s’est - à l’époque du numérique - affranchie du pouvoir politique, parce que, explique-t-il, “le techno-pouvoir méprise le pouvoir politique, et plus encore le droit, il considère tout encadrement ou restriction de son champ d’initiative comme un abus“ (p. 201).

 

Ce mépris du politique est au coeur de plusieurs phénomènes que connaissent aujourd’hui la plupart des pays démocratiques, en proie à la désaffection pour la politique en tant que recherche du bien commun (1). Sadin analyse celle-ci comme “l’agonie ou la fin de la société” liée au “repliement de chacun sur sa sphère propre” (p. 160), thème qu’il a développé dans son livre plus récent, L’ère de l’individu tyran. Sa critique de la raison numérique part du constat que celle-ci repose entièrement sur un “rapport quantitatif au réel”, qui aboutit à vouloir “transformer en information chaque fragment du réel”, notamment “par l’implantation massive de capteurs” (p. 50). 

 

Sadin montre comment cette ambition technologique repose sur un “rapport totalisant aux phénomènes”. Celui-ci aboutit, explique-t-il, à “l’exclusion du sensible”, dont il esquisse la généalogie, la faisant remonter à une longue tradition datant de “la Grèce antique, en passant par la Renaissance - de Galilée à Bacon - les Lumières, le positivisme du XIXe siècle jusqu’à la Science moderne”. Le rejet du sensible concomitant à la mathématisation du réel - auquel remonte en définitive tout le projet du “Big Data” et de la raison numérique triomphante - avait déjà été critiqué par Husserl dès 1936, dans son fameux article la Krisis, que cite Sadin sans toutefois s’y arrêter suffisamment…Cet aspect crucial de la critique de la raison numérique aurait mérité d’être développé et approfondi, tant il est essentiel à la compréhension du sujet.



 

Sans doute manque-t-il, plus généralement, au livre d’Eric Sadin une réflexion sur la dimension morale, qui permettrait d’exposer le ressort caché de notre civilisation actuelle, marquée par le double mouvement contradictoire (dont Sadin a bien saisi le caractère paradoxal) de l’exaltation permanente du moi, de la flatterie constante de ses désirs d’un côté, et d’abolition de la liberté de l’autre côté, abolition inhérente à l’ethos fondateur de la Raison numérique. En effet, le fantasme sur lequel repose en définitive toute cette entreprise gigantesque est bien celui d’abolir non seulement le droit (comme l’a bien vu Sadin) mais aussi et surtout d’abolir la Loi morale, pour y substituer le désir individuel érigé en seul maître.

 

 

La lucidité remarquable de l’auteur dans la description des effets de cette entreprise totalisante va de pair avec une relative timidité philosophique dans sa critique de la Raison numérique. Celle-ci mériterait ainsi d’être poussée plus avant, dans au moins deux directions fondamentales. La première consisterait à complèter la critique de la technique (située dans le sillage de Jacques Ellul) et de la technologie numérique par une critique plus radicale encore de la Science moderne et de son projet philosophique (2).

 

La seconde consisterait à déceler dans le rêve illusoire et effrayant d’un “‘homme augmenté” et d’un “Quantified World” l’ultime conséquence du rejet de toute norme transcendante, inhérent à l’idéologie post-moderne (3). Ce qui manque, en somme, pour parachever la critique essentielle d’Eric Sadin, c’est la notion hébraïque du Tselem dont le rejet actuel par toutes les idéologies proclamant la fin de l’homme ou du libre-arbitre, permet de comprendre comment l’Occident en est arrivé là où il se trouve aujourd’hui.

 

Pierre Lurçat

 

1. J’aborde ce sujet dans mon livre Seuls dans l’Arche, Israël laboratoire du monde, éditions l’éléphant 2021.

2. Sur ce point, je renvoie aux ouvrages de François Lurçat, et notamment La science suicidaire, Athènes sans Jérusalem, éd. François-Xavier de Guibert 1999.

3. L’idéologie post-moderne est analysée par Shmuel Trigano, dans son livre La nouvelle idéologie dominante, le post-modernisme, Hermann 2012.

 

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4 janvier 2022 2 04 /01 /janvier /2022 10:48
EN LIBRAIRIE - La Guerre de l'attention. Comment ne pas la perdre d'Yves Marry et Florent Souillot

Un livre sur un sujet capital dont nous reparlerons!

 
 
 
 
 
La Guerre de l'attention
Comment ne pas la perdre
 –
 Yves Marry et Florent Souillot
 
256 pages | 14 x 20,5 cm | 2022
18 euros | ean 9782373091014
 
 
 
C’est une guerre qui nous fait passer l’essentiel de notre temps devant un écran. Une guerre dont nous sommes à la fois les victimes et les agents quand nous réagissons sur Twitter, quand nous notons un chauffeur sur Uber, quand nous swipons sur Tinder... Une guerre qui fait de nombreux dommages, en premier lieu chez les plus jeunes : obésité, troubles du sommeil et de la concentration, isolement… sans compter la mise en danger du lien social et du débat démocratique, et l’accélération de la catastrophe écologique. Une guerre que se livrent les plus grandes entreprises pour capter notre temps de cerveau. Cette guerre, c’est celle de l’attention.
Au fondement de notre liberté et de notre bien-être, l’attention est une ressource rare et précieuse. Elle pourrait disparaître si son exploitation, immense gisement de profits, n’est pas limitée. Pour cela, les manuels de « bon usage » du numérique ne suffiront pas. Refusant les fausses promesses du « techno-solutionnisme vert », ce livre est une arme pour mener la reconquête collective de notre attention. Nourri par un travail de terrain, il propose une plongée dans les rouages de l’économie de l’attention ainsi que des propositions politiques concrètes. Ou comment faire de la déconnexion un pilier de la transition écologique à venir, au service d’une société conviviale et décroissante.
 
Yves Marry a vécu quatre années en Birmanie, où il a été le témoin de l’arrivée soudaine d’Internet et des smartphones. Florent Souillot est responsable du numérique chez Gallimard-Flammarion depuis 2009. Ensemble, ils ont fondé et animent l’association Lève les Yeux !, collectif pour la reconquête de l’attention.

 

https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/la-guerre-de-attention

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2 janvier 2022 7 02 /01 /janvier /2022 10:04
Salon des auteurs israéliens de langue française à Jérusalem le 9 janvier

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