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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:30

Présentation de l'éditeur (éditions des Rosiers)

1493… Gabriel, jeune juif miraculé, se retrouve en Algérie, ayant échappé aux violences et persécutions ordonnées par Isabelle la Catholique, en Espagne. Il va tenter de retrouver sa famille exilée quelque part en Afrique. Au fil des pages, on suit le parcours chaotique de ce petit homme têtu qui refusera l’adversité.

Ses descendants survivront dans ce Maghreb pas toujours bienveillant jusqu’à l’arrivée de la France en 1830, qui leur permettra de sortir de l’obscurantisme. En 1962, fuyant l’Algérie indépendante, ils se réfugieront en France, abandonnant à tout jamais leurs biens et leurs racines.

Émotion, tendresse, bonheur, cruauté, peines, autant de sentiments qui jalonnent ce livre, nous faisant découvrir, sur cinq siècles, à travers une saga familiale, l’histoire souvent méconnue des juifs d’Algérie. Ce livre, qui commence en 1492 et se termine en 1962, met, pour la première fois, en exergue l’exode des juifs d’Espagne avec celui de leurs descendants, les juifs d’Algérie.

DHIMMI

Didier NEBOT est né à Castiglione en Algérie. Il est médecin, historien et romancier. 

Le chemin de l’exil (Presses de la Renaissance, 1992).

Le dernier commandement (Ed. Anne Carrière, 1995).

La Kahéna – Reine d’Ifrikia (Ed. Anne Carrière, 1998). Roman historique évoquant la reine berbère d’un petit royaume juif ayant résisté à la conquête arabe au VIIe siècle (Voir rubrique Histoire).

Les Tribus oubliées d’Israël – L’Afrique judéo-berbère, des origines aux Almohades (Ed. Romillat, 1999).

Et les enfants furent sauvés… Les jeunes juives de la Sainte-Baume (Ed. Pascal, 2008).

http://www.editionsdesrosiers.fr/

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 20:00

Le royaume de Jérusalem fut fondé par les princes chrétiens à la fin de la première croisade lorsqu ils s emparèrent de la ville. Le premier roi fut Godefroy de Bouillon en 1099.

La période est fascinante et peu de livres sérieux lui sont consacrés. Elisabeth Crouzet-Pavan étudie comment les chroniqueurs du temps ont réussi à écrire, à décrire et à faire exister deux faits inouïs : la croisade et ce qui en résulta : la création du royaume de Jérusalem. Comment un roi de chair put-il régner là où le Christ avait été roi ?

Dans ce livre stimulant, Elisabeth Crouzet-Pavan montre la fabrication complexe de cet objet historique tout à fait mystérieux pour les hommes de ce temps.

41iIQeU-CHL. SL500

Biographie de l'auteur

Professeur d histoire du Moyen Âge à l Université de Paris IV-Sorbonne, Elisabeth Crouzet-Pavan est l auteur, entre autres, de Venise triomphante (Albin Michel, 1999), qui a reçu le Grand Prix de l Académie des Inscriptions et Belles Lettres 2000, et d Enfers et Paradis (2001), tous deux en semi-poche.

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 14:42

51QrNMcsXqL._SL500_AA300_.jpgPrésentation de l'éditeur (Editions Ovadia)

Il est commun de rechercher les sources philosophiques des philosophes, comme il est commun de philosopher à partir des philosophes. Mais n'existe-t-il pas des sources fondamentales, non philosophiques, de la philosophie et n'est-il pas permis de philosopher en puisant dans des sources externes à la philosophie ? Le présent essai se déploie selon un double mouvement qui consiste d'une part à identifier des traces bibliques éclairantes à l'intérieur de la pensée humaine, d'autre part à tenter de penser réellement à partir du dévoilement scripturaire et en consonance avec lui. Ainsi prendrait forme, comme un chemin, ce que nous avons pu appeler une pensée biblique, une pensée centrée sur l'être humain et son expérience secrète de la transcendance.

Biographie de l'auteur

Bernard Grasset. Docteur en philosophie, traducteur de l'hébreu et écrivain, il s'attache à explorer les correspondances entre culture hellénique et culture judéo-chrétienne tout en mettant en constant contrepoint le domaine exégétique et le domaine philosophique (ou poétique).

 

http://www.leseditionsovadia.com/site/


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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 15:22

Je dédie cette page à la mémoire de Lily (Rahel) Sherwood (1927-2013), infatigable militante de la cause juive, qui s'est éteinte à Jérusalem cette semaine. יהיה זכרה ברוך

 

RAHEL.pngJ'envie le lecteur qui ne connaît pas encore Rachel Blaustein et qui va découvrir, grâce aux éditions Arfuyen et au traducteur Bernard Grasset, une des plus originales voix poétiques d'Israël...P.I.L


Présentation des éditions Arfuyen:

 

Rachel est l’une des grandes pionnières de la littérature hébraïque moderne. Son œuvre se compose de trois recueils dont le troisième est paru  juste après sa mort : Saphiah (Regain), Minégéd (De loin) et Nébo.

 
     Rachel Blaustein est née en 1890 à Saratov, au bord de la Volga, au sein de terres boisées et enneigées. Elle est d’une famille très nombreuse. Commerçant aisé, son père est un homme juste attaché à la tradition. Sa mère, fille de rabbin, est en relation avec des hommes d’esprit très connus, comme Tolstoï.

 

     Rachel écrit ses premiers poèmes en russe à quinze ans. Avec sa sœur Suzanne, elle projette un voyage en Terre Sainte avec l’intention de revenir en Russie. Mais en 1909, c’est le départ et bientôt s’efface le désir de retour. Rachel décide de se mettre au travail agricole dans la ferme-école de Kinnéret  afin de «jouer une mélodie avec la bêche et tracer un dessin sur la terre».

 

     Appelée en 1913 à se perfectionner en agronomie, elle part pour l’université de Toulouse, en France. Lorsque éclate la première guerre mondiale, Rachel regagne la Russie où elle vit dans le plus grand dénuement.

 

rahels to,bEn 1919, elle retrouve la Terre Sainte et s’installe dans le kibboutz de Degania, au sud du lac de Tibériade. Les années d’exil et de misère l’ont marquée du sceau de la douleur, et elle se sait maintenant atteinte par la tuberculose. Ses dernières années sont marquées par le combat contre la maladie. Elle séjourne dans divers logements à Jérusalem, puis chez son frère, à Tel-Aviv. Comprenant l’issue mortelle de sa maladie, Rachel écrit avec passion des poèmes, sans se lasser. Elle meurt à l’hôpital de Tel Aviv, en 1931. Conformément à sa volonté, elle repose à Kinnéret. Un jardin de palmiers en signe d’amitié posthume y porte son nom.

 


Tout est béni, pour tout il est un chant consolateur,
En tout des signes cachés, et tout aide
à enfiler le santal de suaves paroles
D’une main imaginaire.
                                             Tel-Aviv, 1926.

*

Scruter deux lignes depuis longtemps écrites :
L’encre s’est presque effacée,
Le papier froissé a jauni,
S’exhale une odeur ancienne.

Oh le toucher léger, la force profonde
De la main du souvenir !
Voici l’offrande du signe, nulle offrande que le signe –
Et le lointain devient proche.
 
*
Rachel Bluwstein
Tibériade

Là les hauteurs du Golan, tends la main, effleure-les !
à travers un sûr silence, elles intiment l’arrêt.
En rayonnante solitude dort l’antique Hermon
Et le Pisgah immaculé forme rempart.

Là au bord du lac, il y a un palmier au feuillage tombant,
Chevelure dénouée ainsi qu’un enfant rebelle,
Dévalant la pente et au sein des eaux de Tibériade
Baignant ses pieds.

Combien se fortifient les fleurs en hiver près du krak,
Le sang de l’anémone, l’or du safran.
Il y a des jours où l’herbe devient sept fois plus verte,
Soixante-dix fois se parfait le bleu clair dans le firmament.

Même pauvre, allant humblement,
Le cœur meurtri par l’exil,
Te trahirai-je, oublierai-je
L’amour du printemps de ma vie ?
                                                            Tel-Aviv, 1927.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 08:15

51wFxynb7-L._SL500_.jpgParis, 1945. Dans la France libérée, les Juifs rescapés de la Shoah doivent faire face à des difficultés morales et matérielles qui semblent compromettre l’avenir du judaïsme en France. Contre toute attente, des écoles juives d’un genre nouveau ouvrent pourtant leurs portes dans la capitale. Cette réforme de l’éducation juive prend sa source dans la Résistance. Dès 1940, un groupe de jeunes Juifs, membres de mouvements de jeunesse, lance un ambitieux plan de retour au judaïsme. Versés dans l’étude des textes de la tradition, ces résistants fondent alors une stratégie de "résistance biblique" qui sera le point de départ d’un vaste mouvement de redéfinition de l’identité juive en France.

 

Marginale à ses débuts, l’entreprise culminera dans les années 1960 avec la fondation d’un véritable courant intellectuel, l'École juive de Paris. En plus de suivre l’aventure personnelle d’hommes et de femmes à la volonté exceptionnelle, cette étude offre une plongée dans la fabrication in vivo d’une identité religieuse moderne et ouverte sur la cité, qui est parvenue à s’imposer à la Libération autour de Jacob Gordin et de l’école d’Orsay. Sur la base de son analyse du rôle décisif de la Résistance dans les renaissances du judaïsme français après la Seconde Guerre mondiale, Johanna Lehr propose une périodisation nouvelle de l’histoire du judaïsme français.

 

Biographie de l'auteur

Johanna Lehr est docteur en science politique de l’université Paris 1. De la Résistance aux renaissances du judaïsme français est son premier livre, issu de sa thèse. Chercheur associé à l’association Yahad–In Unum, elle travaille aux côtés du père Desbois dans la recherche des fosses communes des Juifs et des Tsiganes fusillés par les nazis en Europe de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale.

 

  • Broché: 250 pages
  • Editeur : Editions Le Bord de l'eau (23 février 2013)
  • Collection : Clair & Net
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 12:40

la-republique-juive-de-staline-anne-nivat-9782213633404.gifChroniques du Birobidjan, oblat autonome soviétique créé en 1934 à l'instigation de Staline dans l'Extrême-Orient russe afin d'y installer les Juifs d'URSS. L'auteure retrace l'afflux initial d'émigrés vers cette terre promise qui s'est vidée ensuite de ses habitants israélites. Elle retranscrit des témoignages de Birobidjanais désormais établis en Israël ou en Chine.

 

Anne Nivat, née le 18 juin 1969, est un grand reporter, reporter de guerre et écrivain français. Elle s'est spécialisée depuis dix ans dans des zones sensibles (Tchétchénie, Irak, Afghanistan…), parfois sans autorisation.

Elle obtient le prix Albert-Londres en 2000 pour son livre Chienne de guerre : une femme reporter en Tchétchénie, écrit après un séjour clandestin en Tchétchénie où elle s'était fondue dans la population locale.

 

En 2004, elle reçoit le prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot pour Lendemains de guerre en Afghanistan et en Irak. Dans les dix dernières années, elle a passé son temps à arpenter, en toute indépendance, ces pays en guerre où l'on ne donne pas la parole à la population locale. N'habitant que chez les habitants, quels qu'ils soient, vêtue comme une femme locale, prenant son temps, Anne Nivat revendique le « droit à la lenteur » et le reportage « à l'ancienne », ne jurant que par l'expérience directe.

 

Après avoir été correspondante à Moscou pour Libération, elle est depuis 2004 envoyée spéciale pour Le Point.

Elle est la fille de Georges Nivat et l'épouse du journaliste Jean-Jacques Bourdin.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:49

UN-SEUL-AMOUR.jpg«Ce roman, dont le mode de narration fait penser au meilleur du cinéma contemporain, met en scène des personnages saisissants. Son vrai sujet est bel et bien l’identité israélienne et il devrait devenir un livre de référence pour la nouvelle génération. » Haaretz

Na’omi, Tamar et Sasha. Trois femmes, trois générations, trois regards sur la société israélienne d’aujourd’hui, dans un premier roman obsédant qui révèle une nouvelle voix.
Qu’il pleuve ou qu’il vente, Na’omi arpente inlassablement la route entre Saint-Jean-d’Acre et Haïfa. Depuis la mort de son fils Amos, elle a perdu la tête. Intriguée par cette vieille femme qui refuse toute aumône, la jeune Tamar, hantée elle aussi, mais par la disparition de sa sœur, est loin d’imaginer qu’elle a un lien avec elle. Tout comme Sacha qui, fuyant le comportement de son insupportable sœur, une actrice de films X, se révèle liée par le hasard aux deux autres femmes…


Sous la plume de Kalanit W. Ochayon, dans une langue moderne et singulière, Na’omi, Tamar et Sasha racontent tour à tour leur parcours blessé et chaotique, évoquant toute la complexité de l’identité israélienne.

 

Professeur de philosophie à l'université de Haïfa, Kalanit W. Ochayon est née en 1973.
De la place pour un seul amour, son premier roman, a été salué par la presse israélienne lors de sa sortie comme l'avènement d'une nouvelle voix résolument moderne.

 

Traducteur : Katherine Werchowski

http://www.albin-michel.fr/De-la-place-pour-un-seul-amour-EAN=9782226246912

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 08:31

RESISTANTS-JUIFS.jpgUn aspect peu connu de la Shoah, celui de l'engagement de juifs de toutes tendances politiques ou philosophiques, dans le combat pour leur survie : ils se sont retrouvés dans les différents réseaux de Résistance et de Maquis, engagés dans les Armées Alliées, en URSS, en Pologne et en Afrique du Nord et ils ont ainsi participé au combat contre le nazisme, et à celui pour la création de l'Etat d'Israël. En effet ils furent nombreux, avec des survivants de la Shoah, à se porter volontaires pour défendre le jeune Etat menacé dans son existence.


Il s'agit d'une biographie de plus de 116 témoignages, de jeunes, qui ont vécu souvent dans un milieu antisémite, hostile, mais qui ont souvent été secourus par l'attitude courageuse et exemplaire de braves gens, de chrétiens et de protestants qui ont pris des risques immenses pour venir en aide aux juifs pourchassés, et en particulier, pour sauver des enfants juifs.

 


 

  • Broché: 355 pages
  • Editeur : JOURDAN (6 février 2013)
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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:49

Ecrit par Valérie Debieux 14.02.13 dans La Une CED, Entretiens, Les Dossiers

Entretien avec Paulina Nourissier-Muhlstein : création de

 

« Je veux faire découvrir aux lecteurs des ouvrages qui me parlent, m’émeuvent, m’étonnent et m’interpellent. La Grande Ourse est un espace de création où la langue retrouve ses quartiers de noblesse. Romans pour adultes ou pour adolescents, récits, nouvelles et essais cohabitent au sein de nos publications.

Le monde de l’adolescence me passionne et je crois, comme le pensait Janusz Korczak, que c’est à nous, adultes, de nous hisser à la hauteur de ces adolescents. Écrire pour eux est un défi que peu d’écrivains sont capables de relever. Il nécessite rigueur et talent. J’espère que la collection « Stardust » saura répondre à ces exigences.

Une autre facette de mon activité est axée sur le désir de perpétuer la mémoire de l’œuvre littéraire de mon père, François Nourissier. L’étude des archives qu’il a léguées à la BnF fera l’objet de plusieurs publications dans le futur.

J’ai la volonté de tout mettre en action pour donner à chaque œuvre les meilleures chances d’être découverte, lue et promue à la hauteur de ce qu’elle mérite ».

Paulina Nourissier-Muhlstein

 

Valérie Debieux : Paulina Nourissier-Muhlstein, vous venez de créer votre maison d’édition, au nom très porteur de « La Grande Ourse ». Est-ce un clin d’œil à la célèbre histoire mythologique, narrée autour de la nymphe aimée de Zeus, Callisto, ainsi que l’épouse de Zeus, Héra, et de son fils Arcas, ou pas du tout ? Il y a dans ce mythe toute une symbolique liée à la femme et à l’amour mais aussi à la quête identitaire puisque le fils, Arcas, sera éloigné de sa mère, et transformé en ours polaire. Pouvez-nous parler de cette création ? Ce projet, germait-il depuis longtemps en votre esprit ?

 

Paulina Nourissier-Muhlstein : Je ne connaissais pas ce mythe de Callisto et d’Arcas transformés en ours. Le choix du nom « La Grande Ourse » est bien plus simple : « ourse » est l’anagramme tronqué de Nourissier. Aussi, pour moi, une constellation est un symbole de multiplicité et d’éclectisme… autant de livres que d’auteurs, autant de lectures que de lecteurs… Quant à l’ourse, protectrice, douce et forte, elle symbolise pour moi la maternité. Et la maternité, c’est à la fois la femme et la transmission.

Depuis l’âge de 20 ans je fais le choix de travailler dans l’édition, d’abord en tant qu’attachée de presse, puis comme éditrice. En 2011, l’expérience acquise tout au long de ces années et la passion que j’ai toujours eue pour la littérature me motivent et me permettent de me lancer enfin dans cette belle aventure. Il ne s’agissait pas d’un caprice passager, mais bien de la suite logique d’une vie professionnelle où chaque pierre a fini par former un édifice suffisamment solide pour me permettre de me lancer dans la création d’une entreprise. À un moment donné, je me suis dit que je maîtrisais l’ensemble de la chaîne du livre et qu’il était temps de passer à l’étape suivante. C’est le fruit d’une longue cogitation.

 

Valérie Debieux : François Nourissier, en plus d’être un merveilleux écrivain, était un très grand critique littéraire. Il a notamment collaboré aux Nouvelles Littéraires, au Figaro, au Point et au Figaro Magazine. Pouvez-vous nous dire quelques mots au sujet de la parution de son ouvrage, Le Cycliste du lundi, par votre maison d’édition ? Et lui aviez-vous déjà confessé l’idée que vous caressiez d’ouvrir votre propre maison d’édition ?

 

Paulina Nourissier-Muhlstein : C’est Étienne de Montéty, le rédacteur en chef du Figaro littéraire, qui le premier a entendu parler du Cycliste du lundi. Mon père lui avait confié qu’il avait rassemblé ses critiques des années 60 et 70 dans un recueil confié par la suite à la BnF. À la mort de mon père, j’ai fait la connaissance d’Elisabetta Bonomo, une doctorante en lettres qui faisait sa thèse sur lui. Nous avons décidé d’aller ensemble à la BnF, à la découverte de ce mystérieux manuscrit. Il existait bien ! Dans la boîte n°14 du fonds Nourissier. Ce qui nous a surprises, c’est qu’il était sous forme d’épreuves partiellement corrigées, sous la couverture Grasset, datant de 1978. Trente et un ans avaient passé et jamais publié ! Que pouvait-il cacher ? Tout d’abord un avant-propos passionnant sur le métier de critique littéraire : qu’était-ce donc que ce curieux métier de critique littéraire ? Y faisait-on fortune ? Quels sacrifices la critique littéraire avait-elle impliqués dans sa vie d’auteur ? etc. Un texte à découvrir ! Ensuite : 100 chroniques sur 88 auteurs différents, classés par ordre alphabétique, datant de 1962 à 1978. Elisabetta Bonomo n’a pas retrouvé la trace de toutes les critiques dans les archives des différents journaux : on se demande si Nourissier ne s’en est pas vu refuser certaines à la publication, s’il n’en a pas écrit d’autres pour combler un manque dont il se serait aperçu à la constitution de ce recueil, ou encore si certaines n’ont pas été publiées sous un pseudonyme. Les recherches futures d’Elisabetta le diront peut-être. On y trouve des noms aussi variés que Perec, Butor, Duras, Modiano, Le Clézio, Drieu La Rochelle, Aragon, Bazin, Beauvoir, Yourcenar, Robbe-Grillet, Giono, Chessex… et une liberté de ton qu’on ne trouve plus guère aujourd’hui.

Mon père n’a jamais su que j’avais le désir de créer une maison d’édition. Je crois que je n’aurais pas pu le faire de son vivant. En disparaissant, les êtres proches vous transmettent leur force intérieure pour que nous la transférions dans un domaine qui nous est cher. C’est ce que j’essaye de faire avec La Grande Ourse.

 

Valérie Debieux : La profession d’éditrice implique un travail de tous les instants, en passant par la lecture et le choix des manuscrits, la saisie des textes, la mise en pages de ceux-ci, discussion de la présentation des ouvrages, diffusion en librairie, la presse et le public ; de surcroît, le livre paru, vous accompagnez vos auteurs. Savez-vous déjà combien de manuscrits vous allez publier en un an ?


Paulina Nourissier-Muhlstein : La Grande Ourse, c’est seulement deux associées : Valérie Denmat et moi-même. Tous les autres intervenants dans la chaîne sont en externe : attachée de presse, membres du comité de lecture, correcteurs, maquettistes, compositeur, photographe, contrôleur de gestion, etc. Nous sommes en mesure de publier correctement environ six titres par an. Cela nous permet de mener un véritable travail d’accompagnement avec chacun des auteurs et de lancer chaque livre avec sérieux et conviction. En 2013, nous publierons cinq romans français : Délivrance brisée de Chantal Chawaf (janvier), Repulse Bayd’Olivier Lebé (mars), Un prince à Casablanca de Ralph Toledano (mars), L’Entaille de Nadine Diamant (août) et Quand on s’appelle Simone de Corinne Naana (août). Parmi eux, deux premiers romans : ceux de Lebé et Toledano.


Valérie Debieux : Vos thèmes de prédilection portent sur la transmission, la mémoire, la quête de l’identité, ainsi que les sujets touchant aux femmes. Vous publiez des romans, des nouvelles, des essais, pensez-vous également accorder une place à la poésie ?

 

Paulina Nourissier-Muhlstein : Dans un premier temps, je pense que nous devons rester identifiables pour les libraires et nous cantoner aux thèmes qui nous tiennent à cœur et que nous saurons défendre avec nos tripes. J’aime la poésie mais je la connais mal. Adolescente, j’aimais autant Paroles de Prévert que La Légende des siècles de Victor Hugo ! Adulte, j’ai découvert la poésie d’Aragon. Et plus récemment, les poèmes de Charlotte Delbo, qu’on peut lire dans la trilogie Auschwitz et après (Minuit), m’ont littéralement bouleversée.

 

Valérie Debieux : Pouvez-vous nous parler de votre collection « Stardust », dédiée à la littérature « jeunesse », et que recherchez-vous exactement comme roman jeunesse ? Êtes-vous ouverte aux fables, contes et histoires fantastiques ?

 

Paulina Nourissier-Muhlstein : Dans la collection « Stardust », nous voulons publier une littérature exigeante d’un point de vue stylistique, et qui aborde pour les adolescents les mêmes thèmes de la transmission et de la quête d’identité. La Lettre d’Argentine d’Ellen Willer (paru en octobre 2012) est vraiment un parfait exemple du genre de textes que nous recherchons. Malheureusement, si nous en recevons beaucoup en lecture, aucun depuis La Lettre d’Argentine ne nous a convaincues. Nous attendons de lire quelque chose de nouveau, bien écrit, qui dérange un peu les conventions ! Un conte contemporain, un peu décalé, pourquoi pas ?

 

Valérie Debieux : Vous avez publié un ouvrage au sujet de la création littéraire, Délivrance brisée par Chantal Chawaf. Pouvez-nous en toucher un mot ?

 

LIRE LA SUITE SUR LE SITE LA CAUSE LITTERAIRE

 

http://www.lacauselitteraire.fr/entretien-avec-paulina-nourissier-muhlstein-creation-de-la-grande-ourse

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 17:29

 

retour-indesirable-charles-lewinsky-9782246790228.gifC’est une histoire très réelle que nous raconte Charles Lewinsky dans "Retour indésirable", un destin terrible, horrible, mais traité de manière merveilleuse et émouvante. On croyait avoir déjà tout lu sur l’Allemagne d’entre-deux-guerres et l’Holocauste. Ce roman nous en offre un regard neuf et captivant de bout en bout.

 

On ne sait pourquoi on n’a pas repris son titre allemand, plus explicite : "Gerron". Car c’est la vie de cet homme qui est rapportée, avec ses éléments historiques et sa psychologie réinventée par le romancier. Né en 1897 à Berlin, de son vrai nom Kurt Gerson, il est un juif allemand, blessé sur le front de l’Yser en 1914-1918. Il commença des études de médecine avant de bifurquer vers le théâtre, le cabaret et la réalisation de films. Il joua dans "L’Opéra de quatre sous" de Brecht et Kurt Weill, à sa création en 1928. Il fut à l’affiche de "L’Ange bleu" de von Sternberg avec Marlene Dietrich (notre photo). Mais, surtout, il fut bien malgré lui au centre d’un incroyable mensonge imaginé par les nazis, lorsqu’il était enfermé à la fin de la guerre dans le camp de concentration de Theresienstadt, près de Prague (là où mourut Robert Desnos), un camp particulier où se trouvaient les "célébrités" en attente d’être envoyées à Auschwitz et gazées là.

 

C’est ce camp que visita la Croix-Rouge en juin 1944 quand son représentant fut mystifié par une mise en scène nazie tendant à prouver que cela "se passait bien" et qu’il y régnait un confort relatif alors que la vie y était épouvantable. Le commandant du camp, Karl Rahm, commanda à Gerron, sur une idée de Goebbels, la réalisation "in situ" d’un film de propagande faisant croire que ce camp était un "rêve" pour tous les Juifs. On y montrerait une vie quasi idyllique où tout, bien sûr, serait faux. Le film fut réalisé sous le titre de "Le Führer donne une ville aux Juifs". Mais Gerron, malgré la promesse d’une vie sauve, fut quand même envoyé à Auschwitz avec sa femme Olga, le 30 octobre 1944, et y fut gazé. Trois jours plus tard, les chambres à gaz étaient plastiquées et le camp fermait sous l’ordre d’Himmler. Trois jours de plus et il eut sans doute la vie sauve.

"Peut-être existe-t-il vraiment un dramaturge céleste et rien ne l’amuse davantage que de scier la planche servant de siège aux latrines. De vous regarder dégringoler dans la merde. Le monde entier est une gigantesque pétaudière", fait dire Lewinsky à son héros. Le roman raconte les quelques jours où Gerron, enfermé au camp de Theresienstadt, doit donner sa réponse à cette demande des nazis. Il se remémore toute sa vie, avec sa suite de bonheurs et de malheurs. Le dernier choix qu’il doit faire est pascalien. Soit obéir à l’ordre et faire un film scandaleux et ridicule mais que le monde entier jugera comme tel et qui pourrait - on sent que la défaite allemande est proche - retarder l’échéance d’une mort sinon promise. Soit, alors, refuser et prendre le premier train pour Auschwitz.

Charles Lewinsky rend au personnage de Gerron, un homme tout en rondeurs, "gros comme un tas de viande", disait méchamment Brecht de lui, toute son humanité, sa finesse, ses interrogations, son amour si tendre et complice pour Olga. On est sans cesse amusé et ému à lire sa vie.

 

D’abord son enfance, avec un grand-père merveilleux qui avait toujours mille histoires à lui raconter pour illustrer le monde et qui lui donna le goût de la scène. Il verra toujours sa propre vie comme une pièce, la tragédie bouffonne d’un dieu pervers. Sur le front de l’Yser en 1914, un éclat d’obus le touche aux testicules et le rend eunuque, lui donnant aussi cette rondeur un peu molle. Il n’aura jamais d’autres enfants que le théâtre, le cabaret et les nombreux films qu’il réalisa en Allemagne, puis, après l’arrivée des nazis, aux Pays-Bas où il s’exila en 1933. Mais, pris par son amour de la scène, grisé par ses succès, il n’a rien vu venir. Il aurait pu fuir à temps à Hollywood comme von Sternberg, il eut des propositions, mais il y répondit trop tard, si bien qu’il fut pris au piège de la guerre de 1940, rattrapé par les nazis qui l’enfermèrent d’abord dans le camp hollandais de Westenbork, où il anima même un cabaret et monta des spectacles, avant d’être envoyé à Theresienstadt.

Il le dit à un moment : "Nous avons effectué notre ascension ensemble, les nazis et moi. Je suis devenu célèbre, ils sont arrivés au pouvoir. Par la faute de ceci, je n’ai pas vu cela". Ce roman est souvent une découverte. Il est rare de suivre comme ça la guerre de 1914 du côté allemand, d’entendre les échos du Berlin de la scène, des films de l’Ufa (l’Hollywood berlinois), les potins aussi autour de Bertold Brecht ou de Marlene et de von Sternberg. Lewinsky est aussi parvenu à rendre l’horreur, au jour le jour, d’un camp comme celui de Theresienstadt et les réflexions de ceux qui y survivaient, devinant l’Holocauste en cours, même s’ils ne pouvaient en connaître les détails que nous connaissons aujourd’hui.

Si Gerron a quand même réalisé ce film scandaleux et ridicule, c’est, en dernière analyse, qu’il voulait, une fois encore, avant une mort certaine, être lui-même, c’est-à-dire un artiste, un réalisateur, vivre enfin et non pas mourir, même via l’abjection d’un film de propagande. La scène fut sa vie, sa seule vie, et Charles Lewinsky rend un bel hommage à ces êtres au bord du gouffre, laminés par le vent de l’Histoire, qui tâchent quand même de croire en l’amour et de se redresser.

 

Retour indésirable Charles Lewinsky traduit de l’allemand par Léa Marcou Grasset 509 pp., env. 22,90 €

 

http://www.lalibre.be/culture/livres/article/796417/le-juif-qui-dut-filmer-pour-goebbels.html

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